L'Avenir de la Science, p
2. Faut-il écrire plutôt ou plus tôt ? Cela revient à demai der s'il faut se contenter du fait qu'on oublie plus vite, < s'il faut chercher la raison de ce fait, s'il faut dire qu'on plus de raison d'oublier. La seconde hypothèse est pour no la vraie, et notre orthographe sera désormais conforme à ce' opinion.
LES LOIS DE LA MÉMOIRE RÉVÉLÉES PAR l'oUBLI 117
De même, s'il s'agit d'une langue, on oubliera, à ce qu'il semble, le dictionnaire ou le matériel de cette langue plutôt que sa grammaire et ses formes syntactiques ; en tout cas, pour s'en tenir au vocabnlaire, il est bien prouvé qu'on oublie d'abord les noms propres, puis les noms communs, puis les adjectifs et les verbes, puis enfin les interjections, les phrases exclamatives. Or, tout cela est logique et rentre dans une même loi générale :
La marche de Tamnésie va du particulier au général. Elle atteint d'abord les noms propres qui sont purement individuels, puis les noms de choses {Sachnamen) qui sont les plus concrets, puis tous les substantifs qui ne sont que les adjectifs pris dans un sens particulier; enfin viennent les adjectifs et les verbes qui expriment des qualités, des manières d'être, des actes. Les signes qui traduisent des qualités périssent donc les derniers... La notion de qualité est la plus stable*.
Ce fait que la destruction de la mémoire suit un ordre logique est remarquable, mais il serait tout à fait extraordinaire, s'il était tel que le présente Ribot, à savoir une rencontre, autrement dit, si, tout rationnel qu'il paraisse, il fallait le tenir au fond pour purement empirique, dans sa nature et quant à son origine. Ribot nous paraît rabaisser le fait, qu'il a si heureusement mis en lumière, lorsqu'il l'interprète ainsi :
Gomme le particulier est nécessairement ce qui a le moins d'extension et le général ce qui en a le plus, on peut dire que la rapidité avec laquelle la mémoire des signes disparaît est en raison inverse de leur extension et comme, toutes choses égales d'ailleurs, un terme a d'autant plus