‹ La mémoire et l'oubliChapitre 57 sur 92 · Recherche de la vérité, Vu. II, de r Imagination, ch. v · texte numérisé non relu

Recherche de la vérité, Vu. II, de r Imagination, ch. v

220 r A MI. Mol RE ET i/o r H M

il ne faut pan non plus dire seulement qu'elle ren^n^ — ît, mais (lu'elle renaît « naturellement » ou d'eM- le-

mème, en l'absence d'excitation du dehors. El -es

mouvements d'adaptation des plantes, leur réacti- on à la lumière, l'héliotropisme par exemple, rimpr ^ ^ ssionnabilité d'une plaque photographique, efc-- c, restent donc au-dessous de la mémoire organique.^^ et de la mémoire en général.

Celle-ci apparaît, selon Ribot, avec cette propri des tissus musculaires, et surtout nerveux, répondre d'autant mieux à Texcitation qu'ils ont fréquemment excités, « en admettant naturellem des pauses et des repos ». Par suite les vrais typ la mémoire organique, ce sont « les actions au hiatiques secondaires » : la marche chez Thom la conservation de l'équilibre à chaque pas, tQus exercices du corps, les jeux d'adresse, Tappren sage d'un métier manuel.

De cette définition et de ces exemples il résèque la mémoire organique n'est autre chose l'habitude. Mais il y a les habitudes qu'on -se do et celles qu'on subit, les habitudes librement mées et celles qu'on contracte passivement, san [)enser et sans le vouloir. A la fin seulement deux sortes d'habitudes se rejoignent, présent les mêmes caractères et produisent les mêmes eff( Ne faut-il pas réserver aux secondes le nom mémoire organique? N'entend-on pas en effet gner [)ar ce nom une mémoire qui serait par nat et dès l'origiue inconsciente et aveugle? Si M. Ri pourtant ne fait pas cette distinction, c*est qu fond il regarde toute habitude, ou plutôt toii^^ mémoire, comme réductible à la mémoire orgSL' — nique, c'est-à-dire inconsciente, parce qu'elle 1^ suppose, soit comme point de départ, comme

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forme initiale, soit comme point d'appui et comme base.

D'autre part, la mémoire organique est, avonsnous dit, l'analogue de la mémoire psychologique. Jusqu'où va cette analogie? En quoi la mémoire organique ressemble-t-elle à la mémoire psychologique, en quoi en diffère-t-elle d'abord quant à sa formation?

Selon Ribot, « la mémoire organique ressemble ©n tout à la mémoire psychologique, sauf sur un point : Tabsence de la conscience ». Elle se formerait donc involontairement, aveuglément, à l'insu ^u sujet; elle apparaîtrait toute formée, sans qu'on l'ait vue naître, sans qu'on se soit rendu compte de ia- marche suivie, de ses progrès ni de ses procédés. ^'^st là ce qu'on entend par « inconscience ». Mais ^® mot a besoin d'être précisé, car il est équivoque. L'inconscience a bien des formes et bien des degrés. Le procédé qui donne naissance à l'habitude con- ^•'^^ctée à l'aveugle, prise elle-même pour type de la '^^inoire organique, est ce qu'on a appelé « la '^^thodede tâtonnement, l'apprentissage par l'erreur suivie d'essais : de fréquentes réussites de hasard ^mènent lentement Télimination des mouvements inefficaces ». L'adresse consiste à supprimer les Mouvements inutiles, à ne faire que les mouvements appropriés. On y arrive sans savoir comment. On ^^^^ve par tâtonnement les mouvements ajustés, on V^^ ces mouvements et on les reproduit : voilà ■habitude, qui n'est qu'une mémoire spéciale, la ^^ixxoire motricç. Cette mémoire est dite organique ou aveugle, en raison de son origine. La méthode ^^ ^^tonnement s'oppose à « l'apprentissage raiion- ^^1^ *. Elle consiste à rencontrer* au lieu de trouver^ * tomber juste ^ par hasard ^ au lieu de fî' aviser de ce

