LES TROIS HUIT
industrielle dans le monde entier, aggravée du relèvement des prix de revient dû à la grève des mineurs du Centre. Mais l'appel des patrons, recommandant m l'exactitude plus grande, le travail et l'application plus intenses, pendant les heures réduites » avait produit f elTet qu'on en devait attendre.
Le chiffre du mouvement général étant demeuré sensiblement égal à la moyenne des six années précédentes, la production en quantité a été plus grande pendant l'année de l'expérience. Cependant, les prix de vente ayant baissé, la proportion du taux des salaires se trouve relevée de 0.4 p. 100.
En fait, dit M. Mather, en tenant compte de l'économie sur l'éclairage, sur l'usure des machines, It. combustible, etc., et mêraa en faisant entrer en ligne de compte l'augmentation des charges fixes (intérêt de routiilage, impôts, etc.), nos livres prouvent que la diminution des heures de travail a entraîné une économie de 0,4 p. 100, qui compense exactement la perte de 0,4 p. 100 due à l'augmentation du coût des salaires.
Un fait digne de remarque, c'est l'économie du temps perdu sans permission. Dans le système des 53 heures, la proportion du temps perdu a été jusqu'à 2.46 p. 100. Dans la période des 48 heures, elle a été à peine de 0.46 p. 100. C'est-à-dire que les ouvriers ont véritablement travaillé pendant huit heures effectives.
Il n'y a pas de doule que les résultats obtenus aux ateliers de Salford, confirmés du reste par ceux qu'on a observés ailleurs, démontrent que les deux premières heures de travail du malin, avant le premier déjeuner, ne raient pas la peine et le dérangement qu'elles causent aussi bien aux patrons qu'aux ouvriers .. Non seulement
1 Jeux heures sont à peu près nulles au point de vue du
travail eiïeclué, mais leur eCfet sur la condition physique et mentale des hommes est de diminuer la vigueur, l'entrain et la gaieté qui doivent prévaloir pendant la journéide travail, si l'on yeut que celui-ci ait toute son efficacité.
On a prétendu que les ouvriers s'étaient concertés pour donner un vigoureux coup de collier afin de faire réussir, à tout prix, l'expérience. Il n'en est rien.
Il semblait au contraire, affirme M. Mather, que nous travaillions en harmonie avec une loi naturelle. L'amélioration apportée à la vie de famille doit y être pour quelque chose. Chaque ouvrier peut maintenant jouir un peu des siens avant de partir pour son travail. Cela lui donne un bon départ qui se répercute sur toute la journée.
Enfin, dernière surprise. On avait pensé que les ouvriers travaillant aux pièces fournissaient déjà leui maximum d'effort ; et que les heures de travail étant diminuées, leurs gains décroîtraient en proportioi Cette prévision ne s'est pas réalisée. La diminutioi dans le pourcentage gagné par les ouvriers aux pièces en plus de leur salaire quotidien, a été insignifiant par rapport à la diminution dans la durée du travail
L'expérience est donc complète et décisive. M. Ma ther s'en félicite hautement et se déclare résolu à poursuivre avec le concours du syndicat des ouvrier mécaniciens.
A quand l'expérimentation française ? Déjà roi nous crie : Vous voyez bien que l'obligation n'est pj nécessaire. Jusqu'ici je ne vois rien du tout, sinon u^ Anglais d'esprit élevé, de cœur résolu, qui mène bien une expérience hardie, et résout pratiquement une question capitale jusque-là livrée aux contro-