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6» Section (Reinach D). « Mais, ô maître du trépied fatidique, marche vers la crête du « Parnasse, foulée par les immortels, amie des saintes extases ».
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» M. Reinach écrit F (c'est-à-dire soh), tout en reconnaissant que ce son trouble l'ensemble du chant (BtdL, p. 383, note 2). En effet soh est ici l'indicatrice diatonique des moyennes, degré laissé partout sans emploi dans les hymnes delphiques. Si M. R. a bien lu (et je le crois sur parole), il faut admettre une bévue du lapicide. J'ai accepté dans ma transcription la note suggérée par M. R., mais j'aimerais mieux K (5J2).
2 Le monument laisse voir, plus ou moins distinctement, le signe L (f^i)- Je lis Ul avec M. R. (Cf. BiiH., p. 383, note 2).
7* Section (Reinach E). « Là, ô seigneur, tes blondes boucles ceintes d'un rameau de « laurier, tu traînais de ta main immortelle d'immenses blocs, fondements de « ton temple, quand tu te vis en face de la monstrueuse fille de la terre ».
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8« Section (Reinach F). — « Mais, ô fils de Latone, dieu à l'aimable regard, tu « affrontas le dragon, et l'inabordable enfant de Géa expira sous les traits de « ton arc ».
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Oig OL-.. premier bloc.
' Je reproduis ici la traduction de M. Reinach en hésitant. Cette cadence rompue sur l'indicatrice des graves, à la fin d'une section, m'est suspecte. Je changerais volontiers le digamma en un gamma simple {sol en mi), ce qui préparerait bien le changement de ton. La note suivante, à la vérité, est également un F ('"î), et nous savons que les inscriptions delphiques ne répètent pas les notes identiques qui se succèdent sans interruption. Mais, à l'exécution, il n'y avait pas apparemment une véritable continuité à cet endroit, puisque entre deux sections consécutives, la partie vocale avait une petite pause, occupée par un interlude {xùjXov).
2 Répétition d'un son sur la même voyelle, procédé technique des chanteurs, que la notation neumatique de l'Église latine indique par Vafostrofhe {"). Les Italiens modernes appellent cet ornement aspirato ; en effet la voyelle répétée prend naturellement devant elle un esprit rude, un h aspiré.
9* Section — « Et tu veillais près du saint ombilic de la terre, ô seigneur, quand la « horde Barbare, profanant le siège de ton oracle pour en piller les trésors, « périt dans une tourmente de neige ».
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I L'haste seule de F ou F est visible. M. R. lit un gamma simple (^hîs); le digamma (S0/2) me paraît plus probable, étant donné le ton lydien. La succession de la paramèse et de l'indicatrice des graves est extrêmement fréquente dans la doristi. De plus sur la syllabe ^£, M. R. lit la note V] {la aigu); la mélodie ferait donc à cet endroit un saut ascendant de onzième, divisé par une seule brève. Il m'a été impossible d'apercevoir la note en question sur la reproduction héliographique du Bulletin. Au reste, quand même elle eût été parfaitement visible pour moi, je l'aurais tenue pour une erreur du lapicide. Il ne me semble pas possible d'imputer à un musicien grec, même à l'époque romaine, une semblable monstruosité vocale.
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Section finale, 10^ (Reinach G). — Mais, ô Phébus, protège la ville fondée par Pallas « et son noble peuple, et toi aussi, ô reine des arcs et des chiens de Crète, « Artémis chasseresse, et toi, ô vénérable Latone. Prenez soin des habitants « de Delphes, afin qu'eux, leurs enfants, leurs femmes, leurs maisons soient « à l'abri de tout revers. Soyez propices aux serviteurs de Bacchus, cou- « ronnés aux jeux sacrés de la Grèce. Qu'avec votre aide le glorieux empire « des belliqueux Romains, toujours fort, jeune et florissant, puisse croître « en marchant de victoire en victoire ».
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La première modification de l'échelle se remarque dans les portions de l'œuvre écrites en ton lydien (i" et 10^ sections, 4^ et 7^). Par moments le degré au-dessus de la mèse (mi) prend un bémol accidentel, changement qui se produit par la substitution momentanée du tétracorde conjoint au disjoint (pp. 23-24).
Rappelons brièvement le fonctionnement de ce mécanisme technique. L'échelle-type des Grecs, prise dans l'ordre ascendant des sons, bifurque à partir de la mèse; elle continue à monter, soit par t|, vers la nète des disjointes, octave de l'hypate: soit par b, vers la nète des conjointes, septième mineure de l'hypate.
