‹ La mémoireChapitre 12 sur 148 · I.E SIEGE DE IA MEMOlUE · texte numérisé non relu

I.E SIEGE DE IA MEMOlUE

sont extirpés; mais petit à petit, la zone corticale environnante, qui est aussi en communication avec des fibres de la couronne rayonnante reliées à la rétine, cette zone entre en jeu. Il se l'orme autour de la plaie un nouveau centre visuel, une nouvelle couche de souvenirs visuels. Us ré|)ondireiit encore mieux eu perfectionnant leurs méthodes, et en employant des j^rocédés de plus eu plus sûrs jiour ne détruire (pi^une partie bien limitée de substance cérébrale.

D'aucuns en arrivèrent à diviser la surface du cerveau en provinces et départements, tonies les fonctions, toutes les espèces d’images et de souvenirs étaient enfermées dans un comparlimeul numéroté. C’était l’époque où régnait dans toute sa s[)leudeur la célèbre distinction entre les ceidres moteurs où siègent les souvenirs des mouvements et les centres sensitifs où reposent les traces des impressions sensorielles. Toute la moitié postérieure du cerveau était sensitive, la moitié antérieure motrice.

Cependant, l’observation clinitpie et psychologique sapaient petit à jietit cette conce|)liun simpliste; AIevxEicr et d’autres en arrivèrent à conclure (pie tontes les images, tous les .souvenirs sont à la Ibis sensitils puisqu’ils représentent les objets sons une forme sensible, c’est-à-dire vus, entendus, sentis, goûtés, cbaiilfant ou refroidi.ssant, ou se mouvant; et moteurs, parce que tous, absolument tous, [iroduisciil (piefipie part, dans la musculature, une mo(Ji(ication dans la tonicité. Tous les centres sont à la fois sensitivomoteurs; (piand le .souvenir d’une re[)résonlatiou quelconque réapparaît il |)roduil toujours un couuuencement d’hallucination et de contraction musculaire.

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Enfin, Fleciisig, et scs partisans, ne se contentent plus d’admettre l’existence de centres sensilivomoteurs uniques pour la vision, 1 audition etc.; ils admellcnl deux espèces de centres ; les uns inférieurs : centres de projection, dans lesquels les images se produisent, car les sensations y sont conscientes, mais ne se conservent que quelques instants: et les centres supérieurs ou d’association, qui plongent leurs voies ascendantes et descendantes dans les divers centres de projections, y pompent les modifications sensibles et y renvoient des stimulations; dans ces centres tout à fait supérieurs, les images sont durables : là réside la véritable mémoire, utile, de fixation.

Loin de moi l’idée d’exposer, dans leur ensemble, toutes ces recherches fort importantes néanmoins: je me contenterai de faire brièvement fbistoire des localisations de la mémoire du langage, sans toutefois m’y attarder; pour la raison qu'un autre volume, de la collection de psychologie expérimentale, s'occupe spécialement de ce sujet; mais j'entrerai néanmoins dans quelques détails, jiarce qu'ici le territoire cortical à parcourir est bien limité, et (|ue le nombre et la qualité des travaux de rocborclies dignes de considération sont remarquables, et puis, parce que c'est en partant de l'étude de la mémoire du langage cpie fon est arrivé à cette fameuse distinction des types visuel, auditif et moteur, bupielle a joué et joue encore un rôle si important en psychologie : onlin, ])arceque, |)our établir certaines de leurs conclusions, les physiologistes et les psvcbologues. (pfi se sont occupés de la mémoire du langage, ont fait des observations intéressantes à notre point de vue cl ccr-

IF. SIFC.E ni- I.V MFMOIHF

laines cxpéi'ioiices se ia|)|)iucluml d('s Iravaux de lalioratoire.

Durant les annéc's (|ni suivireni iniincdiatemenl la découverte de Huoca, les e\|)ériinenlateuis s'occii pèrenl d’abord d'en \érilier rcvaclitiide ; (rancnns, les |)lns nombreux, conslalèrenl des cas d'aphasie avec; lésion de la troisième IVonlalc ”aiiche, tl’anlres, en [lelil nombre, constatèrent l’existence de perles de la mémoire des moinemenis d’arliculalion sans aiicnnc altération du centre susdit.

Puis, les observations cliniques amenèrent, petit à petit, les sa\ants. à croire (pie si le centre de Ibioc.v préside aux moinenients d’articulation des mots, il n’est cependant pas le centre imicpie du langage. On trouva des cas d’altération de la mémoire des mots, ayant [)onr caractère dominant rininleHigence des mots lus ou entendus.

