‹ La mêlée symboliste (volume 2)Chapitre 12 sur 38 · JULES LAFORGUE · texte numérisé non relu

JULES LAFORGUE

L'un des poètes les plus originaux qu'avait révélés Lutèce, Jules Laforgue, ne lui survivra que de peu. Il mourra l'année suivante (1887), d'une maladie de poitrine, à l'âge de vingt-sept ans. Jules Laforgue était « un Breton né sous les tropiques >>, à Montevideo.

Il s'est dépeint ainsi au physique, dans ses Moralités légendaires, sous le masque d'Hamlet. << De taille moyenne et assez spontanément épanoui, il porte, pas trop haut, une longue tête enfantine ; cheveux châtains s'avançant en pointe sur un front presque sacré et retombant, plats et faibles, partagés par'une pure raie droite, celer deux mignonnes oreilles de jeune fille ; masque imberbe sans air glabre, d'une pâleur un peu artificielle mais jeune ; deux yeux bleugris partout étonnés et timides, tantôt frigides, tantôt réchauffés par les insomnies ; un nez sensuel ; une bouche ingénue, ordinairement aspirante, mais passant vite du mi-clos amoureux à l'équivoque rictus des gallinacés... Il ne s'habille que de noir et s'en va, s'en va, d'une

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