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qui convient. C'est ainsi « que Ton apprend à monter à bicyclette, à jouer au tennis ou à accomplir n'importe quel autre acte exigeant de l'adresse motrice». Cette méthode est d'un emploi plus fréquent qu*oa ne le suppose généralement. Elle est Tempirisme on la routine, qui toujours précède la technique raisonnée. « Si l'apprenti se rend compte de ce qu'il y a de rationnel dans ses actes, dit Leuba, c'est ordinairement après qu'il est arrivé au but par la méthode des tâtonnements. On exagère grandement le rôle des idées abstraites et du raisonnement lucide, dans la conduite humaine ordinaire. Quelles notions abstraites y a-t-il dans Pesprit du chauffeur, quand il pense au pouvoir du charbon?... Le chauffeur pense à ce qu'il voit et à ce qu'il sent : le charbon, en brûlant, produit de la chaleur; la chaleur fait bouillir l'eau; la vapeur pousse le piston, et ainsi de suite. 11 se figure vaguement chaque anneau de cette chaîne, comme travaillant à amener le suivant. C'est là l'idée qu'il se fait du pouvoir àM charbon 1 ». C'est là aussi, dirai-je, Tidée qu'on se fait communément de 1' « inconscience » : u^^^ suite d'actes, ou d'images, sans lien logique, sin^^ réel, du moins apparent, se déroulant selon les loi* de la mémoire, ce que Leibniz appelle une « cons^' cution empirique », ou une association. L' « incoO' science » serait, en ce cas, l'absence de réflexion o^ do raisonnement, l'empirisme aveugle, d'un mot, U bêtise. « Les hommes agissent comme les bêtes, dit Leibniz, en tant que les consécutions de leurs perceptions ne se font que par le principe de la mémoire, ress(»mblant aux médecins empiriques,

1. Leuba, la Psychologie des phénomènes religieux^ p. 80 de la trad. fr.

ont une simple pratique sans théorie ; et nous jommes qu'empiriques dans les trois quarts de actions. Par exemple, quand on s'attend qu'il y i jour demain, on agit en empirique, parce que

s'est toujours fait ainsi jusqu'ici. Il n'y a que ronome qui le juge par raison^ ».

irrationalité serait donc, à ce compte, le crité- 1 de la mémoire organique. Mais alors cette loire serait plus étendue qu'elle ne paraît; elle prendrait la consécution empirique des images i bien que celle des actes, la succession aveugle idées aussi bien que celle des mouvements ; elle ;erait pas proprement inconsciente, elle serait )lement « bête » ou illogique. Il y aurait bien à

là-dessus. Mais admettons-le provisoirement,

chicaner, icore faut-il s'entendre sur le genre de bêtise de mémoire organique. Cette bêtise, en un sens, âmble fort à l'intelligence. La mémoire orgae est, comme toute mémoire, une association oordination, à savoir une association de mouvets. Mais toute association suppose elle-même dissociation. Contracter une habitude, apprendre irire par exemple, c'est décomposer les mouveits du corps tout entier, des doigts, de la main, bras, des jambes, de la langue, etc., supprimer

mouvements inutiles, retenir seulement les ivements utiles, grouper ceux-ci, les coordonner, former un système. N'est-ce pas là une opération logue à l'intelligence? N'y retrou ve-t-on pas tous éléments d'un acte mental et ses phases essenes : l'analyse, la synthèse? En quoi une opération melle serait-elle inférieure à un acte de pensée

Monadologie^ p. 28.

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pure ou opérati(»n intellectuelle, quand elle décri mt^me courbe, représente le même processus?

lieu d'opposer la tête à la main, la mémoire p chologique à la mémoire organique et d'attribué Tune, la raison, à l'autre, la bêtise, ne faut-il distinguer l'adresse et la maladresse et appeler Vu rintelligence, Tautre, la bêtise, dans Tordre moteu:: Ce n'est pas sans raison que, dans la langue vulgaL on prend les mots : « lourd, gauche, maladroit ^>;

comme synonymes d' « inintelligent » et qu^inver"^^ *ment on dit : « avoir de l'esprit jusqu'au bout cri- ^s doigts ». Les esprits lourds sont ceux dont les id^^ ^s forment bloc, qui ne savent ni démêler les poi "■::■- *s de vue, ni observer les nuances. Ils sont comme d^ ^ maladroits qui procèdent par action massive, «r^^J^ prendraient un pavé pour écraser une mouche etir ^c lanceraient avec force d'un élan de tout leur cor I> ^• On peut distinguer encore plusieurs sortes d'adres^ ^ • celle qui consiste à décomposer un mouvement ^"t- * en exécuter avec aisance et avec grâce chaque a. ^^ ''^ ou chaque moment, et celle qui consiste à fornc^»une suite de mouvements compliqués ou une co binaison savante de mouvements divers. La premi^^ ^® répond à l'esprit d'analyse, fin, souple, délié ^*

subtil, la seconde, à l'esprit d'organisation ou ^^® synthèse, vaste et puissant. L'adresse est donc "^^^ équivalent de l'intelligence ou plutôt une forme ^-*® l'intelligence.

