‹ La mémoireChapitre 48 sur 148 · I. M. ItoUILLAUÜ. Op. cit., ]1. ■jS · texte numérisé non relu

I. M. ItoUILLAUÜ. Op. cit., ]1. ■jS

l’intensité de la mémoire de fixation 107

sulteur. Il est porté au dehors par la garde municipale, malgré sa résistance, et déposé au [)ied de la statue du maréchal Ney. 11 rentre chez lui, rue Saiiit- Étienne-du-Mont. C’est là seulement dans sa chandire cpie la conscience lui revient. Il se rappelle la scène du bal, jusqu’à la gifle, mais ne se souvient de rien à partir de ce moment, et se demande comment il est rentré chez lui? 11 apprit le lendemain les détails des événements, mais il n’en a jamais retrouvé le souvenir'. » \ oilà un cas franc d’amnésie antérograde de lixation. M. Toulouse a recueilli un cas d’amnésie antérograde et rétrograde en même temps^ Il s’agit d’une malade Agée de 5y ans; à 5o ans elle a subi une violente commotion morale produite par l’effroi que suscita un incendie; depuis lors sa mémoire est singulièrement altérée, elle ignore où elle fcSt née, quel Age elle a, elle a oublié ses parents ; chose bizarre, les seuls souvenirs demeurés sont les connaissances acquises à l’école; enfin, voici ce (pii nous intéresse, elle oublie ses actes, (pieùpies instants après les avoir accomjilis, ne peut plus retrouver son lit, ne retient rien de ce (|u’on lui dit, et cependant elle fait elfort pour retenir, fist ce (pi’ici nous aurions allàire à un sujet, comme le malade de Flechsig, (pii retenait les sons |)endant (piebpies instants seulement parce (pie le centre auditif de projection était isolé des centres d’association? Cette malade

1. M. llouiM-AiiD. Ojj. cil., p. 85. J’ai souligné la (leinK-re ptirase.

2. .M. Toulouse. Amncjsic r(Hro aiilérogra<lc à l^pc coiilinii et progressif [lar ctioc moral, clans Archives de neurologie, XWIII, p. 1O7, i8(j',.

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aurait alors une amnésie de fixation des centres d'association seulement? Je pose simplement la question.

Les travaux expérimentaux entrepris dans le but de déterminer les conditions qui influent sur la puissance de la mémoire de fixation présentent un intérêt pratique autant que théorique. Il faut les diviser en deux groupes : dans le premier se placent toutes les recherches relatives aux conditions naturelles surtout anatomiques qui l'ont varier l’intensité de la mémoire: l’àge, la race, elc., dans le second ceux qui étudient les conditions requises pour que les souvenirs se fixent le ])lus [)rorondémcnt chez tous les hommes : sous (juclle l'orme est-il préférable de présenter les images: à l’œil, à l’oreille, aux muscles? Chez les types ordinaires la mémoire est-elle plutôt visuelle ou plutôt auditive et pour quels objets? Quel secours apportent à la mémoire les contractions muscidaires? Quelle importance la mémoire des mots et celle des phrases a-t-elle par ra|)|)ort aux autres mémoires? Comment ohtient-on le, maximum d'elTet ? ^ oilà autant de (piestions ipii ont été étudiées. ^ oyons les réponses :

La plupart des travaux que nous allons analyser s’occupent encore des mémoires typiques, mais à un point de \ ne général ; on ne s'elVorce |>lus ifanalvser des cas exliaoi'dinaires, mais la mémoire de tout le monde, non |)lns la mémoire \ isiu'lle ou au(liti^e chez un x isnel nu nn andilif, mais chez les sujets non caractéristi (pies, aussi la plupart des recherches dont nousaxons à parli'r ont ('lies été faites sur des groujies nombreux (!(' sujets : ce sont des expériences collectives.

On |ient grouper en (fi'ux cat('gories les traxaux de lal)oraloir(' relatifs à finlensité de la faculté rétentive.

l'intensiiiÎ dé la mémoire Oe Fixation 109

Les premiers s’efforcent de mesurer la puissance de la mémoire en général, ou des diverses mémoires particulières, mais chez des sujets non typiques; les seconds s’occupent de découvrir les causes qui augmentent l’intensité de la mémoire.

