SCENE II
Les Mêmes, JOSEPH.
JOREPII , entrant par la fond. M. le vicomte de Sauvagny fait demander s’il pourra voir monsieur dans la matinée.
ALBERT. Sans doute , un avocat est toujours à la di.sposilion de scs cliens.
(Juteph emporte U lampe qui brûlait sur le bureau et sort.)
AMÉLIE. Serait-ce pour lui que vous plaidez aujourd’hui?
ALBERT. Oui , vraiment.
AMÉLIE. En ce cas je me sauve.
ALBERT. Quoi ! vous lue quittez déjà?
AMELIE. Je serais désolée qu’il me surprit ici d’aussi bonne heure.
ALBERT. Pourquoi donc? mille raisons ne ju.stilient-ellcs pas voire prt^ence eu CCS lieux? notre parenté d’abord; ensuite, nous habitons la inêiiie maison. Ne suisje p.as en outre, depuis la mort de votre mari , chargé de radniiiiistratioii de votre fortune ?
AMÉLIE. Sans doute , ces motifs seraient plus que siiffisans pour tout autre, mais M. de Sauvagny possède un talent merveilleux ]>our broder une histoire ; il ne maiiqurrait p.as de commenter ma visite, et me ménagerait d’autant moins que c’est un de mes adorateurs.
ALBERT. Comment!...
AMÉLIE. Vous n’en êtes pas jaloux !
un fou, dont le principal mérite consiste dans le talent de sou tailleur, dans la vitesse du ses chevaux , qui ne comprend l’existence qu’à Paris , au balcon des Bouffes, incapable d’aimer sérieusement, et qui aurait bicu vite oublié sa femme pour un habit d’une coupe nouvelle nu une cavatiiie de.Bubiiii... c’est un rival peu redoutable.
ALBERT. Je craindrai toujours... je craindrai tout le monde , tant que vous ne m’aurez pas doniié l’assurance positive...
AMÉLIE. Si j’hésite encore , Albert , c’est par intérêt pour vous. Déjà célèbre dans une carrière qui, de nos jours , conduit aux honneurs. . vous encliaîiier pour toujours ! je crains d’être un obstacle à votre fortune.
ALBERT. Ah ! si vous m’aimicz , vous ne parleriez point ainsi.. ^
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LA MKMOIAB D’uN PÎIK.
AliBLiB. PonveZ-Toas douter de mon Attachement? croyez que pour vous, pour votre bonheur , je serais capable des plus grands sacrifices.
ALBERT. Pl'ouvez-le-moi donc , en mettant un terme à mon impatience , en fixant le jour...
ASIÉLIE. Allons, c’est en vain que je ]>rends votre défense contre moi-même...
quoique veuve, j’ai, vous le savez, des iuéua|;emcns à garder, surtout avec un vieil oncle , homme de l’ancien régime et qui en a conservé tous les préjugés , il refuse de me donner son consentement parce que , dit-il , vous n’avez pas de nom .
ALBERT. En est-il de plus beau que celui que mon père a illustré par trente ans d'houoiables travaux et d’une réputation
sans tache? Cité au barreau pour sou
austère probité et son désituéressetiicttt à toute épreuve... on aditiiraiten hticette antique loyauté qui setnble disparaître de jour en jour... I.'artisan lui apportait sou épargne ; le riche lui conftait ses capitaux c’est son nom qui m’a ouvert la
carrière.
AnÉLiE. Et votis le portez nobletnent, Albert; tuais ce n’est point ainsi que l’entend le marquis d'Ornonville... S'il avait le moindre titfe , me disait-il dans sou langage aristocratique?...
ALBERT. Vraiment! en ce cas, je ne redoute plus rien. Mon père m’a souvent répété qu’un de mes ancêtres avait acheté
une charge qui conférait la noblesse I
(Joseph rentre.) Oh! je retrouverai ces papiers auxquels, jusqu’ici, j’ai attaché'
si peu d’importance mais puisqu’ils
doivent assurer mon bonheur , j’y tiens, morbleu ! je suis noble de par les écus de mon aïeul!...
AMÉLIE. Adieu vous verrez bientôt,
ma jeune protégée , je vous laisse avant l’aiTivée du vicomte.
(Elle sort, Albert la ronéuîl îusqu’A la iiorie du fond.)
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