‹ La mémoireChapitre 9 sur 148 · DE FIXATION · texte numérisé non relu

DE FIXATION

La mémoire de (ixalion est univer-^elle. Tous le? êtres retiennent. C’est un axiome que la ([uantité de mouvement répandue dans l'Lnivcrs est Invariable et constante. Le mouvement passe on se modifiant à travers tous les corps ; toute modilicRlion quelconque d’un être est un mouvement. Or. qui dit mouvement dit déplacement du corps entier, de ses particules, de ses molécules ou de ses atomes. Tout corps est à chaque instant modifié parmi oiules momements cpii le traversent, mais après leur passaire ce corps n'est plus le même (pi’avant . Si l'on ellleure ai ec une plume la surlace d'une eau tranijuille ' ; si on laisse tomber un j^rain de lilé de la table sur le sol ; l'eau dans le preiniei' cas, 1 air dans le second ne sont jilus aju'ès le

I. .1 om|iriinle ce lermc M. Uirm;T qui l'a rin]>lové le premier.

a. K\om])lc lie M. Di i.ikkuk, 1 liéoric de la sensitiiliK', ]). lut. cilé par M. Uiiioi. Op. ri/.,p i.'t.

COAr\IENT NOUS IiETE>’0>S

mouvement ce qu'ils étaient avant. Des molécules ont été déplacées. A cause de la constitution intime des gaz et des liquides, d’aulies molécules prennent exactement la place laissée par les premières, de sorle que le corps liquide ou gazeux est dans son ensemble /?}od/y?c mais non défonné. Si l'on ellleure une seconde Ibis cette même eau avec celte même plume, si l'on fait tomber de nouveau le grain de blé cxacUnnenl au même endroit, le mouvement ne sera ni plus rapide ni plus aisé à produire la seconde fois, ni la Iroisième, ni la dixième, ni la millième fois. La luodilication produite par un mouvement quelcoiupie traversant un corps solide est tout autre. Un poids suspendu à un lil métallique' iuq)rime un luouveiucnt à celui-ci; le lil s’étire, c'est-à-dire que les molécules s’écartent les unes des autres dans b; sens tle la longueur du lil et il s’amincit ; cela veut dire (pie les molécules se rapproebent les unes des autres dans le sens borizonlal. Les molécules se sont déjilacê'cs tout comme les molécules arpieiises cbass(*cs jiar la jiluiue et les molécules gazeuses refoub'es jiar le passage du grain de blé ; mais, enlevez le poids, (pie se ])ass(> t il ;• les molécules n’élanl plus conlrariek's par la traction reprendront leur position |)rernière. Oui, mais pas (•niiiiili’lciiinil . Si le corps solide modilié jouissait d’une élasticité parfaite, le lil reprendrait , après, exactement l’as|)ect ([u’il avait avant la traction, 'fous les corps solidi's sont doués d’une élasticité imparfaite, donc ipiand ils ont été traversés jiar un mouvement (pielcompie,

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lequel a Gonsislc à rapprocher certaines cle^ leurs molécules dans une direction donnée et a les ecarter dans d’autres ; après le passage du mouvement, en vertu de leur élasticité, les molécules tendent à reprendre leur position première, mais parce que leur élasticité est imjiarlailo, et dans la mesure de celte imperfection, elles gardent une position intermédiaire entre celle qu’elles avaient quand le mouvement traversait le corps et celle qu’elles avaient auparavant. Celte trace du passage d’un mouvement est d’autant plus profonde que le mouvement a été plus fréquemment répété ; elle rend plus aisée la répétition du même mouvement, puisqu’elle est une partie permanente, un commencement de ce mouvement ; la déformation moléculaire sullisammenl profonde se révèle dans la forme exlérieme de l’ètre qui retient ; il prend un aspect particulier, tel le ressort usé d’une porte ancienne, les pavés arrondis des rues très fréquentées. Tout corps liquide ou gazeux retient ; mais quant aux solides, nous voyons rpi’ils retiennent. Cotte déformation extérieure, visible, dos corps solides et qui va en s'accentuant à mesure (pie le mouvement modificateur se répète est un fait indéniable; et ce lait ne s'explique que jiar la faculté de rc tenir..

Le corps solide qui retient |irend un aspect, un habitus nouveau, il contracte une halyiliulc.

Personne ne peut dire au juste ce (pi'est une représ('nlalion s<'nsd)l(\ une émotnm ; sont-ce des modilicalions molccnlau'i's c^u atomiques, quelque chose de semhlahb' a dt's courants éb'cIrnpK's connue d aucuns cncoïc le soulii'nnenl ;* Je u en sais rien : mais quelle fpie soit leur nature, les images cérébrales sont des

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