‹ La memoire d'un pere comedievaudeville en un acteChapitre 15 sur 21 · ALBERT, FERDINAND · texte numérisé non relu

ALBERT, FERDINAND

FKRDIRAIVD , à part. Il p.sralt que l'avocat aura gâté sa cause... ( Haut. ) Touchez là , mon ami ; ah ! je vous en voulais de la préférence que vous aviez obtenue sur moi.

ALBERT. Monsieur de Sauvagny , vous m'avez donné votre confiance i pour y répondre dignement , je vais vous parler le langage d'un honnête homme.

FERDINAVD , à part. Où diable veut-il en venir avec ce préambule ?

ALBERT. C’est aujourd'hui qu’on juge votre cause.

FF.RDIN.\ND. S'il n’a que cela à m'apprendre !, . .

ALBERT. En ave^vous envisagé toutes les conséquences ?

FERDiKAND. Vous savez bien que c’est mon idée fixe. . ainsi...

ALBERT. Si cependant cette jeune fille était réellement 1 enfant de votre oncle ?

FERDiHARD. Si cUc l’cst , qu’ello le prouve.

ALBERT. Mais il est des preuves insuAsantés pour la justice , et qui cependant laissent au coeur une conviction profonde.

FERDINAND. Jc ne peuz pas entrer dans ces subtilités-li.

ALBERT. Alt ! monsieur! si vous aviez vu cette jeune fille... si vous l'aviez entendue comme moi rapporter, avec l'accent de la vérité , les dernières paroles de sa mère mourante, vous vous hâteriez, par une sage transaction , de terminer ce fatal procès... vous vous éviteriez peut-être bien des remords en prévenant un arrêt toujours douteux , puisqu’il dépend du jugement des hommes.

FERDiN.VND. Halte lAI. .. vous l’avez dit. . . ma cause est bonne... ainsi je ne puis...

ALBERT. Eh bien! monsieur, puisque CCS considérations ne peuvent vous loucher , vous seres sansdoute. .. plus sensible à la proposition que je vais vous faire.

FERDINAND. Yoyons.

ALBERT. Si un homme pleinement convaincu du bon droit de cette jeune fille , redoutant néanmoins la fatale issue de ce procès, vous offrait cent mille francs ( à port ) c’est tout ce qui me reste, (haut) pour la laisser en possession d’un nom qu'elle porte depuis long-tems ; que répondi iezvous?

FEBDiN.tND. Je répondrait qu'au bout de ce nom , il v a un château , des terres , qui peuvent f>ien valoir six cent mille irancs... par conséquent six fois mieux que cent mille francs. .. elque , par conséquent aussi, je plaide.

ALBERT. Mais ai cet homme, riche d’avenir, s’engageait à travailler jour et nuit , et à vous apporter le fruit de aen veilles... si enfin U se dévouait à vous corps et aine?

FERDINAND. Oh! dans ce cas je dirais...

que jc plaide toujoui'S; et que tous 1rs efforts qu’on fait pour me détourner sont une preuve certaine de la bonté de ma cause.

ALBERT. S'il en est ainsi , je n’ai plus qu’un mot à ajouter. (U fa à son bureau , et prend des papiers qu’il rend à Ferdinand.') Monsieur , voilà votre dossier.

FERDINAND. Hein !

ALBERT. Jamais je n'ai plaidé une affaire contre ma conviction.

FEDDINAND. Plall-il? voti'e conviclion!. .

votre conviction... combien en avez-vous

LA HÉMOIIB o’OH MRI.

donc? tons en aties une ce matin , tous en atex une autre à présent...

ALBERT. Monsieur !

FERDitAUD. C’est très-bien... il ne faut pas croire que votre refus m'embarrasse le moins du inonde... d'abord, je pourrais faire remettre la cause ; mais je n'aurai pas même besoin de cela... je sors de riiez Relcom' , son rliumc va beaucoup mieux , je l'ai trouvé à t.vble, entre deux bouteilles de Cliablis , faisant face a une énorme cloière d'buUres , qu'il m'a engagé à partager... et tout en déjeunant, il regrettait beaucoup de ne plus être cliargé de cette excellente affaire... ainsi, il plaidera.

ALBERT. £b! monsieiu ...

FERDitANO. Mais, je n'en suis pas moins reconnaissant de vos bons procédés; vous n'avez point affaire à un ingrat ; je tiens note de tout ce qu’on fait pour moi. Nous aurons, comme vous le pensez bien, un petit compte à régler ensemble ; je vais d’abord au plus pressé, nous nous reverrons plus tard.

ALBERT. Quand vous voudrez, monsieur.

(Fcnlioaodsort.)

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