RES PRODIGIEUSES OU EXTRAORDINAIRES
lains paternelles tomber; je suivais mon objet r de dessein ; je ne connaissais ni les règles ni ons ; je ne trouvais la vérité que pour la perdre; id j'ai découvert mes principes, tout ce que je îst venu à moi ; et, dans le cours de vingt années, Dn ouvrage commencer, croître, s'avancer et
3sé les principes et j'ai vu les cas particuliers )mme d'eux-mêmes, les histoires de toutes les ;n être que les suites, et chaque loi particulière me autre loi, ou dépendre d'une loi plus géné-
it ouvrage qui se compose ou cette théorie le, il Gonvient de voir, pusquUl s'agit de oriques, des souvenirs qui s'organisent, jralement, tout système historique, scienphilosophique, représente un savoir qu'on et qu'on Vixe^ pour le retrouver ensuite, vent qu'on voudra, dans son unité et sa les vues d'ensemble faisant embrasser et multiplicité des détails et les moindres menant aux vues d'ensemble, noire normale est celle qui, au don physioe rétention, joint la fonction intellectuelle ition ou de systématisation. Les mémoires grandes sont celles qui réalisent Theureux d'un entendement puissant et d'une réten- 1 fois facile et sûre. Les mémoires extra- 5 ne viennent qu'après, se divisant en ipes, suivant qu'en elles prédomine l'éléysiologique ou l'élément intellectuel. Si is éléments existait seul, la mémoire serait 3, car les princi[)es ou lois de l'entender eux-mêmes, sont vides et la mémoire chaotique ou confuse. J'appellerai pmdi-
gieuse la mémoire qui présente, sous une forme, à un degré éminent, et dans une harmonieuse fusion, le don de rétention (mémoire physiologique) et le don d'organisation (mémoire psychologique), s'ajoutant Tun à l'autre, et monstrueuse toute autre mémoire extraordinaire, soit la mémoire physiologique qui pèche par excès et par défaut, par ce qu'on appelle si bien son « insolence », par ses connaissances exorbitantes, par son luxe de savoir et par sa scandaleuse absence de discernement et de choix, soit la mémoire inverse, pauvre et débile, autrement, mais également, monstrueuse, à savoir par ses vues théoriques, ses idées toutes faites, ses préventions ou préjugés, prenant la place des faits réels ou les déformant à plaisir.
En résumé, les mémoires extraordinaires ne sont pas d'une autre nature que la mémoire commune ou normale ; elles n'en diffèrent qu'en degré. Elles sont la mémoire à Tétat de grossissement, mais sans altération spécifique, ni transformation; elles s'expliquent tout entières par les lois de la mémoire en général ; mais elles éclairent à leur tour ces lois, en montrent la portée ou la puissance. Elles supposent un don, la rétentivité naturelle, sans laquelle on ne peut rien, mais elles montrent aussi tout ce que Tart, c'est-à-dire Tentendement, ajoute à la mémoire. Binet définit la mnémotechnie une tentative « pour faire bénéficier les souvenirs qu'on retient ordinairement par la mémoire des sensations des ressources fournies par la mémoire des idées » et montre, en particulier, par l'exemple des joueurs d'échecs, que « la plus étonnante mémoire est celle qui repose sur des raisonnements, des liaisons d'idées, des rapports », que « celte mémoire a plus (le solidité, plus d'attaches et par conséquent plus