‹ La mémoire et l'oubliChapitre 40 sur 92 · Cuvier, Éloges historiques, Adanson^ t. II, p · texte numérisé non relu

Cuvier, Éloges historiques, Adanson^ t. II, p

par le moyen desquelles on descend à 673 genres, qui comprennent sous eux 8.846 espèces, soit de terre, soit de mer, connues jusqu'au temps de ce livre. Que serait-ce s'il fallait connaître immédiatement les 8.846 espèces, et cela sous tous les noms différents qu'il a plu aux botanistes de leur imposer * ?

Tout revient donc à créer des cadres commodes pour loger les faits ou les êtres, à donner à ces faits ou à ces êtres des étiquettes, des noms clairs, a'sés à entendre et à retenir. La science devient une nomenclature (chimie), un langage (algèbre), et le langage lui-même est une systématisation d& la pensée, simpliQant et allégeant le travail de l mémoire.

Toutefois la classification n'est qu'un instrume an service delà mémoire; elle n'est pas la mémoi elle-même. Il ne suffît pas d'avoir des cadres, faut encore les remplir; il ne suffit pas d'avoir langage, il faut encore y loger une pensée. La cla sifîcation n'est que la condition négative de la m moire; elle est un soulagement, un appui pourell elle en limite et en règle l'effort; mais elle ne pas jusqu'à la rendre inutile, elle n'est pas moyen de s*en passer. La vraie condition, à savoi: la condition positive de la mémoire, c'est Tinter pris aux choses, puisé au contact direct de la ré lité. Cet intérêt, principe de la connaissance et d souvenir, se découragerait et s'épuiserait, en raisoj:* de la diversité et complexité des objets à retenir, s/ la classification ne venait en aide à l'esprit, ne simplifiait sa tache, n'y apportait par elle-même un nouvel élément d'intérêt, mais, si grands que soient ses services et son rôle, ce n'est pas la clas-

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