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Je m’efforçai alors de rejoindre un peloton de nos troupes massées à gueique distance, mais je fus sur mon passage assaïlli de coups : heureusement cependant, les sauvages étaient si près les uns des autres, qu’ils ne pouvaient me frapper sans courir risque de se blesser mutuellement. Malgré cela, un d’eux trouva moyen de diriger vers moi une lance qui m’effleura le côté et un autre me blessa au talon avec un javelot. Enfin, j'atteignis l'endroit où se trouvaient nos soldats et je me jetai au milieu d'eux, maïs non sans avoir vu arracher de ma personne ma chemise, excepté le col et les poignets et non sans avoir reçu de fortes contusioniÿ etc. ë
À cet instant le cri dé guerre fut lancé et alors les sauvages massacrèrent sans distinction ceux qui s6 trouvèrent le plus près d'eux. La parole humaiïne ne saurait exprimer les scènes d’horreurs qui se passèrent en ce moment :
hommes, femmes et enfants furent égorgés de la manière la plus barbaré et scalpés de suite. Plusieurs de ces forcénés burent le sang de leurs victimes, qui jaillissait de leurs blessures béantes,
Nous nous apperçumes, mais trop tard, que nous n'avions aucun secours à attendre des Français et que malgré l'engagement solennel signé si récemment, de nous donner un sauf conduit capable de nous protéger de toute insulte, ils autorisaient tout tacitement ; car je pouvais clairement voir à quelque distance, les officiers français marcher et causer
ensemble, avec, ce qui me semblait, de l’indifférence.
Pour l'honneur de la nature humaine, je voudrais croire que cette flagrante violation de toutes les lois sacrées, procédait plutôt du caractère barbare des sauvages que j'avoue être en certaines circonstances impossible à contrôler et qui pouvaient peut-être maintenant avoir inopinément atteint cet état, plutôt qu’à une intention préméditée chez le général français. Un observateur sans préjugés, serait cependant porté à conclure qu’un corps de 10,000 soldats chrétiens, très-chrétiens, pouvait empêcher le massacre de devenir si général. Quelqu’en fut la cause, les conséquences en furent pour nous effroyables et sans parallèle dans les temps modernes.
Comme le cerclé au centre duquel j'étais, se rétrécissait rapidement par la main de la mort et que notre trépas était évidemment peu éloigné, les plus déterminés de nous se résolurent à faire un effort vigoureux pour se frayer une voie à travers les sauvages, la seule chance de salut qui nous restait. Quelque désespéré que fut ce projet, on l’adopta, et vingt de nos Quest s’'élancèrent ensemble au centre des barbares. En un clin-d'œil, nous fûmes tous séparés et je n’appris que quelques mois plus tard le sort de mes compagnons.
J'ai oui dire que six ou sept seulement réussirent à se sauver. Ne pensant qu’à mon salut, je fis de mon mieux pour percer les rangs de mes cruels ennemis. Quand depuis j'ai réfié-
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