‹ La mémoireChapitre 47 sur 148 · Oj). cil., p. G · texte numérisé non relu

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Les crétins, les demi-crétins et les crétineux présentent an point de vue de la mémoire les mêmes caractères à peu près que les idiots et les imbéciles ; la mémoire des faits et la mémoire affective subsistent. Parfois il existe une espèce de mémoire très développée. « En résumé, dit M. Rouillard, chez les idiots, les imbéciles, les crétins, les demi-crétins, les crétineux, l’amnésie est bien nettement congénitale. Une portion de la mémoire, une mémoire pour mieux dire, est souvent susceptible d’un grand développement. Mais les autres restent dans le néant. L'amnésie n’est alors que partielle.

L’amnésie congénitale est la plus importante des altérations de la mémoire de fixation; la fixation est impossible parce que le centre où devrait se former l’image fait défaut, ou, ce centre existe, mais les organes qui devraient l’éveiller sont eux-mêmes altérés au point de ne pouvoir agir.

L’amnésie de fixation résulte encore de la destruction des centres ou des tissus contenant déjà l'empreinte des images et modifications conscientes qui les ont traversés. Toutes les amnésies qui ont pour cause la destruction des tissus sont nécessairement incurables. Quand je dis nécessairement incurables, il s’agit de s’entendre; un malade chez lequel une lésion destructrice des centres du langage aurait produit la mutité, pourra dans certaines conditions réajiprendre à parler, en utilisant des zones é|iargnées, (|iii jusqu’ici ne servaient pas; en formant de nouveaux rentres; mais c’est là une acquisition nouvelle.

Si, ce qui arrive parfois dans le cours des rééducations de ce genre, le sujet retrouve un jour brus-

l’intensité de la mémoire de fixation io5

quement l’usage de ses souvenirs anciens, c’est que les centres impressionnés d’abord n’étaient en réalité pas détruits, mais mis, pour une raison quelconque dans l’impossibilité d’agir. A part l’amnésie congénitale, je ne considère comme une véritable amnésie de la mémoire de fixation que celle-là seulement qui résulte de la destruction des tissus où les traces demeuraient fixées.

Certaines amnésies de reproduction peuvent simuler l’amnésie de fixation ; c’est le cas pour toutes les amnésies rétrogrades qui sont curables. Le malade apres une ebute — je ne veux pas rappeler les très nombreux exemples d’amnésie par traumatisme qui sont cités partout — perd les souvenirs d’une partie de sa vie quia précédé l’accident; celte période perdue pour la mémoire est plus ou moins étendue, l’amnésie dure plus ou moins longtemps; pendant tout ce temps le malade semble avoir perdu la trace des images accumulées dans ses centres, mais lentement ou brusquement, et [iresque toujours graduellement, suivant une loi uniforme, la loi de régression, les souvenirs oubliés reviennent, ils n’étaient pas détruits, mais simplement masqués.

Enfin, il existe une troisième es[)èce d’amnésie de fixation; nous avons vu (pie dans l’amnésie congénitale on peut distinguer deux formes : i° altération ou absence des centres dans lesipiels devraient se lixei' les souvenirs; oP intégrité de ces centres, mais itu’apacilé d’y amener les impressions. De même dans l’amnésie de fixation qui se produit après la naissance, il y a deux formes : i" deslrnctinn des centres; 2” incapacité de fixer des impressions cl cette incapa-

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cité résulte ou bien d’une cause anatomique chez le sujet atteint cà un moment de sa vie d’une lésion sensorielle incurable rendant impossible désormais l'acquisition d’images correspondantes, ou bien d'une cause physiologique ou psychologique : anémie, incapacité de fixer l’attention, c’est le cas dans les amnésies antérogrades. Encore faut-il distinguer ici deux cas nettement différents : le malade retrouve plus tard le souvenir des événements qui se sont passés après l’accident, dans ce cas il n’y a pas eu d'amnésie de fixation; ou bien il ne retrouve plus jamais ces souvenirs, alors seulement existe une amnésie de fixation véritable. Fréquemment le souvenir des faits postérieurs à l’accident et qui avaient été momentanément oubliés, reviennent après; la mémoire de l'accident et des circonstances dans lesquelles il s'est produit peut même revenir; seulement ce dernier cas est excessivement rare'. Cette amnésie antéroîjradc est donc tantôt une amnésie de reproduction, tantôt une amnésie de fixation; dans ce dernier cas. une portion de la vie consciente du sujet disparaît à jamais.

L’amnésie de fixation jiroduitc ]iar traumatisme ])liysiqiic ou moral existe très souvent pour la commotion même et les circonstances concomitantes, qnebpiefois pour une partie des événements, qui ont sni\i. « ôl. 1 1 .... étudiant en droit, d'nn caractère emporté, n'ayant jias commis d'excès, pas alcooli(]ne, pas épil('|)t iipii', voit l'ii iSfi'i. dans nn bal public, sa l'ennui' insultée |iar nn quidam. Il se met dans une violente colère et donne une xiironrense aille à fin-

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