M. ItmiiinoN. OjK cH., ji
2. Paru itaivs tôt ('. R. de la Société de hiol., 22 février I 8()(i.
r U A V A L X E \ I ' É lU M E .M A L X
6) On écrit le mot dans le sens horizontal ordinaire, de gauche à droite mais en séparant les syllabes.
c) Le test est le même que le précédent sauf (pie les syllabes elles-mêmes sont décomposées en lettres, le mot entier apparaît comme une suite de lettres séparées.
(/) On présente au malade successivement toutes les lettres qui composent le mot, le malade doit luimême composer le mot.
Les auteurs se sont servis des quatre sortes de tests : opérant d’abord sur des sujets normaux, puis sur 17 malades du service de M. Dejeiuxe, à la Salpêtrière.
Les sujets normaux parviennent, dans tous les cas, à reconnaître les mots présentés quelle que soit la forme sous la({uelle ils ap[>araissent.
Les malades atteints d’ajdiasic n’arrivent point aux mêmes résultats : voici les conclusions des auteurs : « 1“ Les troubles de la lecture qui sont, |)our ainsi dire, constants chez les apbasiipics moteurs corticaux, disjiaraisscnt lentement, mais laissent encore, à une époque très reculée des traces qu’il est possible de mettre en lumière, y” L’aj)basi([uc moteur cortical qui recommence à lire recouvre successivement : <i) le dessin du mot ; /i) l’association des syllabes qui forment le mot ; c) l’association des lettres ipii loi-rnent la syllabe ou le mot. Ils récu|)èrcnt en un mot la lecture dans un ordre cbronologi([uc absolument inverse de celui suivant lcf[uel l’enfant apprend à lire ».
Une expérience {>lus intéressante encore est la suivante :
Un montre à un sujet un objet usuel, vêtement, meuble, [lartie du corps, dont le nom comjirend plu-
I,A MKMOinE
sieurs syllalies. Tout en lui montrant le test, on prononce une des syllabes qui entrent dans le nom de l’objet présenté ; lantùl la première, tantôt la dernière, tantôt une syllal)c intermédiaire.
Le sujet au moment où il entend prononcer la syllabe doit faire signe qu'il la reconnaît. Cette expérience laite sur un sujet normal donne toujours les mêmes résultats : le sujet reconnaît loitles les syllabes sans aucune hésitation.
\u contraire les sept a[)basiques moteurs, ne parlant pas ou ne prononçajit que cpielques mots, sounus ])ar les auteurs aux épremes décrites, donnent des l'ésultats dillérents. Tous ces malades reconnaissent généralement la picmière syllabe, /un/u/.s' la dernièie syllabe ou la syllabe intermédiaire. Ce fait prou\c, disent les auteurs, (|ue le malade n’éxoquait |)as l’image auditive du nom de robjel. sinon il eût reconnu la dernière syllabe ou la syllabe intermédiaire. Dans le cas où la |)remière syllabe a été reconnue, il faut admettre (|u'à elle seule elle peut évoquer rimage auditive veibale.
Ces e.\péi i('iices montient (|ue, comme je le disais pins liant, il ne s'agdt pas dans b's agnosies d'une al ti'ration d(' la nH'innin' de recolmai^sance |U'opre ment dite; on ne reconnaît pas parce <pie la mémoire de repiddnction est li'séc' ; le gi'onpe de> images associéi's ipi é\o(pi(> la Mie d'un obji'l ne peut reparaître ; oi-, c'est Cl' groujte qui est la base de notre connaissanci' di's objets ; nous ne connai>Mins l't ne recomiaissons uni' cliosi' ipii' (|iiand nous xoxons ou re- Miyniis ('Il même temps ses rapports de ressemblance un de di''M'iiiblane(' avec une foule d'autro.
T II VV A L X E X P E lU \1 E X T A ü X
Dans leur étude parue en iSpti' MM. Thomas et IloEx reA iennent sur les résultats îles e.xpériences précédentes, les complètent et présentent, quelques observations nouvelles sur les troubles de l’écriture ipii se révèlent chez les apbasi{|ucs moteurs du service de M. Dejerixe.
