‹ La mémoireChapitre 101 sur 148 · I. -M. ,J ASTHow. Psycli. liev., I, n'> 2, [>. i.52-i · texte numérisé non relu

I. -M. ,J ASTHow. Psycli. liev., I, n'> 2, [>. i.52-i

line « éLiule sLalistique sur la communauté et l'association des idées ». Son travail difTère du précédent, en ceci surlout que c’est une étude faite sur un groupe d’individus, une suite d’expériences collectives sur des sujets comparables.

Un mot à propos de la méthode :

L’expérimentateur entre dans une classe et écrit un mot au tableau noir. Les sujets doivent écrire aussi vite que possible les cinq premiers mots que le test leur suggère; ils écrivent ainsi successivement lo mots diilérents, on doit obtenir de chaque sujet cinquante termes associés.

On constate dès l’abord que le premier des termes associés, celui qui est le plus spontanément associé au vocable lest, se répète très fréquemment. Le résultat semblait devoir être prévu ; pour le deuxième terme associe on observe une variété notablement plus grande : le nombre des mots dilïérents associés en troisième lieu est encore plus considérable, et la divergence va en croissant jusqu'au cinquième mol. 11 est regrettable que l'auleur n'ait pas demandé aux élèves d’associer six, voire même dix mots ; on eût pu enlrcvt)ir ainsi jus<pi'où s'étend la communauté d’idées cidre élèves irune même classe.

\ oici le nombre de mots diilérents rapportés à loo pour chaque groupe d'association :

Première association

Seconde —

l'roisième —

(Jualrièmc —

Uinquième —

8iî,S

REnilERCIIES EXPÉRIMENTALES SUR e’aSSOCIATIOX 2 /| 5

Ce tableau incL en reliei’ une Ibis de plus riuipoptance des particularités individuelles, et l'ail su[)poser (pie s’il existe des lois suivant lcs([uelles se l’ornient les associations, ces lois sont d’une complexité extrême.

L’auteur divise ses associations en neuf groupes :

Associations du tout à la [lartic.

— de la [lartie au tout.

— d’objet à acte.

— d’acte à olijet.

— d’objet à (pial i lé.

— de (pialité à objet.

— entre objets de même espèce.

— basées sur l’identité de son.

Cas douteux ou diflicilcs à intcr[)rétcr.

Les cbilTres obtenus sont |)our cbacun des neuf groupes: i.ô,G; 2,8; 6,2; 5,2; 3,3;2:'i,^i;

Les associations les [)lus frcTpientes sont celles entre objets de même es[)èce ; .M. Jastrow a donc constaté, absolument comme iM. Bonmox, l’importance |)répondérante de la coordination.

Le second en ini[)ortance (nous ne parlons pas des associations dilliciles à intci|)réler (pii au point de vue mimériipie occupent le second rang); le gi'OU|)e le plus important donc après celui des associations d’objet à objet est celui oii l’association se lait entre objet et([ualilé. Ces résnilals dill’èrent cpiel ([ue peu de ceux de M. Lolrdox. D’après ce dernier la (jualilé rap[)ellc rré(picmnicnt l’objet ; et l’objet rarcuicut la ipialité.

LA MLMOIHE

Miss V\ . Calkins ' a entrepris, au laboratoire de Harvard, une série d’expériences fort bien conduites pour étudier les conditions qui influent sur la force d’association enlre deux images.

Le dispositif expérimental consiste en un écran percé d’une ouverture devant laquelle on maintient pendant un tcnq)s déterminé les tests que le sujet doit fixer ; ce sont des morceaux de carton teintés de diverses couleurs, et d’autres portant deux ebiffres.

On montre successivement au sujet des séries de sept couleurs et de sept nombres, et des séries de douze couleurs et de douze nombres.

Puis, (|uand ces expériences préliminaires sont terminées, on fait défiler devant les yeux du sujet la série des couleurs en le priant d'indiquer les nombres qui ont été montrés après chacune d'elles.

Les sujets étaient au nombre de 35. élèves de Harvard et de Wellesley collège.

On a fait en tout i 200 expériences.

Itn examinant les résultats, on constate dès l'abord que dans les séries de 10 à 12 tests, les associations sont rclalii'ciucnl moins nombreuses que dans celles do 7. Le poni' cent des associations est dans le ]iremier cas de 2(1, soit enviion le quart, et dans le deuxième cas 37, soit plus du tiers.

Se basant sur ces résultats préliminaires, l'auteur s’est etVorcé de déterminer les conditions qui accroissent le nombre des associations.

Sur ce |)oint s(m tra^ail est franchement nouveau et inté>ressant.

Nt. U , (].\i.Ki.Ns. .\ssocialion. /'.svc/i. /iVi'.. I. noâ. p. '17(1.

nECIlERCIIES E\PÉrilME>JTAEES SUR l’asSOCIATIOA oJ\’-]

Trois causes semblent a priori devoir rendre les associations plus stables: la répélition, c’est-à-dire le passage plus frequent de l’atlenlion volontaire d’nn élément du groupe à un autre élément; la posilion donnée aux tests dans la série, posilion en vue, c[ui fail([ue les termes associés eux-mémes produisent des images et parlant des souvenirs plus vivaces; enlin, cl celte dernière cause de stabilité se confond avec la précédente, l'intérêt que présentent certains lesis associés.

L’auteur fait apprendre une série de couples couleur-nombre dans la([uelle une couleur, mettons le rouge, est montré quatre fois avec le nondne ?o ; puis une seule fois avec le nond)re '20. L’inlluence de la répétition fait que l’association rou(jc-23 est [)Ius stable que les autres. Par contre, l’association roafje-20 l’est moins que toutes les antres, et cela parce qu'elle est en conllit avec les trois associations rour/e-23 et contrariée pur elles. Ceci est l’etfel négatif de l'association.

l/inllucnce de la répétition a été mesurée et exprimée en cbilfres.