Dans la première catégorie, voici un essai de M. Stetson ‘ expérimentant sur mille enfants des écoles de ashington, l’auteur a voulu savoir si les blancs et les nègres ont une mémoire également puissante. Le test choisi est une pièce de vers récitée devant les enfants et que ceux-ci doivent reproduire par écrit immédiatement après. C’est, on le voit, la mesure de la mémoire faite sur une seule espèce de souvenirs. Les mille sujets n’ont pas tous le même âge; les blancs ont en moyenne onze ans, les noirs douze ans et demi. Pour apprécier les léponscs, l’auteur les classe en quatre catégories : hicn, assez bien, passable, médiocre, et attribue à chacune cle ces catégories les valeurs suivantes; 100, 70, 5o, Puis additionnant les cbiflres obtenus jiar l’ensemble des blancs et l’ensemble des noirs et, prenant la moyenne, il aboutit à ce résultat rpie la moyenne pour les noirs est 08,27 |)Our les blancs 58,09.

Ces chiffres, étant donnée la façon dont a procédé l’auteur, n’ont pas de signilication |)iécise.

\l. UoL'KDOx a étudié la puissance de la mémoire immédiate chez les enfants^.

Le nombre des sujets examinés eslim peu supérieur

1. Somc Memory lest of Wliites tiiifl Blacks. Psych. rev., IV, .3 mai 1897.

2. M. Boi kdo^. Inniieiicc de l'àgc sur la mémoire immerlialc. UevLic jdiilosopliifjiie, 189.C

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à cenL. Leur âge varie de huit à vingt ans. L'auteur s’est proposé de déblayer le terrain, de donner une vue d’ensemble suffisamment exacte de la mémoire immédiate aux diverses périodes de l’adolescence.

Les tests employés sont simples, ce sont des chiffres, des letti’es, des monosyllabes, des disyllabes et des trisyllabes.

Parmi les lettres, on a omis l’y parce qu’il est disyllabique; les mots disyllabes et trisvllabes étaient des termes usuels, substantifs, adjectifs ou verbes.

L’auteur a autant que possible écarté l’influence du rythme; lui-même prononçait d’une façon monotone; il invitait les sujets à répondre sans grouper, ni rvtbmer ; les réponses rythmées ont été laissées de côté dans les calculs. Par contre toute liberté a été laissée aux sujets sur deux points importants : i° remuer les lèvres ou les tenir immobiles, c’est-à-dire articuler ou ne pas articuler pendant qu'ils écoutaient ; 2” répéter avec la vitesse qu’ils préféraient.

M. Bouruon n'a pas enregistré le temps que prenait l’énoncé des tests : il s’est elTorcé de parler toujours avec la même vitesse, la même hauteur cl la môme nclteté. Néanmoins, au moven d'une bonne montre marchant et s’orientant par jM'ession et indiquant les cinquièmes de seconde: j ai trouvé, dit l'au- i

leur, que je prononçais (i ebi lires en d secondes 6 1

environ, et 7 en !\ secondes et 4, <-M que l'écart maximum d’une journée à l'aulre avait été jiour les séries de 6 cbill’res en moyenne de 07 centièmes de seconde et |)our celles ilc 7 cbifl’res de 3u centièmes'.

. M. 15o I hDux. .\rticle cilû. /l’m/e /du'/., août lôo.

L IME.NSITE DE I„V AIEMÜIKE DE E1XAT10>

En conliùlaiil au inétiünunie, M. Büludu.n s’esL aperçu que sa vitesse ordinaire de prononciation correspondait à réiioncé de loo chill'res on lettres par minute. Après avoir constaté chez deiix sujets (pi’nnc vitesse un peu plus grande, 1 20 lettres ou chill'res prononces en une minute, n’avait qu’un très léger avantage, il croit qu’on agirait utilement en rendant la vitesse unil’orme et contrôlée j)ar le métronome; toute lois ce dis[)Ositif pourrait troubler les très jeunes gens.

Les observations n’ont [)as été laites charpie jour à la même heuie ; l’auteur s’est cc|)endant ell'orcé de rendre les conditions aussi comparables rpie possible.

« Les tantes ordinaires commises l'ürinent deux grmi[)cs principaux : les l'autes ]iar omission et les iautes d'ordre.

11 est incontestable que la mémoire de l’ordre se distingue de la mémoire des phénomènes isolés, ])uisque les l'autes d’ordre coïncident souvent avec une répétition correcte des cbillres, des lettres, etc. de la série considérée '. »

\ oici résumés en tableaux les résultats obtenus ; le ])remier cbiUrc après l’indication de la série donne le pour cent des réponses correctes.

cm FEUES

5 cliitïrcs, f)'i r[)restjue pas itc faiilc.s), ilu 8 à 1 .1 ans.

(i — -2-A (1 sur à 8 ans.

(5 — (iri (l! sur 3), (le y à ;!o ans.

7 — i5 (i sur -J), il« y à ri ans.

7 — 37 (3 sur 8), «If 13 à 30 ans.

8 — 20 (i sur 5), <lc 13 à 30 ans.

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