Sans doute elle suppose des conditions physique ^ • la flexibilité des organes, la force, l'impulsivité <^^ l'élan, qui dépendent de la nature et varient av^^^ l'âge, mais on aurait tort de croire que ces con4J^'" tions suflisent, créent l'habileté proprement dite ^^ eu dispensent. 11 en est de ces conditions comme d^ tâtonnement. La méthode de tâtonnement n'a p^

Tertus qn'on lui suppose : elle donne à Thabiie Toccasion de naître, elle ne la fait pas naître; e ménage les rencontres heureuses, celles où Von sit le mouvement approprié, où Ton « attrape le c », comme on dit vulgairement; encore faut-il

pas passer à côté du mouvement utile, sans le narquer, le reconnaître et le fixer ou le retenir. f a des esprits que l'expérience instruit, d'autres, • lesquels elle glisse impunément; de même il y les mains adroites, qui mettent à profit les tâtonxienls et les essais, d'autres, qui restent empêtrées is leurs mouvements et les répètent sans en corer la gaucherie. C'est que le tâtonnement ne doit î être une répétition pure et simple; il faut qu'il istitue une « expérience », une « expérience pour Y », comme dit Claude Bernard, traduisant une Pression de Bacon {sortes experimenii)^ c'est-àe une expérience où sans doute l'on s'adresse au 5a.rd, où l'on compte sur lui pour faire surgir la contre heureuse, le mouvement cherché, mais l'on compte aussi sur l'esprit ou la main pour nèler etsaisir au passage, dans la multiplicité des

fortuits, le cas favorable, dans la variété des a.is, l'essai qui réussit. Le hasard en effet ne pro-

qu'aux avisés et qu'aux habiles. La répétition

suite ne joue pas un aussi grand rôle qu'on le it dans la production de l'habitude. Elle en est au s la cause occasionnelle. Elle n'est jamais suffi- ^te, elle n'est pas toujours nécessaire. Si l'on abe par hasard du premier coup sur le mouve- 'Ht à exécuter, on acquiert par là même aussitôt a.bileté à le produire et la capacité de le repro- ^re ou l'habitude. Aussi Ribot, établissant un ï*allèle entre la mémoire organique et la mémoire «ychologique, autrement dit, entre l'habitude et la

mémoire, conclut-il à leur entière ressemblance. I résume ainsi leurs caractères communs :

« Acquisition tantôt immédiate, tantôt lente Répétition nécessaire dans certains cas, inutil< dans d'autres. Inégalité des mémoires selon le: personnes; elle est rapide chez les uns, lente ci totalement réfractaire chez d'autres; chez les udb persistance des associations une fois formées, che les autres, facilité à les perdre, à les oublier. »

Tous ces caractères attestent que la mémoire organique ou psychologique, est une forme de Tin telligence et varie en degrés comme Tintelli gence. Il n'y a entre la mémoire organique et h mémoin» psychologique d'autre différence que celh des objets auxquels elle s'applique : Tune est li mémoire des actes, l'autre, celle des idées; mais leu nature ou essence est la même. VinconsciefiC€j c irrationalité, dont on fait l'attribut de la mémoir organique, ne lui appartient pas vraiment, puisqu'un! des formes de cette mémoire, l'adresse, est um raison ou intelligence à sa manière, ou, en tout cas ne lui appartient pas en propre, puisque la mémoir psychologique a sa forme machinale et aveugle : 1 consécution empirique. La diiférence, que nou avions cru trouver entre la mémoire psychologique et la mémoire organique, s'évanouit donc à l'ana lyse.

Mais cela tient peut-être à ce que nous avons pri le mot inconscience au sens <ïinationnalii('i] donnom lui son sens vrai ; entendons par inconsciem l'absence de toute connaissance, la mémoire orgî ni<iae serait alors la mémoire qui ne s'accompagi (r.uicun sentiment, «Taucune rej)i'ésentation.