Une série de tests apparaissant deux ff)is dans une séric de douze cou[)lcs sera retenue dans la proportion de .3.0 pour cent ; si elle se ré[)ète trois fois, I(î pour cent s’élèvera à fi 3.

Nombre des associations dont on sc souvicid a[)rés une répétition, rj(’) pour loo.

Nombre des associations dont on se souvient a[)rès deux répétitions, ,3.ô sur lot).

Nornl)re des associations dont on se souvient a[)rés trois répétitions, f),3 sur roo.

Nomtirc des associations dont on se souvient rpiand elles ont été contrariées, 3.3 sur mn,

L\ MÉMOinE

L’induence du rang occupe par les tests d'une série SC fait sentir principalement pour le dernier tenue. Ceci appelle une réflexion. J'ai fait de nombreuses expériences sur la mémoire des chiffres et des syllabes dénuées de sens. J’ai remarqué que les sujets usent presque tous d’un truc toujours le même. Quand on lit ou qTi’on montre une série de chiffres par exemple, le sujet fait attention aux premiers termes et tâche de les fixer dans la mémoire en les répétant plusieurs fois; quant aux deux ou trois derniers, il ne s’elTorcc pas de les retenir, mais les transcrit immédiatement dès que l'expérience est terminée. Pour emjiecher cette tricherie, qui fausse les résultats, il faut observer le sujet quand il écrit, ce (pii est impossible dans les expériences collectives; ou défendre strictement d’annoter les cbitTres autrement que dans l'ordre de leur succession. Miss C\i.- Kixs a-t-elle pris cette précaution? Je 1 ignore. Le premier test présenté est, lui aussi, habituellement mieux retenu que les autres dans oo.fi pour loo des cas. (leci est un ell'et naturel de l ellort d attention ([lie l'on fait au début d'une expérience.

Les tests rendus intén'ssants parce cpi'ils sont écrits avec une encre ditlérente ou pour tout autre motif sont retenus dans la jiroportion de ,'j8 ]>our lOO.

fine autre \méricaine. Miss Mmu.muct 1>. Simoxs'.

1. âtiss M. It.SiMONs. t’rcvalencc of Paramnisia. dans P.svo/i. /ù'i'/Vr , It. iNo.k

RECHERCHES EXPERIMENTALES SUR l’aSSOCIATION 2/iQ

a fait quelques expériences analogues aux picccdcu- Ics : mêmes lests ; couleurs et chilTrcs.

Parmi les résultats, notons quelques conclusions intéressantes :

Le nombre des réponses exactes est de 53 pour loo. Le double des réponses correctes recueillies par Miss Calrins sans le secours des causes qui accroissent la stabilité des associations.

Lorsqu’on force le sujet à écrire malgré tout un chiffre f[uelconque à côté des couleurs (pi’on lui présente pour la deuxième fois, ces associations sont nécessairement exactes ou inexactes ; si alors on lui demande s’il est bien sûr de l’exactitude de ses ré- [)onses, on constate que le sujet maintient presque toujours sa réponse lorsque celle-ci est en fait correcte, 7b fois sur 100. Quand la réponse n’est pas exacte, le sujet ne la maintient que 23 fois sur 100 et le [)lus souvent la considère comme douteuse.

Avant de [)arler des travaux pins étendus de M. ZiEiiEX et de M. Asciiaekeniiuro, passons en r(;vue (pioiqucs études intéressantes sur l’association médiale. M. Scriptlre' avait remar(|ué (pie parmi les idées associcîes, il en est (pii .sont reliées l’une à l’antre, non pas directement, mais par riiilermédiairc d’ime troisième représentation ([iii demeure iiicoiiscienle.

Ainsi, [>ar e.xcmplc, je vois une poiiime jilacée sur

• • M. ScKfi-TUKK. IJcIjor (Icti VssociulivcM Vcrlatif lier V'orslclliingen. Phil. Slud., VU,

LA MÉ:\IOIRE

ma table; ces deux images complexes, table ef pomme, laissent deux souvenirs reliés entre eux. Mais je vois plus tard mon journal sur cette même table; journal et table s’associent. Il se pourrait que si je revois demain mon journal, cette image rappelât le souvenir pomme sans que l’intermédiaire table, liée à pomme et ajournai, réapparaisse dans la conscience. Si d’aucuns admettent l’existence de pareilles associations, d’autres la nient ; tel M. iNlüxsTERBERG. qui, ayant atlenlivcmcnt étudié la question, alTirme que de ])arcilles associations n’existent pas.

En iSg/i, M. IlowE publia dans V American Journal of Psycholo(jy ‘ les résultats d’un travail expérimental analogue à celui de M. Scripture.

Les sujets qui ont pris part aux expériences étaient au nombre de 6.

Dispositif expérimental : le sujet est assis dans la cbambre noire; les images qu'il doit retenir sont audilives-motrices, on lui lit par exemple une première liste de six mots; après cbaque mot rexpérimentateur ])rononce une syllabe dénuée de sens. Ces syllabes doivent servir de lien entre les six mots de la première liste et ceux d'une deuxième liste. Par exemple, voici trois mots de la première série : moiicboir. foc; carotte. Hic ; cbeval, tur; et trois mots de la deuxième série : clocbe, foc; encrier, Ilie ; rue, tur; si lors(]ue l’on répète aux suj('ls le mot mouchoir, il se rappelle aussitôt le tenue eloebe, .s’u/î.s' .s'c rappeler le terme m leniiediaire foe\ dans ce cas. mais dans ce cas seu lement, il existe cbez lui une association médiate.

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