‹ La mêlée socialeChapitre 34 sur 131 · TROIS TÉMOINS · texte numérisé non relu

TROIS TÉMOINS

Je lis dans le Figaro :

Hier matin, deux agents en tournée ont découvert, sur la berge du bassin de la Villetle, entre deux pierres di^ taille, trois enfants âgés de huit, dix et treize ans, qui s-tenaient embrassés.

Ils étaient morts.

Le froid les avait tués.

Voilà où notts en sommes, après des siècles de civilisation chrétienne, quand des richesses sans nombre gisent accumulées de toutes parts, quand l'imbécile vanité humaine prodigue l'or aux églises de celui qui a dit : « Donnez tout ce vous avez aux pauvres. »

Car il n'a pas dit : donnez la moitié, donnez le quart. Il a dit : « Donnez tout. »

Ceux qui se réclament de sa parole possèdent le monde. Ils ne donnent rien.

Car c'est ne rien donner que de se laisser prendre par l'impôt ce qu'on ne peut lui soustraire ; car c'e?* ne rien donner que de résister éperdument, comm font nos classes dirigeantes, à tout ce qui pourrait d; minuer les charges du pauvre en augmentant celle du riche ; car c'est ne rien donner que de prendre aux pauvres pour donner aux pauvres ; car c'est faire pi encore, que d'enfouir stupidement vingt millions danla butte Montmartre, pour planter, sur Paris, le signe visible d'une orgueilleuse domination, pendant que,

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