‹ La mémoire et l'oubliChapitre 63 sur 92 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

La mémoire psychologique (suite).

(La reconnaissance.)

La reconnaissance est 1* l'acte par lequel le moi rapporte au passé les images présentes; 2» s'attribue les souvenirs ainsi définis, les reconnaît comme siens.

Où manque la reconnaissance entendue comme l'attribution au moi des états passés, il n'y a pas proprement souvenir, mais habitude. Cependant dans la mémoire normale entre un élément d'habitude' et l'habitude elle-même n'est pas automatisme pur, elle suppose la conscience, le pouvoir de synthèse personnelle, au moins à l'origine; elle implique toujours la reconnaissance. Enfin la reconnaissance, loin d'être incompatible avec l'automatisme, serait elle-même un phér mène d'ordre moteur, à savoir le sentiment d'un moi /ement facile (Bergson). Ajoutons que le rappel volontaire suppose que' l'esprit s'est rendu maître du mécanisme producteur d'images.

Importance de la reconnaissance, entendue comme pouvoir de synthèse personnelle. Deux sortes d'amnésie, matérielle et formelle.

La reconnaissance étant Topération essentielle et caractéristique du souvenir, mérite d'être étudiée à part. Il faut d'abord la définir. Le mot reconnaissance en effet est équivoque. Il désigne tantôt l'acte par lequel le moi rapporte au passé des images présentement évoquées et, éprouvant à l'occasion et au sujet de ces images, le sentiment particulier et indéfinissable du déjà vu, les classe comme souvenirs,

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c'est-à-dire comme états renouvelés, reproduits <i^ . recaiiinis, tantôt l'acte par le<}uel le moi s'attrit>>^^ les souvenirs ainsi définis, les reconnaît corn. '^^^ .sif*Ns. Cette dernière opération passe souvent i ^^' perçue, tant elle est non seulement élémentaire simple, mais encore naturelle, normale et va de

Elle a droit ce|)endant à une particulière att tion. Pierre Janet Ta fort bien distinguée entre opérations de la mémoire et caractérisée ainsi : ==^

Pour qu'il y ait mémoire, il ne suffît pas que « telle^^^ ^ ° telle image soit reproduite par le jeu automatique -^^ ^ l'association des idées », il faut encore que « la percepëb • ^r^ ^^' personnelle saisisse cette inîage et la rattache aux auf" M-^^^ souvenirs, aux sensations nettes ou confuses, extérieiKi-^ ^^^^ ou intérieures, dont l'ensemble constitue notre person^r:*^ ^^, lité. Que Ton appelle cette opération comme on voufc^ .muic (}uc l'on forge pour elle le mot de personnification ou r> -■ ' l'on se contente Mes termes vulgaires : perception pers"^-^"^^'^ nelle des souvenirs ou assftrialion psycfhologique des ima^^^^ '^ il faut toujours constater son existence et lui faire t^' jjlace dans la psychologie des souvenirs ^

Quelle est cette place? Pour s'en rendre compc:^ •P il suffit (le considérer des cas où cette opération fi ^

défaut, comme la dépersonnalisation et Ttiabituo -*^J^^ Dans la dépersonnalisation, la reconnaissance par ^^^- [ sujet (le ses états passés, non pas comme souveni'^' "^^'^ mais comme sif^.ns^ se trouve « atteinte ou supprima .^ée, tandis que les autres phénomènes du souvenir, coci:^^^^^^^servation et reproduction des images, subsistc-^^*^/ intéirralement - ». La dépersonnalisation, à elle seu'"' — 'î, snflirait à montrer i\n"ii n'y a pas de mémoire *sa^^^* reconnaissauce. Mais arrêtons-nous plutcit sur /? phi'nomène plus connu de Thabitude.

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