LOCALISATION DE LA LIGNINE DANS LA PAROI CELLULAIRE
Après avoir examiné ce qu'on pourrait appeler l'aire d'extension de la lignine dans le règne végétal d'abord, et ensuite dans les principaux issus des plantes vasculaires, il est nécessaire de se demander si, dans un tissu lignifié pris à part, elle y est régulièrement distribuée partout, et poussant plus loin l'analyse, de savoir quelle est la région, dans une membrane donnée, où elle se trouve localisée, et enfin comment elle est répartie dans cette région elle-même.
Il suffit d’avoir examiné quelques coupes de tige ou de racine, pour avoir remarqué que, dans un même tissu ou une même calégorie d'éléments, la lignification est loin d'être la même partout. Par les réactifs, les fibres de l'intérieur du bois ne se colorent pas de la même façon que celles de l'extérieur. Lecomre (5) signale que, dans T'ilia helerophylla, les fibres libériennes sont ordinairement moins lignifiées que les fibres du péricycle ; que dans la glycine de Chine, les fibres du liber donnent une teinte intermédiaire entre les réactions de la cellulose et celles de la lignine ; tandis que les fibres péricycliques sont franchement lignifiées, sauf cependant les éléments confinant au liber, qui se colorent comme les fibres libériennes elles-mêmes.Voilà donc une même région et un mêmegenre de cellules,chezlesquelleslalignification se montre à tous les degrés. D'après Leconte, ces différences liendraient à la nature même du milieu cellulaire, dans lequel se développent les fibres, et l’'amidon n'y serait pas étranger. Les fibres libériennes sont entourées de cellules riches en substances albuminoïdes, mais ne contenant que peu d'amidon; les fibres péricycliques, au contraire, confinent à l’endoderme ou à un parenchyme riche en amidon, et c’est à lui qu’elles devraient leur lignification plus accentuée.
Dans la membrane, la lignine est généralement localisée à l'intérieur de la couche secondaire, c'est-à-dire dans la portion la plus épaisse de la paroi cellulaire. Lorsqu'une troisième couche se juxtapose à celle-ci, dans les fibres très épaissies par exemple,
cette couche est cellulosique et ne présente jamais les réactions de la lignine. Encore la distribution n'est-elle pas toujours régulière dans toute l'étendue de cette région. Ainsi, suivant CorRens (6), les fibres libériennes du Quinquina ou les cellules de la moelle de Podocarpus, quand on les a traitées par un des réactifs de la lignine, montrent des lamelles alternativement plus ou moins colorées, ce qui indique évidemment que la lignine y est contenue en quantité plus ou moins grande.