‹ La mêlée symbolisteChapitre 2 sur 15 · L AGE HEROÏQUE DU SYMBOLISME II · texte numérisé non relu

L AGE HEROÏQUE DU SYMBOLISME II

lu Bonne Franquette; Ajalbert, Femmes ci Paysages; Ernest Raynaud, Les Cornes du Faune (i), et si je

devais m'en tenir aux poètes, je mentionnerais que c est l'année où Maurice Barres donne Sous l'œil des barbares et Trois stations de psychothérapie; Léon Bloy, la Chevalière de la mort; Huysmans, Là- Bas ; Pcladan, VAndrogyne; Rachilde, La Sanglante ironie; Albert Aurier, Vieux...

i8gi ! c'est l'année où Gabriel Mourey publie, pour la première fois, une traduction si réclamée de Swînbume. C'est l'année où l'on réédite les Chants de Maldoror, Les Amours jaunes àe. Corbière et où parp^issent, sous ce titre Le Reliquaire, les poésies d'Arthur Rimbaud, jusque-là dispersées.

]\fais il n'y a pas que le livre qui entende ouvrir des \')ics nouvelles. Il y a aussi les Arts plastiques et le Tlu'ûire.

Dans cette même année, Antoine, qui n'a pas encore trouvé de scène fixe pour son Théâtre libre, fait ap-

.'idir à la Porte Saint-Martin La mort du Duc

d'Enghien de Hennique et, çà et là, l'École des Veufs

'^ Georges Ancey, La Meule de Lecomte, Le Canard

ivage d'Ibsen et le Père Goriot, tandis que Paul

rt crée le Théâtre d'Art et annonce qu'à partir du mois de mars «les soirées seront terminées par la mise en scène d'un tableau des peintres de la jeune

>le. Des acteurs et des modèles feront les personnages immobiles et muets. Une musique de scène et des parfums combinés s'adaptant au sujet du tableau,

(i) Les Cornes du Fawn^, achevées d'imprimerie 15 décembre 1890, ne furent mises en vente qu'en janvier 1891. La même remarque s'applique au Pilerin passionné de Jean Moréas.

viendront parfaire l'impression >>. Je copie le pro- ■ gramme du spectacle du 27 janvier : j

I. Dans les Vignes, saynète par Ch. Maurrer. — II. \ Les Veilleuses, un acte en prose de Paul Gabillard. — \ III. U Après-midi d'tm F^wn^, de Stéphane Mallarmé.] — lY.La Fille aux mains coupées, my stère en deux^ tableaux de Pierre Quillard, musique de Sylvio Laz-^ zari. — V. Madame la Mort, drame cérébral en trois i tableaux en prose de Rachilde. — VI. Prostituée, ^ scène populaire de M. de Chirac. Programme mêlé.j comme Ton voit. En même temps le théâtre d'appli-'i cation représente Antonia, d'Edouard Dujardin. \

Tout cela n'empêchait pas Renan de demeurer! indifférent et de déclarer : «Les Décadents et les; Symbolistes sont des enfants qui se sucent le pouce. >>1 11 est vrai qu'il ajoutait : << Je n'ai jamais rien lud'eux >>, ce qui pouvait passer pour une excuse aux yeux des profanes, ignorant que le philosophe contemplait toutes nos agitations du haut de Sirius.

C'est le 3 février de l'année iS^i^jqu'eut lieu l'Hôtel des Sociétés Savantes le banquet du Pèlerir passionné, manifestation grandiose où prirent pari deux cents artistes et jx>ètes et qui eut une répercus-j sion mondiale. Par là, se marquait l'apogée de l'âge d'or du^^mj3g}is|^ et c'en fut comm.e l'apothéose. J Moréas était alors l'un des chefs de file du mouve- ; ment symboliste et c'est le Symbolisme que l'onî acclamait en lui. Stéphane Mallarmé présidait, avec 3 autour de lui, Catulle Mendès, Anatole France, Oc-j tave Mirbeau, Clovis Hugues, Maurice Barrés, Henri | .Lavedan, Odilon Redon, Félicien Rops, Paul Gauguin, Edouord Schuré, Alidor Delzant, Henri de

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