W FKMCKK, le |)reiiiicr, dislingiia Vaphasic sensorielle, perte de la mémoire visuelle ou auditive des mots, de l’ajiliasie motrice d(‘ IIiioca; Ixissmmi. alla pins loin et divisa les aphasies sensorielles en deux catégories : la récite verhnle on pen te de la mémoire Aisnelle des caractères, la surdité rerhule mi oubli des sous du langage.

Plus lard on d('doubla même celle dc'riiièrc' aphasie en cécité verbale pro|)reuienl dite, et cécité musicale ou annisie. Kidin, Kxxfii sniitinl (pi il existe deux centres moteurs du lang’age; l’iin (■omniandaiit les moiivemenls pboualeiirs, raiitre pbysiolngiipie ment et anal(jmi(piement distinct, recevant et nniservanl les images mol riees des Ici I res (,‘l des mois écrlls; c’est le l'anienx centre grapliiipie siliié dans le pied

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de la deuxième circonvolution frontale du côté gauche.

Pour WER^ncKE et la plupart des physiologistes allemands, ces quatre centres sont distincts mais subordonnes . En premier lieu se développe le centre sensoriel auditif, Penfant, au début de la vie, apprend le langage par l’oreille; les sourds de naissance sont muets parce que le centre fondamental reste inculte ; l’enfant, qui entend parler, s'efforce de reproduire les sons perçus; après des tâtonnements plus ou moins longs, il parle; les mouvements de ses muscles phonateurs contrôlés par l'oreille se fixent dans le centre d’articulation de Broca; plus tard la figure des lettres et des mots s’imprime dans le centre sensoriel visuel autour du pli courbe ; l'enfant apprend à reproduire les formes associées aux sons; les contractions des muscles de la main qui écrit laissent des images motrices graphiques dans le centre d’ExxEii (2“ circonvolution frontale gauche). D’après cette manière de concevoir la formation, par étapes, de la mémoire du langage, il semble qn'il laille conclure, qu’une altération, lésion ou destruction du centre graphi([uc seul doive détruire les images d’ExMîR, rendre le malade agraphique seulement, mais laisser intactes les trois autres mémoires des mots.

(iiiARcor, tout eu admettant l’existence d'un centre spécial des mouvements de l'écriture, ne crovait pas a la suhoidinalion nécessaire et uniforme admise par 1 l'a'olc allemande; pour lui les quatre centres moteurs et sensoriels sont indépendants, autonomes; seulement, en lait, cluv, la |)lnparl des hommes, par

T.K SIKOr; DF. I, \ AIKMOIIIF

suite de certaines circonstances éducatrices, Tun d’outre eux joue haljituellcmcnt le rôle prépondérant.

Pour retenir les mots, Tun se sert |)rinci|)aleTncnl d’images visuelles, un autre d'images auditives; un troisième ne saurait ap[)rendie un texte (pi’en pi’ononçant les mots fpi’il lit; im (piatrième ('st obligé de les écrire; de là quatre lY])Cs distincts ; le visuel, l’auditif, le moteur d’articulation, le moteur graphique; enfin il se rencontre une cinquième catégorie d'hommes, qui pour retenir jilus commodément les termes se servent tantôt de l’une, tantôt de l’autre de CCS ([uatre formes typiques; cette cinquième classe est celle des indilférents.

(iette classification de l’illustre professeur de la Sal[)êtrière semble beaucouj) [ilus exacte pour la mémoire générale que jiour la mémoire du langage.

11 est fort facile de constater cpie tel homme retient beaucoup micu.x ce qu’il a vu, tel autre ce qu’il a entendu ; que d’aucuns sont obligés d’écrire, les autres de prononcer les textes (fu'ils veulent fixer profondément. Mais par suite de réilucation habituelle' la plii- [>art des hommes a[)[)rennenl une foufii de choses de la même manière: la géographie |)ar les yeux, la table de multijelication pai- l’oreille, les lettres et les syllabes par l’oreille d’abord, par l’œil |)lus tard.

Une enquête faite par .M. (leorges S.vixt P.vni. ' sur le langage intérieur cf)n(irme nettement c('lte con clusion : l’auteur a été amené [>ar l’observation des faits à distinguer deux es|)èces de typ(;s visuels ; à côté du visuel en général, (jui retient la couleur et la

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