‹ La mémoireChapitre 22 sur 148 · I. Trocsseau. Cliiiifjup médicale de l' Hôtel- Dieu, p · texte numérisé non relu

I. Trocsseau. Cliiiifjup médicale de l' Hôtel- Dieu, p

j’écris une scène, j’entends, et vous voyez. A chaque phrase que j’écris, la voix du personnage qui parle frappe mon oreille. Les intonations diverses des acteurs résonnent sous ma plume, à mesure que les paroles apparaissent sur mon papier. 4 ous qui êtes le théâtre même, vos acteurs marchent, s'atritenl sous vos yeux. Je suis auditeur, vous êtes spectateur. » — « Rien de plus juste, dit Scribe. Savez-vous où je suis quand j’écris une pièce? Au milieu du parterre '. »

De même que la vue et l’ouïe, les autres sens ont leur mémoire propre, plus ou moins développée. Nous gardons le souvenir de sensations gustatives, olfactives et tactiles que nous avons éprouvées, nous pouvons, ])lus ou moins bien, les décrire, et nous connaissons généralement une sensation éprouvée bien longtemps auparavant. « La mémoire, comme dit CoNDiLLAC, n’est que la sensation transformée'. » La satiété produite par l’usage fréquemment réjiété de certains mots est un elTel de la mémoire du sens du goùtL »

Des observations cliniques conlirment les jirécédentes.

« J’ai vu, dit M. Ixu.i. *, à l'asile de Rlois. un imbécile qui connaissait par cœur 1a biographie de tous les évêcpies et archevêcpies de brance. 11 suHisait de prononcer devant lui le nom d'un prélat ]iour qu'im-

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