L.V MlhlOIRE
la formation des psychologues expérimentateurs soit relativement difficile ; que le mouvement de recherches pénible et laborieux se ressente encore des tâtonnements du début ; il n’en existe pas moins, à 1 heure actuelle, quelques travaux infiniment intéressants, donnant mieux que des espérances ; des résultats. Tout fait espérer que la transformation si profonde introduite par l’application de la méthode expérimentale aux problèmespsychicpies, produiraici comme ailleurs, et, notamment en physiologie, une transformation radicale de la science de l’esprit.
Tous les êtres, organiques et inorganiques, ont une certaine mémoire. Nous verrons que c'est là une faculté fondamentale, qui, dans sa forme inférieure du moins, existe partout. Dans cette faculté nous distinguons trois éléments. On retient, on reproduit, on reconnaît.
Pour se souvenir d’un fait passé, d'une représentation, d’une émotion, d’un mouvement, il faut l’avoir gardé en soi, sous une forme quelconque ; il faut pouvoir le raviver, le rappeler, l’éveiller : il fliut enfin, quand il se reproduit, pouvoir le distinguer des faits actuels, des représentations et des émotions nouvelles, des mouvements que l’on acconqdit pour la première fois ; il Dut même, parmi plusieurs souvenirs ravivés, ])oiivoir distinguer leplusancien du jdus récent, localiser dans le temps les souvenirs réaiiparus.
Nous di\iscrons, naturellement , notre étude en trois parties, traitant chacune d’une des formes essentielles de la mémoire.
Dans la première. ])ai-tie nous examinerons les travaux récents (|ui ont eu pour <d)jet le pouvoir de
I,A AlÉMOTnE
retenir, de fixer les souvenirs ; une deuxième partie rappellera les travaux consacrés à la reproduction, c’est-à-dire à l’association des images, des émotions et des idées ; à la nature du lien qui les unit si intimement, que lorsque l’une d’entre elles est invoquée, par stimulation directe, tout le groiqie ou toute la série des autres réapparaît spontanément. La mémoire d’identification ou de reconnaissance et la localisation dans le passé, font l’objet des études que j’analyserai dans la troisième partie. Enfin, dans la conclusion je présenterai quelques considérations sur la méthode.
l'UEMlÈUE PAHTIE
COMMEiST NOUS RETENONS. LA MEMOIRE