‹ La mémoireChapitre 17 sur 148 · I.K SIÈGE DE I.A MÉMOIUE · texte numérisé non relu

I.K SIÈGE DE I.A MÉMOIUE

M. Mikallié a expérimenté au moyen de caractères typographiques sur dix sujets, malades du service de M. Dejeiuxe à la Salpêtrière; les tesls employés sont des cubes portant chacun une leltre de l’alphabet. 11 faut, eu les alignant dans un ordre voulu, construire des mots, l’our com[)rendre les conclusions de ce travail, il convient avani (ont d’observer qu’un aphasique on un agra[)bique dhso/a est rare. On peut être aphasique moteur et [)arler, agrapbi([ue et écrire. Seulement, dans le premier cas le nombre de mots que l’on |)eut prononcer est devenu extrêmement restreint et dans le second cas, le malade ne [)eut pins écrire (pie son nom, tracer sa signature ; les agra[)hirpies perdent le sonvenir des syllabes avant celui des lettres ; et cela pom- une raison très simple, c’est (pie, dans la |)iati(pie, les enfants a[)prennent leurs lettres avant tle s’essayer à former des syllabes et des mots, .\ussi M. .Iavai. a t-il jiro- [)osé ({lie dans les écoles on commeiK^àt par ajiprendrc aux enfants les mots tout formés, et plus tard seulement les syllabes isolées. Cett(‘ fa(;on d'enseigner l’écriture est déjà entrée dans la prati(pie ; il est jirobable ([ne (piand elle sera devenue générale, les cliniciens constateront la fré(|uence prédominante de la cécité littérale, alors que de nos jours c’est la cécité verbale cpii est la [ilus répandue.

Pour en revenir aux agraphi(|ucs sur l(;s(piels M. Muivr.i.iÉ a fait ses expériences, ra[)p(,'loiis (pic ces sujets ont perdu le souvenir de la plupart des mou vements scri[)teiirs, mais sont n('■anmoius à même d’i'îcrire ([ucl([ue peu. ür, eu donnant à ces sujets des cubes alphabétirpies pour former les mots, \1 . \li-

LA MEMOIHE

RALLIÉ arrive aux résultats suivants: les sujets absolument agraphiques, incapables de ressusciter aucun mouvement graphique, sont tout à fait incapables de former des mots au moyen des tests mis à leur disposition. Les agraphiques moins profondément atteints, qui peuvent encore tracer certains mots et reconnaître certains caractères, peuvent le faire aveu les cubes exactement aussi bien qu'avec les muscles scripteurs ; enlin lorsque l’état du malade s'améliore, les progrès sont absolument les mêmes pour l’écriture ordinaire et pour la composition typographique.

Les conclusions qui se dégagent de ce travail sont bien nettes : les agraphiques examinés n’écrivent pas parce qu’ils ne connaissent plus les caractères: parce cpi’il y a cécité verbale; si cette dernière est complète l’agrapliie l’est également; si elle est plus ou moins intense, l’agraphie l’est au même degré, si elle disparaît graduellement, l’agraphie s’atténue de même.

ünvoit condiien compliquée devient la question de la localisationdes souvenirs ; l’association entre lescen- Ires, cl le contre-cou P des lésions de l’un su ries fonctions de l’an Ire empêchent de voir le rôle propre de chacun d’eux ; somme toute les souvenirs du langage sont localisés dans une zone qui s’étend autour de la scissure de SyKius. elle com|)rend trois sous-cenires associés ; en avant dans le pied de la troisième frontale gauche siègent les souvenirs des momements d'arlicnlalion ; les images \isuelles des lettres et des mots sont logéi's dans la région du pli courbe, elles souvenirs des sons du langage dans le centre de ermckk (pn'inièie lenqiorale) tous, bien entendu du cùlé gauche chez les droitiers et du côté droit chez, les

gauchers. Cette zone où se fixent les souvenirs des mots est préciséiuenl située au confluent des trois grandes zones motrice, visuelle ctauditive et chaque centre spécial du langage est en coninuinication avec ces territoires adjacents : la lésion de libres ([ui les unissent auxeontinents moteur, visuel, auditif’ détermine les cas de cécité verbale, surdité verbale [uires ou d’aphasie motrice pure'.

Et comme si tout cela n’était pas encore assez compliqué, voici cpie des observations nombreuses et concordantes semblent démontrer un dédoublement pinson moins complet de chacun des centres du langage. Un aphasique n’est pas nécessairement un amusique, il paraît en tous cas ne jamais l’étre, an même degré. Dans la plupart des descriptions d’aphasies motrices ou sensoi ielles, on observe que le malade chante mieux (pi’il ne parle, entend les sons chantés mieux ipie les mots et reconnaît encore les notes quand la cécité verbale est bien établie. Je note deux ou trois observations : un malade du service de -M. Albert Hoitix atteint de surdité verbale incom- [ilète, mais de cécité verbale absolue et d’agrapbie totale, parapbasiipie à un degré extrêmement mar qué, cbante la Marseillaise presipie correctement, « l’air est bien conservé, exact et leconnaissable >i.

« Il existe donc une giande dillérence, entre la prononciation des mots dans la paiole .sjiontanée et dans l’acte du chant. Ici les mots sont presipie tons reconnaissables. »

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