Ton lydien. '^
Tétr. des conjointes.
Mèse. Trite.
Indicatrice diatonique.
Nète.
Tétr. des moyennes.
Tétr. des disjointes.
Ton lydien. C
NI
Hypafe. Parhyp. Ind. diat.
Finale.
Mise.
Param. Trite.
Ind. diat.
La théorie antique ne considère pas l'usage du tétracorde des conjointes comme un changement de ton, mais comme une altération passagère de l'échelle principale. C'est pour elle une métabole de système^. Malgré son mib, le tétracorde conjoint noté ci-dessus fait partie du ton lydien, au même titre que le tétracorde disjoint avec son mi^^. En réalité,
' « La métabole harmonique, est de quatre espèces : de genre, de système, de ton, de « mélopée (ou de mode). La métabole de système {xarâ <rv(rrriiJLa) a lieu quand on passe « des cordes conjointes aux disjointes ou vice-versa ». Ps.-Eucl. p. 20.
2 Dans les échelles théoriques de l'époque gréco-romaine, ordinairement disposées, comme les nôtres, de bas en haut, le tétracorde conjoint passe avant le disjoint.
néanmoins, il y a là un mélange de deux tons. Le tétracorde conjoint n'est autre chose qu'un fragment de l'échelle tonale située une quarte plus haut; sa corde inférieure, la mèse, est une véritable hypate (des moyennes), sa nète est une mèse.' Au reste c'est en ce sens que nous voyons le tétracorde des conjointes employé dans les hymnes de Delphes. Aux endroits où il s'introduit dans la mélodie, la succession régulière des degrés de l'octave modale s'interrompt; la fondamentale dorienne se transporte de Thypate sur la mèse, et les degrés inférieurs de la doristi se reproduisent à la quarte aiguë, avec la suppression caractéristique de l'indicatrice diatonique (N). Pour mener jusqu'au bout l'ascension de l'octave dorienne, la cantilène doit reprendre l'échelle du système disjoint à partir de la paramèse.
I Tétr. des conjointes.
Mèse. XHe.
Degrés de l'octave dorienne : I II (HI) IV
Tétr. des moyennes. | | Tétr. des disjointes. |
i^ < C u Z VI
:tr- =^-=t:
Hyp. Mèse. Parant. X'He.
Degrés de l'octave 1 H (HI) IV V VI VII VIII
dorienne : pinale.
Grâce aux règles strictes observées dans la notation des échelles grecques, il est facile de discerner l'endroit où, dans l'idée du compositeur, la modulation commence, et le point où elle se termine. La note y Qnib) signale le tétracorde conjoint ; £ (;;u"t}) et u (fa) font reconnaître le,
I « Le système conjoint semble avoir été ajouté par les Anciens, afin de permettre « une métabole de ton. Cette métabole a deux variétés : dans la première, toute l'échelle « mélodique se déplace vers l'aigu ou vers le grave; dans la seconde, l'échelle ne change « pas de hauteur dans sa totalité, mais dans une de ses parties. » Ptolémée, Harm., 1. II. ch. 6. Voir aussi plus haut, p. 54. Si l'on en croit l'illustre alexandrin, les Grecs avaient imaginé le système conjoint à une époque où ils possédaient seulement trois échelles transposées, trois tons, dont le plus aigu et le plus grave n'étaient distants que d'une tierce majeure : le lydien (b), le phrygien (i? U et le dorien (i^ [? w); ^^ système conjoint n'aurait été créé que pour rendre possible une modulation à la quarte aiguë (ou à la quinte grave). Mais cette assertion ne peut être exacte. L'analyse de la notation musicale des Hellènes démontre que le ton prototype, le modèle de tous les autres, et conséquemment le plus ancien, est celui qui dans la terminologie ordinaire s'appelle hypolydien (fa). Or il est situé une quarte au-dessous du ton lydien. Pour l'origine du système conjoint, voir ci-dessus p. 22 et suiv.
tétracorde disjoint. La transition de l'un à l'autre des tétracordes parallèles se fait par l'une des deux notes communes, < (i-é) ou Z (sol).
Exemple tiré de la section i :
Degrés de J YI
l'échelle dorienne :
Il Disjoint.
V< V< ouC FC
— b*— • -1—1^»—»— •—!—(: *-£•— I ZT-z^'Z' — I