‹ La membrane muqueuse des fosses nasalesChapitre 5 sur 25 · OEil · texte numérisé non relu

OEil

A. Extrémité supérieure du pli compris entre Ja tète et la face.

B. Aditus anterior.

L'œil et l'oreille se montrent seuls.

sens, l'œil est le plus développé, ensuite l'oreille, enfin commence la dépression de l'olfaction. Ces trois organes ont un mode de formation identique; tous trois ils se développent sur des surfaces absolument lisses, par une dépression du feuillet externe, et rien autour d'eux ne peut expliquer leur formation.

L'organe de la vision et l'organe de l'olfaction pré-

sentent des connexions telles, qu'il est important d'étudier parallèlement leur développement. Fixons donc notre attention sur ces deux dépressions de l'ectoderme. La dépression olfactive se trouve située en avant de la dépression oculaire, l'une près de l'autre, au niveau de la vésicule cérébrale antérieure. Le dessin ci-joint fera comprendre leurs positions res-

Embryon de poulet au 3^ jour.

a. Dépression olfactive.

h. OEil.

c. Oreille.

d. Premier arc branchial.

pectives. A mesure que cesdépressions se développent, la vésicule cérébrale antérieure envoie à leur rencontre deux prolongements qui sont la vésicule optique et la vésicule olfactive. Dès que ces parties qui marchent en sens contraire sont en contact, les deux organes sont constitués dans leurs parties fondamentales ; d'une part la membrane nerveuse, d'autre part la couche épithéliale plus ou moins modifiée; il y a donc similitude complète entre le développement de l'œil et celui de l'oreille et de l'organe de l'olfaction. La dépression circulaire qui marque la première ébauche de l'organe olfactif, correspond à ce qui sera plus tard la tache

•Pig. 2.

olfactive complètement développée. (Voyez pl. I, fig. 1 et 2.)

Expliquons maintenant comment se constituent le reste de la muqueuse des fosses nasales, ses cavités et ses communications avec la bouche et l'œil. Lorsque ces deux enfoncements du feuillet externe, qui forment l'œil et la muqueuse olfactive, ont atteint un certain développement, on les voit situés à côté l'un de l'autre : la dépression olfactive est sur un plan plus antérieur que la dépression oculaire et à une grande distance de Vaditus anterior.

A cette époque il n'y a pas encore trace de la cavité buccale. Mais bientôt le feuillet moyen subit une sorte d'hypertophie ; arrêté pour ainsi dire dans son expansion au niveau des dépressions oculaires et olfactives, il les déborde par la partie supérieure d'abord où il forme un sourcil ; puis les extrémités de ce sourcil s'allongent et descendent, mais sans se réunir en avant. On voit donc ainsi une série de bourrelets descendant de la partie supérieure de l'extrémité céphalique. Le bourrelet le plus antérieur forme un bourgeon qui sera l'os incisif limité en arrière par la tache olfactive. Un second bourgeon est formé entre la dépression oculaire et ïa dépression olfactive par la réunion des deux bourrelets voisins. Le dernier bourrelet qui est en arrière de la vésicule oculaire va se souder au premier ou branchial.

Entretous ces bourgeons se trouvent des dépressions qui convergent toutes vers l'extrémité supérieure de Vaditus anterior sans s'y ouvrir et commencent ainsi l'ébauche de la cavité naso-buccale.

La dépression olfactive par suite du développement

du bourgeon qui se trouve entre elle et l'œil, se trouve être bientôt au fond d'une cavité en forme de fente à direction oblique en dedans et en arrière ; c'est ce que présente notre troisiènie figure. Cette fente commu-

a. L'enfoncement circulaire olfactif est devenu une fente.

b. OEil.

c. Premier arc branchial.

nique avec celle de l'autre côté, en arrière du bourgeon incisif ; ainsi est constituée la première ébauche de la cavité nasale. Entre les extrémités antérieures des bourrelets qui entouraient la vésicule oculaire, se trouve limitée une deuxième fente qui va rejoindre la précédente, elle persistera en formant le canal nasal.

Ces fentes ainsi établies, se ferment peu à peu par leur partie la plus externe, de telle sorte que la fente naso-oculaire devient le canal nasal, que la fente nasale se sépare de la cavité buccale, et si l'on examine à ce moment la face antérieure de l'embryon, on voit deux orifices qui pénètrent profondément, au-dessus de la cavité buccale, au point où seront plus tard les narines.

En résumé, on a vu là où se formera la cavité nasale,

Fig. 3.

— ÎO —

d'abord une dépression épidermique, puis une fente, puis un conduit. Le conduit s'évase en arrière dans / une vaste cavité limitée en avant par l'os incisif, cette

Fig. 4.

a. La fente olfactive s'est formée inférieurement.

b. OEil.

c. Premier arc branchial .

cavité se séparera plus tard en deux, lors du développement des premiers arcs branchiaux.

Cette conception du mode de développement des fosses nasales appartient à M. Cadiat, qui me l'a communiquée verbalement. Avec ces données sur le développement, on comprend bien comment le becde-lièvre se forme par arrêt dans la marche des bourgeons. Il est un peu plus difficile d'expliquer comment peut exister une imperforation de Ja partie postérieure des fosses nasales, telle que l'a rapportée Luschka.

Tel est le mode de formation de la muqueuse des fosses nasales ou plutôt le mode de délimitation de cette muqueuse, car à cette époque rien ne différencie

encore la membrane tapissant ces cavités, de la membrane nommée feuillet externe dont elle n'est qu'une dépression.

La membrane pituitaire forme alors deux tubes parallèles à orifice extérieur rétréci, mais dont les parois sont parfaitement lisses.

Sur un embryon humain long de 2 centimètres, elle offre encore cette même disposition. 11 faut arriver jusqu'à une longueur de 8 centimètres pour voir se former des plis par le développement des cornets. La muqueuse a alors acquis de l'épaisseur, elle est véritablement constituée et différenciée.

A 18 centimètres de longueur de l'embryon humain. Les cornets sont bien développés et la muqueuse suit leur contour. Les glandes de la pituitaire commencent à apparaître.

Il est à remarquer qu'une sorte de cloison oblitère les orifices antérieurs des fosses nasales, elle est formée par une accumulation de cellules épithéliales pavimenteuses épidermiques

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