Ksl-il vrai ijue la mémoire organi(iue est inco s(Mente en ce sens? r)(''composons la question : est

l'eile est une simple répétition de mouvements : i sentis^ 2° non imaginés'!

e semble pas que la mémoire organique exclue liment ou la conscience, au moins nécessaireet toujours. La répétition des mêmes actes it sans doute machinale à la longue, mais elle îst pas d*emblée. L'automatisme pur est un ; non un commencement. La mémoire orga-

n'est donc pas mécanique et aveugle par 3; elle n'a même jamais (ou elle a rarement) 'acière à Torigine.

Q plus, il est des cas où elle reste toujours ienle, où elle garde jusqu'à la fin ce « senti- (l'etTort » qui marque ses débuts et ses progrès, s cas sont peut-être ceux qu'il faut appeler égiés, à savoir ceux des bonnes mémoires orgas. Certaines personnes ont le sentiment de t qui accompagne la période de fixation et les enis moments de cette période, peuvent dire i cette iixation est en bonne voie, sur le point ulir ou définitivement achevée. L'une d'elles ure qu'elle sait exactement quand TciTort à

pour retenir une adresse est, chez elle, npli, quand le résultat est obtenu, c'est-à-dire d l'imprégnation mnémonique est produite; plus sèment encore, elle sait quand cette imprégnacommence, jusqu'où elle va, et quand elle est itive et sûre. On pourrait objecter qu'il s'agit l'un phénomène de mémoire représentative; le cas serait le mémo, s'il s'agissait, non d'apire le nom d'une personne ou le numéro d'une mais d' m attraper >» un mouvement, et il est able que, même dans le cas considéré, l'opéra-

qui paraît représentative, est en réalité ice.

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Ce qui est vrai de la période initiale de la mèa^^ohe organique, de la période de fixation, Test aussi ^^s autres, par exemple de la période de reproduc^ ^^on ou de rappel, témoin les curieuses expériences personnelles d'Arthur Lynch * sur la mémoire des uc:^^^ propres. Le rappel d'un nom propre s'accompagr^®? chez lui, d'un sentiment d'effort, variable dans ^* forme et dans ses degrés, de nuances particuliè ^^^ et d'intensités dilTérentes, suivant que le n^^^ cherché s'annonce comme pouvant ou ne pouv^»-^* pas revenir, comme devant revenir sûrement, al^^^^ qu'il n'apparaît pas encore, comme revenant enfia ®^ étant reconnu. Ce sentiment d'effort doit être di ^' tingué de la volonté de se souvenir ; il n'est pas ^-^? acte de volonté; l'évocation du souvenir se prod«-^^ sans doute à l'appel, mais non pas par l'effet de *^ volonté ; elle a d'autant plus de chances de se pr ^^3' duire et se produit en fait d'autant mieux qu'C^^^^ laisse agir les associations et qu'on ne prétend ples diriger et les régler. Il s'agit donc bien ici d'i automatismp moteur, disons : idéo-moteur.

Mais c'est quand un mouvement rencontre de résistance qu'il est senti. C'est donc quand le rapp( est laborieux qu'il devient conscient; quand il s produit tout seul, ou sans difficulté, on ne le sen pas ou à peine. De là cette conclusion paradoxale ^^ le rappel laborieux ou même momentanément"^ impossible est plus conscient que le rappel facile. Autrement dit, il y a un sentiment de l'oubli et ce sentiment a des nuances, des degrés. Comme nous l'avons écrit ailleurs, ceux qui savent interroger leurs souvenirs savent aussi, et par là même,

1. Psycholof/y, a neir System, l. I, pp. 134 et suiv. Londoiip Stephen Swift, V.) 12.

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esurer, en même temps que retendue, ce que i ^appellerai la profondeur de leurs oublis : une iotuition rapide, un sentiment inanalysable les avertit s'ils ont chance ou non de retrouver tels souvenirs perdus, et quelle chance ils ont de les retrouver. Ou Toubli «st si profond qu'on n'entrevoit pas la possibilité d'un retour à la conscience des faits oubliés ; — ou il est conçu comme pouvant se dissiper un jour ou l'autre, grâce à un effort d'attention, servi par des circonstances favorables, sans que d'ailleurs on puisse dire si ces circonstances se produiront, et quand et comment ; — ou enfin Toubli paraît être un simple arrêt dans la remémoration commençante : le fait oublié va répondre, à ce qu'il semble, à Tappel de la pensée; on croit le tenir déjà, on tâtonne encore, mais on s'apprôte à te saisir, et on s'écrie d'avance : « J'y suis, j'ai le "lot sur le bout de la langue ». L'oubli relève donc ^® l'analyse introspective, non en ce sens que les perceptions évanouies seraient présentes en quelque J'istnière et à quelque degré à la conscience, ce qui i'^pliquerait contradiction, mais en ce sens que, d^ns Toubli, il y a quelque chose de plus cependant tlUe la perle des sensations passées, à savoir le sent^'ïneni de cetteperte^ sentiment (jui consiste, soit dans ^^ malaise sourd, soit dans une attente nerveuse, iï^quiète, soit dans une recherche désespérée, soit Bufin dans Tétat de résignation, de découragement Ae celui qui jette, comme on dit, sa langue aux chiens. Qui n'a remarqué encore que parfois on cherche une impression évanouie, qu'on est incapable de retrouver, de définir, qu'on n'entrevoit même plus, dont, en un mot, on ne sait rien, et dont on sait pourtant qu'on l'a eue? Cette impression, supposée évanouie, reste-t-elle donc invisible et présente? Non, elle a