L’alexie des aphasiques moteurs corticaux présente certains caractères particuliers, elle est rarement tout à fait complète ; ra[)basi(pie reconnaît le [ilns souvent son nom, et son [iréiiom, le nom de ses eul'anls, le nom des objets les jilus usuels.
Le nombre de ces mots usuels varie beaucoup d’un malade à l'autre ; chez ipielques uns il est si considérable qu'on croirait au premiei’ abord que la lecture mentale est iiarl'aite. « l ne malade ipie nous avons observée peut ainsi, en lisant la phqiart des mois, et en d(“vinant le reste, conqueiidre un lait diveis du journal, à peu piès commi; nous comprenons le sens d'une [ibrasc dans une langue ([ni nous est [leu familière, lorsipie nonsavons conqn isdenx ou trois mots ». « (Jn [leiit, (In reste, vérilier (pie c’est bien par ce [irocédé ipie notn* malade semblait comprendri^ une pbrase (jii’on lui donnait à liri^ dans nu journal, car, si on lui montrait ensuite les mots les moins usuels appartenant à cette jibrase, elle ne poinait en coin [ireruli-e le sens; on jionvait aussi remarijiier, par un (juestionnaire attentif, (pie certains détails avaient échappé complètement ».
. 1 . Essai sur la patliogi'nii; des lroul)les de la Iccliiro et de
l’ccrilurc des a[)liasi(jiies inolciirs corticaux. G. /!■ de In Saciclé de bioL., i8()(i, p. aïo-aid, piddii; ni extenso dans V Année psychologiijuc, 3'' année, l'aris, i8(j7.
B1EKV1.1ET. iij
LA AIEMOTUE
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Voilà les caractères de l’alexie chez l'aphasique moteur eu voie de guérisou : les mots usuels sout recouuus ; dans le cas de cécité verbale l'alexie s'étend à tous les mois usuels ou non : le malade ne comprend absolument aucun mol sauf son propre nom : et encore pas ton jours.
Les sujets examinés |>ar MM. Thomas et Rovx étaient des aphasiques moteurs reconnaissant les mots usuels seulement.
Comme il a été dit plus haut, on présente à ces sujets le mot pain écrit, par exemple en mettant les lettres les nues sous les antres, et à une distance assez considérable les unes des autres : on s'est assuré d’abord que le sujet peut lire les lettres de l'alphabcl. Les sujets montrent de deux façons qu'ils reconnaissent les caractères : les uns. qui jieuvent déjà prononcer, les nomment ; les autres, plus profondément atteints, retrouvent dans un jeu de cubes al]ibabéliques les lettres qu’on leur présente.
ür, d’une façon constante, les malades, bien qu'ils reconnaissent tontes les lettres du mot ainsi écrit, ne peuvent arriver à le com|irendre.
Ces résultats ont été exjiosés dans la communication résumée |)lus haut. Mais voici qui est inniveau ; pour rendre l'expérience, plus probante, on nomme à haute' voix les lettres du iinet ainsi écrit : on répète plusieurs fois ci's lettres, une à une jus(|u'à ce epie !(' malade' le's ail bien lixés daeis la méenoier ; eeie'ene .elors !(' enol le'e'st pas compeis. Ibeei plees. certains leealaelc's. persepee' geiéris de leue- aphasie', erpèteeel, apeès l'e'xpée ieiee'nlate'eee'. toeeles les lellees. eiiu' à eeeie: eela luèieie eee' le'eer l'edlit p;es jeoeee' coeeepe'e'eidec le' eeeol.
TKAVAl'X EXrKRIAIENTAUX
El pourtant, si on rap])i'ochc les lettres de façon à présenter le mol tel qu’il apparaît d’ordinaire, le sujet le reconnaît et le coiu])rend, et s’il ne |)eul parler indique par gestes qu’il a conq)ris.
Ue ces expériences, il faut tirer deux conclusions :
L’aphasique lit les mots usuels, mais seulement sous leur forme ordinaire; il les comprend comme il comprendrait un dessin.
L’aphasique est incapable de lire les mots usuels sous une forme à laquelle il n’esl pas inaccoutumé, parce que chez lui le mécanisme de l’épellation est altéré.
