‹ La mémoire et l'oubliChapitre 32 sur 92 · I. Ibid., p. m · texte numérisé non relu

I. Ibid., p. m

LES LOIS DE LA MKMniKE RKVKLÉKS HAK l'oIBIJ 155

cependant pas revenues. « Elle parlait, mais n'enteinlait pas; elle était encore sourde; mais, pouvant lire et écrire comme autrefois, elle n'était plus privée de communication aA'ec ses semblables. » A partir de ce moment, ses progrès furent rapides \

Dans les cas, dits do rééducation, releamirKj, le retour dé la niémoire serait donc tantôt lent, tantôt brusque ; en réalité, selon nous, il est toujours lent, quoique plus ou moins lent, suivant les cas, s il s'agit de de la restauration ou reconstitiUitn} des souvenirs, celle-ci ne pouvant être que graduelle ; *1 est au contraire toujours brus(|ue ou plutôt soudain, immédiat, s'il s'agit du retour de la mémoire proprement dite, c'est-à-dire de la reconmnssanct*., C'est ce que confirme l'observation du l)"" (i. Dumas, «ur le retour de la mémoire chez les blessés atteints <J'amnésie : « Je n'en ai pas connu qui ne répondît a^ecune précision suffisante quand on lui demandait: Quand vous êtes-vous retrouvé ?... (Morel: s'est ^^veillé brusquement^ il a compris tout de suite qu'il ^tait dans un hôpital et à se sentir là, il a éprouvé "Qe certaine satisfaction- >>. Cependant il n'avait pas recouvré totalement la mémoire ; l'amnésie antéro- §^itde subsistait, l'amnésie rétroirrade avant disparu. ^; ressort d'ailleurs des faits ([uo nous venons de Citer qu'il y a une relation entre la reronnnîssanrt* ^\^^ restauration des souvenirs, que, (juand la pre- "^^^re se produit, la seconde se trouve par là même activée et accrue. 11 n'y a rien là que de naturel : ^^s souvenirs se reconstituent d'abord pénil)lement. P^^ à peu, sans qu'on les reconnaisse ; puis tout ^ ^n coup ils revêtent un caraclère personnel, on se

*• Ribot, ouvrage citr^ p. 72.

«. Dp Georgt'S Dumas, les Troul/b'n mentaux cl la f/ucrrc. ^^^ue de Paris, 15 juillet lUlG.

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les attribue, <»ii 1rs 7T//'o?/r^' ; à partir de ce niome: l'iuh'rèt rjn'ou y prend en solliciif^ en presse, facilite ou mi(iux en [)récipite le r.etour. Mais relation des deux opérations du souvenir : rep: duction et reconnaissance, si étroite qu'elle s( n*empêche pas cependant d'en saisir la distir tion.

Cette distinction est confirmée encore par ce observation de Bergson, que les phénomènes d'api sie se répartissent en deux catégories :

Dans la première, la perte des souvenirs est génér ment brusque ; dans la seconde, elle est progressive. D la première, les souvenirs détachés de la mémoire s quelconques, arbitrairement et même capricieusem choisis : ce peuvent être certains mots, certains chiffresmême souvent tous les mots d'une langue apprise. D la seconde, les mots suivent, pour disparaître, un or méthodique et grammatical, celui-là même qu'indiqu loi de Ribot : les noms propres s'éclipsent d'abord, j^ les noms communs, enfin les verbes*.

Ce qui est vrai de la perte des souvenirs V aussi de la façon dont on les recouvre : l'une com l'autre échappe ou obéit, suivant les cas, à la loi Ribot. Cette loi ne s'applique donc pas toujours d'autre part, on chercherait en vain dans la nat spécifique des souvenirs la raison de leur conf( mité ou non-conformité à la loi. Tous les souveni (juels qu'il soient, j'entends : à quelque objet qu' se rapportent, peuvent s'en aller et revenir, soit dej^^rés, soit tout d'un coup. C'est donc qu'ils diffèr les uns des autres, dans ces deux cas, par un car tère subjectif, par la façon, si j'ose dire, dont

moi les possède. Les uns sont organisés, hiérarct^'

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