LES MEMOIRES PRODIGIEUSES OU EXTRAORDINAIRES
de chances de durée que Tautre », et il ajoute qu'en même temps, par son caractère rationnel, elle paraît plus spéciale étaient moins du prodige. Cette remarque doit être généralisée ; la mémoire vraiment extraordinaire est celle qui au don naturel ajoute la classification et Tordre, qui, au lieu d'être une exaltation morbide de la mémoire ou hypermnésie, est une exploitation méthodique d'une mémoire heureuse ou une organisation judicieuse des souvenirs. Autrement dit, la mémoire extraordinaire n'est qu'une bonne mémoire naturelle, portée au maximum d'intensité par le plus haut degré d'organisation.
CHAPITUE VU
L'unité de la mémoire.
I. Pluralistes et uiiitain-s : Gall, Lcwes, Ribot, Auguste Comte, Sollier et Pitres. Kquivoque des mots a unité » et « pluralité )\ Unité matérielle et unité formelle. Il y a unp décomposition réelle de la mémoire en groupes distincts et de chaque groupe en éléments distincts (Lynch), mais la hiérarchie de ces groupes et de ces éléments dans chaque groupe forme l'unité de la mémoire. Cette unité est celle d'une loij non d'un principe métaphysique, entité ou substance.
M. Aux thèses psychologiques de l'unité et de la pluralité (les mémoires répondent les thèses pédagogiques de la culture spéciale et de la culture générale de la mémoire : Locke, Ceorges Art.
Une question souvent agitée, est celle de savoir si la mémoire est une, si l'on peut parler de mémoire en général ou si u la mémoire se résout en des mémoires » et s'il n'existe en fait que des mémoires particulières. Cette question n'est pas, comme on pourrait croire, accessoire et verbale : une doctrine, une méthode s'y trouvent engagées.
Les avis sur ce point sont très partagés, et ne le sont pas d'une façon simple. On ne voit pas en effet les physiologistes se ranger tous à une opinion, les ])sychologues purs à une autre ; la thèse de Tunité de la mémoire ou de la pluralité des mémoires n'est
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non plus liée à une doctrine métaphysique : on eut pas dire par exemple que la première soit tualiste, la seconde, matérialiste. Et cependant 3 s*agit pas d'une simple divergence d'opinions v'iduelles.
issons en revue les théories adverses, bot prend parti pour la pluralité des mémoires : 30thèse unitaire relève, selon lui, de la « mêle des facultés », si Ton peut appeler méthode mdance générale ou commune de Tespnt « à ) de la science avec des rubriques ou, ce qui est , à se contenter d'une sorte de mythologie des Ités pour Texplication des phénomènes » (Relier). Comme tous l«s termes généraux et abss, le mot mémoire prête à l'abus : il est « d'une îsse irréprochable », en tant qu'il « désigne propriété commune à tous les êtres pensants et ants : la possibilité de conseiTcr les impressions e les reproduire » ; il est trompeur ou illusoire, iqué à la mémoire érigée en faculté, conçue me une entité. C'est ce que Lewes exprime i : la mémoire n'est pas « une faculté ou fonction indépendante qui aurait un organe ou iège distinct;... c'est une expression abréviative ' désigner ce qui est commun à tous les faits rets de souvenir ou la somme de ces faits » i. loi qu'on doive penser de la thèse de l'unité de émoire, il ne semble pas cependant que ce soit ndance à réaliser des abstractions qui conduise dopter, car personne n'a fait u» plus grand LIS des divisions psychologiques », n'a plus muli les « rubriques » et les « facultés » que Gall, âl précisément nie l'existence de la mémoire
\.ibct, Maladies de la mé moire ^ pp. 106-112.
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comme faculté indépendante. D'autre part, pers n*a été plus sévère pour la méthode psycholo^ des explications verbales ou des entités scolast: qu'Auguste Comte, lequel pourtant écrit : « L. lèbre argumentation de Gall sur les mémoires ticulières est plus spécieuse que solide. Une an mieux approfondie vérifiera toujours que prétendue spécialité résulte des diversités de p: ration et de situation, combinées avec la seule férence organique qui concerne l'énergie individ des fonctions universelles *. »
En réalité on ne saurait expliquer par les tenda générales de l'esprit ou de la méthode la dive des opinions particulières sur la question de si s'il y a plusieurs mémoires ou s'il n'y en a qu'i on ne saurait non plus se prononcer sur le sens valeur de ces opinions, abstraction faite des rai. sur lesquelles elles se fondent.
La théorie de la mémoire se présente sous formes différentes, de valeurs très inégales, triomphe aisément sans doute de cette théc lorsqu'elle s'appuie, comme chez Dugald Stewart, un principe aussi faux que celui deTégalité natui des esprits en ce qui concerne la mémoire ou qui revient presque au même, lorsqu'elle avanc paradoxe que le développement inégal de la moire chez les individus serait « en grande part imputable « à des différences d'habitudes ( l'emploi de l'attention ou au choix que fait l'ej entre les événements ou les objets offerts à la ci site »2. Mais un tel paradoxe n'est point inhére la théorie unitaire, puisque Auguste Comte ac