Ici, je cite textuellement :
« En ellet, tout individu normal, lorsqu’il a nommé les lettres qui forment une syllabe, prononce mécanicpiemenl, pour ainsi dire, la syllabe cju’elles forment. L’épellation est devenue quelque chose de s[)ontané et d’aulomalitpie. C’est un mécanisme qui a été créé à Idrce de répétitions et d’exercices dans le ceneau |)lasli(pie de l'enfant et qui lui servira plus lard de clef pour lire tous les mots.
« .\[)rès [)lusieurs années d’habitude, certains mots peuvent bien prendre une physionomie sj)éciale et être reconnus ])ar leur aspect, ce sont les mots lus le ])lus .souvent, les plus usuels; mais pour la majorité des mots, il l’aiit encore recourir à l’épellation.
« Or, l’épellation est un mécanisme essentiellement moteur; épeler, c’est réunir les dilférentes lettres d’une syllabe, dafis un son unicpie, ])ar une seule articulation; l<‘ son h et le son a ne l'ont ha que [)arce que nous le prononçons ainsi ; l’épellation n’est en somme qu’une suite d’associations motrices et auditivo-uiotrices.
« On comprend donc comment, clioz l'apliasique molenr, l’altération des images verbales motrices et de leurs associations avec les images auditives pourra retentir sur les phénomènes psychiques qui en dérivent directement.
« l^a lecture des mots usuels est conservée parce que ces mots sont liés comme un dessin. Les mots non usuels ne sont pas lus, parce que leur forme générale n’étant pas sullisamment connue pour constituer un dessin familier, ils doivent, pour être compris, être épelés et prononcés mentalement. »
Cette explication théorique a été conlirmée par rexpérimentalion. Les auteurs ont montré les mots écrits verticalement à quatre sujets aphasiques presque guéris et (jui pouvaienl déjà épeler : or. tous les quatre ont reconnu et compris les tests.
lju cinquième sujet, atteint d'aphasie motrice souscorticale, lisait et comprenait également les mots présentés lettre par l('ttre. ]iarce tpie l'épellation mentale était tleuu'uréo intacte. Lutin, les auteurs se sont demandé si l'altérai ion de l é|iellation ne jiourrail ex|)li(pier les troubles de l'écriture chez les apha siipu's moti'urs.
Il exist(', d'apiès M. De.iirim:. deux xariétes d'aphasies: dans la ])remière forme le malade est incapal)l(' de t lacer aucimc' lettre: dans la deuxième \ariété. !(' maladi' peut tonner les lettres, mais ne peut les disposeï' dans l'ordre requis pour former les mots.
lies auteurs ne s'occupent (pie de cette deuxième loruH' d'agraphie; axant examiné trois sujets atteints de c('tt(' sorti' d'agra|)hie. ils ont constaté ipie ces malades étaient (diso/iimeni ineapiddes d épeler.
T RA Y A r \ E X PK RI M EiN T A I X
Si on prie ces siijcis (récrire des mois qu'on leur dicte, il leur est loiil à l'ail impossible de le faire ; cependant ils écrivent sons dictée toutes les lettres dont le mot est compose.
Et voici la conclusion de cet excellent travail :
« En résumé, les recherches (pie nous avons faites sur les troubles de la lecture et de récriture chez les aphasi([ues moteurs corticaux tendent à démontrer que ces troubles rek'nenl directement d’une altération, le plus souvent de la sup[>ression, de réjicllalion mentale. Celle-ci, d’autre part, n’est que la conséquence des modilications survenues dans les associations des images auditives et des images motrices. » Les auteurs admettent que celle [iseiido-alléralion de la mémoire de reconnaissance u’est (pic le résultat d’une maladie, curable d’ailleurs, des mémoires de fixation cl de rcjmxluclion.
Nous lerminons cet a[)crçii sur les recherches expérimentales en résumant le premier travail de laboratoire qui ail été entre|iris sur la localisation des souvenirs dans le passé.
M. V ASciiiDE a étudié le iiu'canisme de la localisation dans la mémoire immédiate des mots'.
L’auteur, apri’s mic iiilrodiiclioii relativement éteii duc, mais bien docmuenlée, conclut (pie jiisipi’à ce
I. M. N. V AsciiiDi;. Sur la localisation d(!s souvenirs. I,a localisation (tans les c.xpcricnccs sur la mémoire inimédiate des mots, dans Année psychol. Paris, itt(j7.