SYNDICATS DE MINEURS POURSUIVIS
Enfin nous avons un gouvernement, un gouvernement qui agit, un gouvernement qui aborde résolument la question sociale. Que disait-on? Qu'il avait
iH
prêté ses gendarmes et ses juges aux patrons, dans la grève du Pas-de-Calais, qu'il n'avait rien fait pour les ouvriers en dehors d'une libérale distribution de mois de prison? On calomniait s.es intentions.
Je disais l'autre jour : une fois la grève finie, ce serait le moment de s'occuper des mineurs et d'essayer de résoudre dans la paix les questions litigieuses, dont l'état de grève n'a pas permis de fixer la solution. J'ajoutais : on ne le fera pas. Eh bien! je m'étais trompé. Le gouvernement de la République va s'occuper des mineurs. Il va les traduire devant ses tribunaux; les faire poursuivre, c'est-à-dire condamner, par ses magistrats. Oui, il y avait encore des mineurs qui n'avaient pas été passés à tabac parles juges, à leur tour maintenant.
Il s'agit naturellement des syndicats. Ces syndicats sont la bête noire des Compagnies. Songez donc, des ouvriers qui prétendent se concerter pour défendre leurs intérêts! La liberté le leur permet sans doute. Mais la liberté des patrons permet en même temps à ceux-ci de mettre les mineurs sur le pavé, en s'appropriant — par un véritable larcin — les sommes versées à la caisse des retraites. Comme cela, chacun jouit de la liberté, en use à sa façon, et tout le monde est content.
Ce que les Compagnies ont fait contre les syndicats, il faudrait un volume pour le raconter.
On a gagné les uns par les nombreux moyens de séduction dont dispose toujours le plus fort, on a persécutéi terrorisé, affamé les autres. Sur un seul point !a victoire est restée aux Compagnies : à Anzin, pas ile syndicat. La Compagnie où régnent en maîtres -MM. Casimir- Perier et d'Audiffret-Pasquier, a la