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CHAPITRE IX

La mémoire psychologique.

La mémoire et la réminiscence d'après Platon et Aristot»». — La mémoire sensible et la mémoin; intellectuelle d'après Descartes : la première ne dépend pas de la volonté, n'implique pas la reconnaissance; elle se ramène à l'habitude; la seconde suppose un acte spécial de rentendement et est caractérisée par la reconnaissance;. — La mémoiro f)roprement dite apparaît avec la reconnaissance (IluniO'. — Sens à donner au mot de Royer-Collard : « On ne se s«»uvi<'nl (jiit* de soi-même ».

C'est un fait remarquable que chez presque tous les philosophes, depuis Platon jusqu'à Descartes, nous trouvions établie la distinction de deux formes du souvenir : la mémoire (y^vv-ar,) et la réminiscence (àvà[jLvT,(yiç). Il est regrettable que cette distinction, comme nous verrons, fondée, ne se soit pas maintenue; il Test plus encore qu'on ne [)uisse songer à la rétablir, le mot réminiscence ayant pris, dans la langue usuelle, un sens qui n'est pas seulement «ans analogie, mais qui est encore en contradiction avec celui qu'il avait autrefois dans la langue philosophique. Mais il n'est pas sans intérêt de faire voir que ce que les anciens appelaient mémoire et réminiscence revient à peu près à ce que nous appelons aujourd'hui mémoire physiolo-

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logique et mémoire psychique et qu'ainsi on pe encore tirer argument des théories anciennes.

Platon définit la mémoire « la conservation de sensation » et la réminiscence «< l'acte par iequ__ Tâme renouvelle et fait revivre en elle, sans secours du corps, ce qu'elle a éprouvé autrefois e commun avec le corps ^ »; autrement dit, il dis tingue la conservation, phénomène physiologique • passif, et l'évocation ou le rappel volontaire, aci spirituel de l'âme^ mais il les distingue, sans le séparer; la mémoire est une; la réminiscence sup pose la conservation, elle est la mainmise de Tâp» sur les sensations passées, elle est Tâme disposan de ces sensations, comme l'oiseleur dispose de colombes, qu'il retient captives et à portée de s main dans la volière [Théétèie). C'est dans l'act d'évoquer les images, de les susciter, de les produir en quelque sorte (la reproduction est la productio spirituelle des images, répondant à la productio matérielle des sensations) que Platon fait consiste proprement la ?'f?m/nûcence. Par extension, ilappeller réminiscences toutes les connaissances que Tespn tire de lui-même, qu'il trouve en lui ^1 ne reçor point du dehors; il présente, par une fiction poétique de telles connaissances ou idées comme des souves nirs d'une vie anté-terrestre.

Arislote maintient dans ses grandes lignes ladis* tinction platonicienne de la mémoire et de la réml niscence, mais il y apporte quelques changements il élargit et précise le sens du mot « mémoire » ; i entend par ce mot, non seulement la conservation mais la reproduction et la reconnaissance. Il distingue la mémoire à la l'ois de Timaginaiion et des

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