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I. Oj). cil., p. 5o

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M. ZIEHE^’, il est vrai, base sa classification sur l’absence ou la présence d’un verbe et affirme que ces deux sortes d’associations sont psychologiquement différentes en ce que les associations sans verbes présentent une union moins intime entre les deux termes qui la composent ; tandis que les associations basées sur le jugement coexistent au môme moment dans la conscience.

Mais quand on parcourt la liste des associations que l’auteur lui-même a groupées d’api'ès ce principe, on est souvent très étonné de constater qu’il classe telle association dans un groupe plutôt que dans l’autre. La distinction est donc tout au moins subtile. Quant à M. .Vschafeexburg qui se base également sur un caractère [)sychologique et divise ses associations en immédiates et médiates, il ne s’appuie que sur une hypothèse juue. On ne saurait admettre que les quelques associations soi-disant médiates qu’il a recueillies suffisent. A l’heure actuelle, nul ne j)Ourrait sans témérité affirmer qu’il existe des associations médiates.

Et maintenant malgré les déformations inévitables /jue les théories font subir aux observations, nous pouvons, de ces travaux faits avec beaucoup) de patience et de soin, tirer quelrpies conclusions.

C’est ainsi que les résultats des trois recherches de MM. Houruo.n, Ascii aeee.nuuro et Ziehex sont concordantes sur les points suivants :

i” Dans la grande majorité des cas, un nom d’objet est associé à un autre nom d’objet.

2® Généralement une qualité est associée ou bien à une autre qualité ou à un nom d’objet.

3“ La ressemblance de son entre le test et la réponse joue toujours un certain rôle dans le travail de l’association des idées.

/i° On observe les plus grandes variations entre les réponses des divers sujets soumis aux mêmes expériences.

Cette dernière conclusion paraîtra extraordinaire à celui qui s’imagine que l’esprit humain en général, et l’imagination et la mémoire en particulier, sont organisés chez tous les hommes d'après un plan commun.

Une pareille conception est aussi funeste que fausse: il n’y a pas deux cerveaux semblables surtout au point de vue fonctionnel. Comment voulez-vous admettre qu’un visuel-moteur associe ses idées de la même manière qn’un auditif-motcur P Le premier a emmagasiné dans son cerveau infiniment plus d’images visuelles-motrices, c’est évidemment dans ce fond-là qu’il puisera la majorité de ces idées associées, tandis que le second ressuscitera surtout des images auditives ; il est d'observation courante qu'un peintre et un musicien associent aux mêmes impressions extérieures des créations absolument dillérentes : et ce (pii est vrai jiour les Ivpes auditifs et visuels les plus élevés, est vrai (pioiqu'à uu ilegré moindre, jiour les ty|)es moins accentués.

Or, comme je crois l'avoir démontré à propos de la mémoire de tixation, les diversités individuelles sont innombrables.

Ajoutez à cela (pie pour associer un mot à un antre on mieux pour (pi'un mot en évoque un autre, il tant ([n'anléri('ureinenl ('es mots aient été vus

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ensemble ou succcssivcmeiiL L’atlcnlloii en passant crime représentation à une antre crée entre elles une voie de moindre résistance. Je m’explique : Tout le monde sait cpie le fait de fixer l’attention volontaire sur une stimulation et sur l’image (|ui en résulte avive celles-ci : Si, dans une salle de théâtre, baigné dans une atmosphère où flottent des milliers de stimulations de toutes sortes, je veux m’isoler de tout ce cpii m’entoure, m’absorber en moi même, et écouter seulement le bruit faible du tic tac de ma montre : je puis faire en sorte cpie toutes les images ([u’envoient au cerveau les voix des chanteurs, les bruits de l’orchestre s’atténuent, passent pour ainsi dire dans le domaine subconscient, tandis que le tic tac de ma montre demeure perçu nettement et distinctement ; les images cpii en résultent restent en pleine lumière au centre du champ de la conscience. Cela étant admis cpiand dans la conscience se trouvent [ilusieurs images sur lesquelles tour à tour l’attention se fixe, celle ijiii est mise au point s’avive, et les autres diminuent d’intensité. Les images sont des quantités de mouvement. L’homme ne crée aucun mouvement. Si dans un gronjic d’images réunies dans la conscience, l’une s’avive, si la (piantité de, nionvement qui la constitue augmente, (’’est parce que les autres deviennent moins nettes ; la quantité de mouvement [lasse des négligées à la préférée ; et si plusieurs fois de suite on fixe cbaciim; des images en présence, si chacune devient à son tour |)iéféré(' et négligée, on fait alternativement jiasser des (piantités de mouvement de A en 15 de 15 en C de (1 en .\, etc. On crée entre ces points AI5C des voies île

moindre résistance, plus perméables que les autres, qui relient ces points à LMRX, etc. Si quelque temps a[)i’ès, A réapparaît ; au moment où il va disparaître, la quantité de mouvement qui le constitue tend à s’écouler par toutes les fibres d’association qui relient A à d’autres centres ; mais parmi ces voies il en est une, AB, plus perméable que les autres, par conséquent ici comme toujours et partout, le mouvement de A dillusera non pas également dans toutes les directions autour de A, mais surtout par la voie AB en raison inverse de la résistance rencontrée. A rappelle B parce qu’il y a entre eux un lieu anatomophysiologique.

Je sais bien que l’on m’objectera que je me base sur une hypothèse nullement démontrée; soit, mais je crois beaucoup plus volontiers à l’action d’un lien du genre de celui que je viens de décrire, qu’à l’inlluence d’un lien logique, idéal.

En outre je ferai remarquer que les bases de mon hypothèse sont inattaquables. Toute image est une quantité de mouvement. Les images d’un groupe ])cuvent s’aviver et diminuer iTéclal pendant et parce cpi’on les fixe. On ne jicnt associer à un groupe un terme qui s’y trouvait en réalité, mais que l’on n'a nullement remarqué; enfin les centres où se forment les images sont reliés les uns aux autres par de nombreuses voies de communication.

(l’est surtout en faisant l’étude des associations chez des types nettement caractérisés que l’on recueillerail (les donm'cs intéressantes. Comme aujourd'hui la distinction entre auditifs et visuels du moins est devenue aisée, il faudrait refaire un travail sur l'asso-

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dation des idées chez ces deux sortes de sujets et comparer les résultats. On discernerait ainsi l’importance réelle des centres plus développés et surtout le rôle j)iépondérant de l’attention dans la formation des liens entre souvenirs.

M. Bourdon a entrevu l’importance de la détermination du tvpe parmi les sujets soumis aux expériences sur l’association. Mais personne n’a fait le travail systématique dont je parle; espérons que bientôt on comblera cette lacune.

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