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réellement disparu, mais elle a laissé après vide en quelque manière senti, el l'esprit en désormais le retour et en fiarde la trace, j'allt la piste, sans pouvoir faire surgir, j'allais din l'impression elle-même.

Nous voyons donc que la mémoire organiqi pas purement mécanique, qu'elle s'accompa sentiment, d'un senlimenl, à vrai dire, très p lier, indéli Dissable et inanalysable, à savoir timent : 1" de l'opération mnémonique, absl faite du moUus opeivndi: 2" du succès ou de de cette opération, abstraction faite des inov conditiouf' par leî-quels ce succès est obtt manqué; autrement dit, on a atîaire à un .«ei brut, à une intuition sensible, qui ne se traJ en idées claires ou images. Nous n'avons pa cience de nos organes, en ce sens que noi cunnai^ïSOns pas el n'en pouvons i>as ciinnai l'introspection l'anatomie et la structure n'avons pas non plus conscience de leur font des actes qu'ils accomplissent, en ce sens qi ne connaissons pas jiar l'intriispection le dét: Sf composent ces actes, l'ordre dans leque développent et la série qu'ils fonnent. Non iiéanuioiits, si un peut dire, cûnscieiico organes et de leur fonctiounenieut: nous a seiilimi'iit de leur '•jisteiu\' t-t de leur :i'iitin. i nous sovons incapables de nuus ri'py's-ut .-i-'lur-- et la fn--..,, dont ils op.-ri>nt.

Nou^ tenons dès lors la .l(-HMf1i..H loi cliercliée de la niêniuir.' ur^unique : cette ii

LA MÉMOIRE 0Rn4MQVi: -M IXCONSCIEXTE 2i^l

espèce de sentiment, mais la nu'moWe snna images ou représentations. Admettons avec Maine de Biran trois sortes de mémoire : méca)}i(jur^ sensitive^ repréfentative ; nous dirons que la mémoire organique est lanuémoire mécanique, qui peut être et est parfois sensitive, mais qui ne saurait être et n'est jamais représentative.

Que la mémoire organique puisse ôlre sensitive, ^ 1© soit même ordinairement, et avec avantage, nous Pavons montré ; mais qu'elle soit sensitive, sans être aucunement représentative, c'est ce qui peut-être appelle un supplément «l'explication. La ménaoire organique ou motrice suppose le pouvoir de fixer ou retenir un mouvement exécuté, de ^^produire ce mouvement et de le reconnaître, au "tonnent où il se reproduit. Retenir un mouvement, être en état de le reproduire, ce n'est pas se représenter ce mouvement, l'imaginer d'avance, le n'^a- Jiser en pensée avant de le réaliser en acte ; ce serait plutôt se représenter la « sensation musculaire », <Ï*J6 donnerait l'exécution de ce mouvement, viser cette Sensation, s'appliquer à la retrouver et, j>ar ^"^5 le mouvement à produire: on serait alors, suivant Une comparaison de ïaine, « comme un joueur de bil[g|^j.(i qui vise la bande pour toucher une bille par ricochet; on viserait à la sensation du nerf pour atteindre la contraction du muscle » : mais, en réalité. On ne se représente pas plus la sensation musculaire que le mouvement lui-même, on ne l'imagine ou, plus exactemeni, on ne la préimagine pas; on la ï*econnaît seulement, quand elle se produit. Le souvenir, organique ou moteur, est, en fait, un mouveUient qui se reproduit spontanément, sans être guscité par une image [)révenante et qui, en se l-eproduisant, donne lieu à un«» sensation musculaire

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