Publiée à Nantes, 1, rue Kléber, 1911, pp
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emploi en dehors des cas particuliers où Ton s'en sert et que celle-là se réfère aux grandes lois psychologiques et aux principes généraux de la raison, ne fait appel qu'à l'attention, à l'intérêt, à l'ordre et à la méthode, comme Locke lui-même le remarque dans la suite du passage que nous avons cité.
Il n'est donc pas indifférent, au point de vue pratique, de savoir que la mémoire est une et générale, puisque la valeur de la culture de la mémoire est en raison du caractère général, simple et naturel qu'on donne à cette culture. Il y a une culture générale de la mémoire, comme il y a une culture générale de l'esprit. Ceux qui nient une telle culture sont (ou logiquement devraient être) ceux qui décomposent, soit l'esprit, soit la mémoire, en facultés, séparées et ne reconnaissent pas la solidarité des fonctions psychiques.
Il n'est pas indifférent non plus, au point de vue spéculatif, de savoir que la mémoire est foncièrement et normalement une et que sa division en mémoires spécialisées marque une déchéance, un commencement de dissolution.
CIIAIMTUK VIII
La mémoire organique ou inconsciente.
La mémoire organique est la mémoire « sans la conscience (Ribot^ Ses rapports avec l'habitude, née du hasard, pro— .
duite par la méthode des « tâtonnements, de l'erreur suivi i
d'essais » et formant une succession d'actes qui se dérouk^ aveuglément. Ses rapports avec l'intelligence : pour ôt^K inconsciente, la mémoire organique n'est pas irrationnelle elle a ses procédés logiques : analyse, synthèse, ses do^ d'invention ;adresse naturelle). Enfin elle n'est pas abso'Wnient inconsciente : il y a une conscience motrice, conrm.x il y a une conscience intellectuelle, alîective. Le souv^^organique ou moteur est donc un souvenir, non pas s conscience, mais sans images ou représentations.
Rapports de la mémoire organique et de la méni<3i consciente : elles sortent l'une de l'autre et se complète l'une l'autre.
Nous allons étudier les formes de la mémoire, ei^ allant de la i)lus humble à la plus élevée, à savoir^ de la mémoire or^^^anique ou inconsciente à la mémoire proprement psychologique.
La « mémoire organique », comme Tappelle Ribol, et au sens où il l'entend, tient le milieu entre la « mnémc » ou « persistance de certains effets », physiques et chimiques, « dus à des causes passagères » et la w mémoire psycTiologique » ou proprement dite. Si elle ne se confond pas avec l'habitude, elle s'en rapproche beaucoup, et elle paraît bien
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n'en être qu'un autre nom. Malebranche disait « qu'en un sens la mémoire peut passer pour une espèce d'habitude^ ». Ribot préfère retourner la proposition et dire que l'habitude est une espèce de mémoire, celle des mouvements ou des actes, laquelle réside dans les organes et échappe à la conscience. Si un phénomène est mieux désigné et caractérisé par son origine et sa nature que par ses effets, il est certain que c'est l'habitude qui doit être définie par la mémoire, et non la mémoire par l'habitude. L'habitude en effet débute par la mémoire; elle est une mémoire, qui a perdu son caractère conscient, qui est devenue purement motrice, après avoir été idéo-motrice ; ou encore ôHe est le terme de la mémoire, son issue natu- 'l'clle, mais elle en est aussi la mort. Si nous la considérons à l'état vivant, dans sa période de for- 'ïîation et d'évolution, nous l'appellerons donc bien "ne mémoire organique.
La mémoire organique est l'analogue de la mé- '^oire psychologique. Mais elle a elle-même ses ^'^silogues, à savoir : 1° certaines modifications physiques durables, comme « la propriété qu'ont *^s vibrations lumineuses d'être emmagasinées sur ^ne feuille de papier et de persister latentes, prêtes ^ paraître à l'appel d'une substance révélatrice » ; •^"^ « les habitudes du monde végétal ». En réalité la mémoire organique est quelque chose de plus qu'une impression qui se conserve, et même se reproduit, mais passivement, sous l'influence d'un agent étranger; elle est une action dont on ne peut pas dire seulement qu'elle se continue et se prolonge, puisqu'elle se suspend, puis se reprend, dont