V., aux Documents, le tableau des mouvements des C
=— 194 — et de durée réduite. Le troisième jour, à la marée du matin, on ne constate qu'un très faible vestige de palirrimnésie. L'oscillation iméronyctique est normale.
L'action de l’anode est légèrement plus perturbatrice que l'action de la cathode.
A courant de force et de durée égales, le trouble mnémonique est beaucoup moindre lorsque les électrodes sont dans deux vases différents que lorsqu'elles plongent dans le même vase. Dans le premier cas, le trouble est léger ; dans
le second, considérable.
En résumé :
L'action de l'électricité est amnésiante, et le trouble mnémonique croît en raison de la durée et de l'intensité du courant.
3 Causes chimiques
À. — Changements dans le nombre ou la quantité de sels que l’eau de mer contient
Les C. sont très sensibles à la sursalure et à la toxicité de NaCI.
La mer contient 3,5 o/o de sels. Plongées dans une solution de NaCl à 4 oo, les C. se contractent et s’immobilisent immédiatement ; quinze minutes plus tard, elles se dissocient. Méme résultat dans une solution de NaCI à 3,5 o/o, ou à 3 0/0. Dans une solution à 2,6 0/0, qui est la quantité de NaCI contenue dans l’eau de mer, elles meurent presque loutes
instantanément; quelques-unes y vivent de une à deux minutes. |
Dans un mélange de un quart d’eau de mer et trois quarts d’une solution NaCI à 40/0, les C. montrent dès l’abord une suractivilé très grande. Mais dix à quinze minutes après le début de l’expérience, les deux tiers sont mortes ; cinq heures plus tard, le quart des survivantes est mort, et les C. qui subsistent sont à peu près inactives ; vingt heures après le début de l’expérience, il reste 10 C. vivantes sur 300 soumises à l’expérience ; vingt-quatre heures après le début de l'expérience, 2 survivent ; elles meurent quarante heures après le début de l'expérience. Un nouveau lot de 300 C. ayant été soumis à l’action de la même solution, 2 seulement survivent après cinq minutes d’immersion ; 10, après quinze minutes d'immersion ; 3, après trois heures d'immersion; 1, après quatre heures d'immersion ; elle vit encore dix heures après le début de l'expérience ; vingt-trois heures après le début de l'expérience, elle ne réagit plus, mais ne présente aucun début de décomposition. Le mélange contenait 3,855 o/o de sels.
Dans un mélange de un tiers d’eau de mer et deux tiers de la solution NaCI à 4 o/o, l’aclivité est accrue, mais moins que dans le précédent mélange : quinze minutes après le début de l'expérience, un petit nombre de C. meurt ; quatre heures après le début de l'expérience, 40 sur 200 survivent et montrent une activité normale ; quarante-huit heu-
res après le début, il en reste 93: cinquante-sept heures après le début, 5 ; soixante-cinq heures après le début de l'expérience, elles meurent. Le 0/0 de sels a peu diminué et la durée de vie s’est beaucoup accrue ; le 0/0 a passé de 3,835 à 3,832: la durée maximum de vie, de vingt-trois heures à soixantecinq.
Dans un mélange de moitié d’eau de mer et de moitié de la solution NaCI à 4 0/0, l'activité des C. est légèrement supérieure à la normale : les premières C. qui meurent ne meurent qu’au bout de sept fois vingt-quatre heures : ; Sept heures plus tard, la moiüé est morte; huit fois vingt-quatre heures après le début de l’expérience, 3 seulement survivent, qui meurent quatre heures plus tard. Le o/o de sels est passé de 3,839 à 5,790, et la durée maximum de vie de soixante heures à huit jours entiers.
Trois expériences mettent en évidence l’antitoxicité des sels marins autres que NaCI à l'égard de ce dernier sel.
1° La solution NaCI m/2 équivaut à une solution NaCI à 2,925 0/0. Les C., aussitôt plongées dans cette solution, meurent. Or, elles vivent longtemps dans un mélange de moitié eau de mer et moitié de la solution NaCI à 4 o/o, c’est-à-dire dans un milieu qui contient 3,75 o/o de sels.
2° La solution NaCI 3/8 normale équivaut à une solution de NaCI à 2,81 0/0. Les C,, qui y sont plongées, meurent immédiatement à l’ exception d'environ
6 o/o qui font quelques mouvements pendant trente secondes.
