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M. Nodet. Op. cil., p. i

tA MÉMOIRE

L’examen du temps de réaction après une stimulation visuelle a donné des résultats peu concluants.

Le sujet mourut deux ans après qu'on eut commencé à l’observer. L’autopsie, pratiquée par Lis- SAUER et publiée après la mort de celui-ci parle D'' E. II AUX lequel avait fait sur les tissus nerveux des observations microscopiques, démontra que l'hémisphère droit ne présentait pas de foyers de ramollissement, mais que dans l’hémisphère gauche, au contraire, on constatait l’existence de plusieurs foyers de ramollissement, notamment autour de la scissure calcarine (centre psycho-optique général). La lésion s'étendait à la substance blanche sous-jacente.

\oilà donc un cas bien défini d'amnésie de reconnaissance provenant de la destruction des centres corticaux où reposaient les souvenirs visuels, et de l’altération des libres qui les unissaient aux autres dépôts de souvenirs.

Mous nous sommes longuement étendu sur le défaut le plus grave de la mémoire d’identification : l’impossibilité de reconnaître, d'identilier : il nous faut dire un mol d'un défaut moins grave quoique inliniment jiliis répandu : l'impossibilité île situer avec exactitude dans la cliaîne des événements ]iassés tel souvenir (jiic nous reconnaissons.

Localiser dans le tenqis, c’est à-dire déterminer à quel moment du passé un souvenir est a|i]iarn pour la [iremière fois, c’est primo déterminer apjmixima-

I. t)’’ Iv ItAiiN. (tans Arhciten nus der psxchintrtschon hlinil, iii Hn-slaii. a’’ catiior. p. 107.

IDENTIFlC\TTO\ ET EOCAT.TS \TTO^

tivement si cet événement est peu ou très éloigné du moment présent ; c’est secundo le placer exactement entre des souvenirs plus anciens et d’autres moins anciens qui l’encadrent.

La première de ces opérations suppose une certaine notion du temps. Mais la notion que nous avons du temps est fort vague. Deux durées objectivement égales semblent très dilTérentes selon les circonstances. On peut afllirmer qu’une centaine de sujets âgés chacun de cinquante ans, par exemple, ont Ions une idée subjective dilférente de la longueur de leur existence passée, les circonstances pour chacun d’eux ayant été différentes. Malheureusement nous ne connaissons pas les lois suivant lesquelles nous allongeons ou raccourcissons le passé.

11 semble que pbis un temps donné a été renqDÜ par des événements qui ont fortement agi sur notre attention, plus ce temps paraît long. Ceci résulte de notre façon habituelle d’estimer le tenq)s : nous nous aidons de points de repère; ce sont naturellement les grands événements de notre vie, les faits saillants, mais ces faits saillants sont j)lus nondjroux à certaines périodes; de là une tendance natnrellc à allonger ces [)ériodcs au détrimeni des autres. Si nous venons de passer en une .semaine par une suite d’événements extraordinaires, cette semaine nous semblera |)lns longue f[uc les antres. Par contre quand un certain teirq)s s’écoule sans être manpjé [)ar aucun événement intéressant, quand les stimulations sont faibles, grises et monotones, le tenq)S nous paraît interminable.

Pour localiser exactement dans le temps une son-

T,A MICMOTRF.

salion-sonvonir, il no sniïîrait même ])as de pouvoir reconstruire une chaîne d’événements conscients rattachant CO souvenir à l’état présent, car chacun des anneaux mêmes de cette chaîne est dél’ormé, allongé ou raccourci ])onr des causes diverses.

D’ailleurs, il est extrêmement rare que pour un souvenir lant soil peu distant du présent, nous puissions construire une chaîne de ce genre. Presque toujours, pour ne pas dire toujours, nous localisons un souvenir dans le temps en le plaçant avant ou après certains points de repère.

Les observations et les expérimentations sur la localisation dans le temps sont rares. Al. Sollier ' cite une amnésique « ])Our qui le tenqis actuel ]iaraît très long, tandis qu’elle raccourcit le temps passé n.

Ce raccourcissement est de rèsrle constante: d'une

manière générale nous raccourcissons le temps écoulé, plus ou moins d’a])rès le nombre et l'importance des événements qui l’ont renqdi. SaurjHUir des fractions de temps très petites, quand il faut rejiroduire des intervalles, nous les diminuons. A ierorut a mesuré celle déformation au moyen tin méironome. Le sujet |)i'ié de rép('ler les hallemenis du méironome allonge les inler\alles lorscpi'ils sont très C(nirts (quelques fraelions de second(') el racciniivil les intervalles (piand l('s hallenuMils .sont moins rapides.

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