I. — MorPHoLOGIE GÉNÉRALE
La membrane cellulaire résulte d'une sécrétion du protoplasme. Ce n'est que dans des cas très rares qu'elle est produite par une transformation directe de celui-ci, transformation qui s'effectue alors sans laisser de résidu apparent,
Sa formation comme son développement sont sous la dépendance immédiate du noyau. Elle est également soumise à des influences extérieures, telles que la pression et la lumière, dont les unes sont favorisantes et provoquent sa formation, tandis que les autres sont directrices et déterminent la position qu'elle doit prendre. L'accroissement de la membrane se fait par les procédés combinés de l'apposition et de lintussusception. C'est surtout par apposition qu'elle s'épaissit et forme ses strates successives, tandis qu'elle augmente sa surface ou bien par une intussusception active de substance, ou bien encore par extension passive, en même temps que par apposition de nouvelles lamelles.
La membrane est parcourue dans son épaisseur par des filaments protoplasmiques, ou plasmodesmes, émanés de la couche externe du protoplasme.
Pour certains auteurs, ces filaments sont continus et traversent de part en part la membrane, qui est donc réellement perforée. II en résulte la perte de l'individualité cellulaire.
Dans cette hypothèse, en effet, la plante n'est plus formée de cellules, mais d'une seule masse de protoplasme, à travers laquelle les membranes sont tendues comme autant de réseaux dont les mailles permettent la libre communication entre les diverses fractions de la masse protoplasmique totale.
Pour d'autres, au contraire, il n'y a pas continuité dans les plasmodesmes. Nés dans chaque cellule, ils s’avancent au devant les uns des autres, et se metlent en contact intime, sans qu'il y ait entre eux fusion matérielle. La cellule conserverait donc son individualité dans cette seconde manière de voir.
Dans tous les cas, et quelle que soit l'interprétation admise, les plasmodesmes interviennent dans l'accomplissement de certaines fonctions physiologiques importantes de la cellule.
IT. — CoNSTITUTION CHIMIQUE
Deux sortes de substances entrent dans la constitution des membranes végétales : les substances fondamentales et les substances incrustantes.
Les substances fondamentales : la cellulose, les composés pectiques et la callose, y sont généralement groupées deux par deux et de façons diverses.
La cellulose, quiest la plus importante d’entre elles, est loin d'être un produit simple ; c'est, au contraire, une matière fort complexe, formée tantôt d'anhydrides plus où moins condensés d'un seul et même sucre, tantôt d'anhydrides de sucres différents et variables, non seulement suivant les tissus, mais encore suivant les plantes.
Les matières incrustantes de la membrane sont surtout celles que l'on connaît depuis longtemps sous les noms de lignine et de subérine.
La lignine n'est autre que l'hadromal, composé phénolique récemment découvert, et qui, dans la membrane lignifiée, formerait un éther avec la cellulose.
La subérine est une substance de la nature des corps gras. Elle est probablement formée par un mélange d'éthers de la glycérine, non pas identiques aux corps gras neutres, mais s'en rapprochant seulement par quelques-uns de leurs caractères.
Lies