3° Des C. sont placées dans un mélänge de moitié eau de mer et moitié d’une solution NaCI à 5,5 0/0, ce qui fait un liquide contenant 5,5 oJo de sels. Elles y montrent de l’hyperactivité marquée et y vivent trois jours et demi. Or, elles ont peu vécu dans un tiers d'eau de mer plus deux tiers de solution NaCI 4 o/o ou dans un quart d'eau de mer plus trois quarts de solution NaCI4 0/0, où le pourcentage de sels n’était que de 3,832 et 3,875 0/0, mais où, l’eau de mer étant en quantité moindre, les sels marins antitoxiques de NaCl étaient également en moindre qnantilé.
Pour étudier le retentissement de l’altération du milieu marin sur le psychisme des C., nous les placerons done dans un milieu où elles sont susceptibles de vivre quelque temps, bien que le pourcentage de sels ou la proportion de NaCl soit supérieur à la
normale.
PREMIÈRE EXPÉRIENCE
Premier jour
Basse mer : 4 heures du soir.
À 6 heures du soir, des C., qui viennent d’être recueillies, sont placées dans un mélange de moitié eau de mer et moitié d’une solution de NaCI à 7,5 ojo. Le mélange contient 5,5 o[o de sels et 5,05 o/o de NaCI. La-plupart des C. forme immédiatement, à 1 centimètre au-dessus du sable qui
Martin 13
Éoue occupe le fond du vase, une sorte de nuage vert où on les voit fourmiller; les autres, animées d’une activité intense, vont et viennent, soit dans l'épaisseur dela masse liquide, soit le long des parois du bocal. Elles sont toutes indifféremment répandues de tous côtés, aussi bien vers la portion éclairée que vers celle qui est à l'opposé de la direction de la lumière. Elles ne subissent donc pas l'influence habituelle du phototactisme. D'autre part, elles se tiennent en majorité au fond, bien que la mer soit basse : il ya donc, pour la plupart, palirri-amnésie. A 8 heures du soir, presque toutes ont disparu sous le sable ; les autres se tiennent à sa surface et du côté opposé à celui qui reçoit la lumière : le phototactisme est doncinversé. L'iméronyctimnésie est normale puisqu'il n’en est pas qui n'ait regagné
le fond.
Deuxième jour
8 heures du matin : les trois quarts des C. sont mortes. Les survivantes demeurent très actives, mais ne quittent pas le fond du vase, quelle que soit la marée : il yainhibition de toute oscillation thalassique ou iméronyctique. D'autre part, elles restent également réparties au fond du bocal au lieu de se diriger vers la portion directement éclairée : elles sont donc aphototactiques ; à 10 heures du soir, deux bougies ayant été placées près du récipient, ni les CG. ne se dirigent vers le foyer lumineux, ni elles ne s’en éloignent. <
Le troisième jour au matin, elles sont toutes mortes.
DEUXIÈME EXPÉRIENCE (1
Trois solutions sont préparées.
Solution 1. — Moitié eau de mer plus moitié d’une solution NaCI à 4 o/o.Le mélange contient 3,75 oJo de sels, dont 3,3 o/o de NaCI, alors que l'eau de mer contient 3,5 0/0 de sels dont 2,6 o/o de NaCI.
Solution 2 — Moitié eau de mer plus moitié d’une solution NaCI à 3,5 0/0. Le mélange contient 3,5 0/0 de sels, mais 3,05 o/o de NaCI.
Solution 3. — Moitié eau de mer plus moitié d’une solution NaCI à 2,6 0/0. Le mélange contient 3,05 o/o de sels dont 2,6 o/o de NaCI.
Dans le premier cas, il y a à La fois trop de sels et trop de NaCI. Dans le second cas,la quantité de sels est égale à la normale, mais la quantité de NaCI lui est supérieure. Dans le dernier cas, la quantité de sels est inférieure à la normale et la quantité de NaCl est normale, mais il y a excès de NaCI relativement aux autres sels.
Ces trois expériences ont donné les résultats suivants :
Solution 1. — Le premier jour, un dixième des C. effectue une oscillation iméronyctique de durée très réduite ; le deuxième jour, un cinquième accomplit régulièrement cette oscillation ; le troisième jour, la moitié est morte ; une à deux douzaines de C. l’exécutent encore les troisième, quatrième et cinquième jours ; les sixième et septième, l'iméro-
nycti-amnésie est générale.