‹ La mêlée socialeChapitre 60 sur 131 · LA PROPRIETE ET LA VIE · texte numérisé non relu

LA PROPRIETE ET LA VIE

renfermer dans la limite de ses propres organes. Dans la paix ou dans la guerre, l'écrasement du faible c'est toute l'histoire de L'homme.

La question est de savoir s'il doit en être perpétuellement ainsi. Les religions, toutes fondées sur l'intérêt personnel du croyant, ont échoué dans leur effort de changement, ou même ont passé lâchement au service des forts. La doctrine d'altruisme, sous quelque nom qu'elle se présente, réussira-t-elle à fortifier suffisamment en nous le désir désintéressé de la satisfaction d'autrui, pour que nous en arrivions à fonder l'ordre social sur le principe primordial du respect de la vie humaine? Il faut le croire. Il faut le vouloir. Ce jour-là, le père Gury et le Code seront réconciliés. Aucun homme n'aura la tentation de violer la loi pour vivre, parce que la loi ne sera plus attentatoire à la vie. Est-ce trop espérer?

M. Ledrain n'est pas de ceux qui se plaindront qu'on place jamais trop haut le but de l'activité humaine. Il nous a posé sa cruelle question pour nous contraindre à faire un retour sur nous-mêmes. Je le remercie d'avoir appelé mes réflexions. Penser, c'est progresser. Un effort de progrès individuel n'est jamais perdu, provoquant ailleurs un autre effort. C'est la pensée libératrice qui, tôt ou tard, affranchira l'homme de sa propre iniquité.

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