‹ La mêlée symbolisteChapitre 11 sur 15 · UNE PETITE REVUE ÉSOTERIQUE IIJ · texte numérisé non relu

UNE PETITE REVUE ÉSOTERIQUE IIJ

celui qui plante le drapeau de l'humanité en avant de quelques stades par delà le chaos. Victor Hugo s'est essayé aussi à dresser le type du Mage. Il le considère comme un voyant du ciel supérieur qui se penche frémissant au puits des grands vertiges ou s'accoude au bord croulant du problème sans fond.

Oh ! vous êtes les seuls pontifes, Penseurs, lutteurs des grands espoirs.

Dompteurs des fauves hippogriffes.

Cavaliers des Pégases noirs !

Ames, devant Dieu, toutes nues, Voyants des choses inconnues.

Vous savez la religion !

Dans sa pièce des Mages, Victor Hugo fait défiler tous ceux en qui Dieu se concentre, toutes les têtes fécondées :

Génie ! O tiare de l'ombre !

Pontificat de l'infini !

t'»us les grands éclaireurs, tous les grands inspirés :

O figures dont la prunelle Est la vitre de l'idéal.

Les blêmes faces de rêve, les apôtres, les poètes (hevelés, les prêtres de la nature, les contemplateurs pâles, tous les altérés d'infini sont des mages qui ont découvert << le sens caché de la nature >>.

Conduit par les hommes d'extase.

Le Ifenre humain marche en avant.

Et M. Bazalgette termine son article en reprenant à Joséphin Péladan le type abstrait du mage pythago-

ricien : « C'est la suprême culture, la synthèse supposant toutes les analyses, le plus haut résultat combiné de l'hypothèse unie à l'expérience, le patriciat de l'intelligence et le couronnement de la science à l'art mêlé. >y

Dans la crkiqué des livres, Psyché fait un sort à part à Pellras et Mélisande de Maurice Maeterlinck, à la Fin des Dieux de Henri Mazel, à Lilith de Rémy de Gourmont, à Ombres et Mirages de Robert Scheffer, au Miroir des légendes de Bernard Lazare.

Elle nous entretient de la kabbale de Papus : << La kabbale ne peut être vulgarisée. Elle est la plus profonde perception du Mystère et, seuls, peuvent atteindre à cette perception, des esprits d'une puissante envolée, mais nous croyons que M. Pàpus a grandement raison quand il pense qu'on peut tout publiéf parce que, seuls, comprendront ceux qui doivent comprendre. Le livre de Papus ouvre à l'étudiant la porte de l'ésotérisme de la kabbale. Les principes fondamentaux y sont exposés avec Cette lucidité et cette précision que l'auteur apporte à tous ses ouvrages. Le maniement de l'alphabet hébraïque et de ses combinaisons numériques, le symbolisme profond des . noms divins et la théorie merveilleuse des Séphiroth y sont expliqués avec autant de pénétration et de clarté que possible. >>

Psyché commente le livre de Péladan : Comment on devient mage. << L'auteur n'a pas fait œuvre d'occultiste scientifique et considère les connaissances hermétiques comme de l'érudition sans rapport avec sa méthode d'auto-magification ou sublimation de l'homme. Cfe qui frappe, tout d'abord, c'est le parai*

IM: Vï/llTE REVUE l£SUlERl<jUli Ilf)

it'iismc de cette méthode et de la dbctrilie catholique, j^aralléhsiïie et ftoil simiUtude, car la prépondérance passe du plan animique au plaît itltéllfecttiél : iè saitlt devient le niage et la prière une idée. La doctrine de la perfectiori chrétienne est templacée par celle de IVasseze») platonique, méthode d'orgueil et d'entraînement, destinée à faire naître le disciple à la personnalité, à le revêtir dfe cette ptiissance d'« ip$ité >> qui sera pour lui comme une armure adamantine. Cette << asseye » nlagiqtie dégagera, en le développant, le don de notre hature, comme l'alchimiste sépare l'or de la màttière libre. L'homme alfriVe ainsi à la pureté, à la noblesse à la XTaie gloire. « Le coùimerce avec leS << gfands morts, la méditation des Kvfès testarriéh- « taires de la puissance magique... la force dié <« toorta force c'est l' adhésion au plan divin ».

Il fôt impossible de' ^ïer en détail de toutes lés autres petite^ revties <p:xi pullulaient à cette époque, jfé n'en signalerai qri'une : L'Art littéraire qui fut d'abord en 1892-^3 utt petrt foumaf illustré mônèuél et qHii se isforma en Ï894. C'est l'une des moins (connues, Dien qu'elle comptât patmi Ses collaborateurs Stéphane Mallarmé, Rémy de Gourmont, Saint-Ï'ol- Ivaix, René GM. C'est là qu'Alfred Jarfy, l'auféùt à' U bit-roi, ftt ses débnfs. Il y puM'a les Minutes de sable iriéfHofial et de curiôUseS fantai'sies.

Le difectenr en était Louis Lormel, né à Paris en 1869, é'ixht ài^ienne famiîle attésièftne et qui fera paraître en 1908, chez Sansot, im recueil de poèmes en prose : Tableaux d'âmes, que Maurice Barrés place à côté du Gaspard de la Nuit d'Aloysius Bertrand. Louis Lormel fondera en 1907 une autre

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revue, la Rénovation esthétique. Il collaborait alors à toutes les feuilles d'avant-garde sous son nom et sous des pseudonymes divers.

Il est pourtant encore une petite revue qu'il me serait difficile de passer sous silence. C'est le Sagittaire que je fondai en juin 1900 avec l'appui des poètes romans et des amis de Paul Verlaine. Les bureaux en étaient chez Clerget, boulevard Montparnasse, no 13, chiffre fatidique oii Moréas, superstitieux, lisait un mauvais présage. Le Sagittaire dut effectivement rendre l'âme après quatorze mois d'une existence assez orageuse. A côté des collaborateurs attitrés, Albert Mérat, Eugène Ledrain, Narcisse Quellien, Théodore Maurer, Izambard, Jean Bourguignon, Cazals, Charles Houin, Jean Court, Léon Frapié, Paul Sébillot, Lucien Hubert, Léon Riotor, Paul Fleurot, Léon Maillard, Charles Saunier, Poinsot, figurent les signatures de Rachilde, Francis Jammes, Charles Morice, Lionel des Rieux, Moréas, Maurice du Plessys ; Gustave Kahn... C'est là que furent publiées les Joyeusetés d'Aimé Passereau. On y trouve des pages inédites de Charles Cros et de Paul Verlaine, de curieuses révélations d'Ernest Delahaye sur Rimbaud dont il fut le condisciple au collège de Charleville, des notes pour faire suite aux confessions de Paul Verlaine, du même Delahaye en collaboration avec Cazals et des études d'Achille Delaroche sur les Ecoles littéraires qui firent, à l'époque, quelque bruit.

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