I. iM. Kihut. Op. cit., 3® t'dilioii
qui importe, mais encore sa qualité, sa richesse en oxygène, son intégrité. Il est d’observation courante que toutes les fois que la circulation générale s'accélère la suractivité cérébrale qui s'en suit fait que toutes les facultés intellectuelles, et notamment la mémoire s’exaltent. Dans la fièvre, par exemple, on a observé de nombreux cas d’bypermnésie. J'ai cité plus haut le cas d’un enfant de quinze ans qui au cours d’un délire fébrile retrouve les souvenirs les plus nets d’une opération qu'il a subie autrefois et dont il n’avait jamais pu se rappeler le moindre détail ; d’ailleurs les cas analogues sont innombrables; on en cite partout.
Ce qui est non moins certain, bien qu'on fait moins observé, c’est riniluence profonde des émotions sur la mémoire : « Des impressions triviales, qui n’ont offert aucun intérêt, survivent souvent dans la mémoire, quand des impressions bien plus importantes ou imposantes ont disparu. En considérant les circonstances, on trouvera souvent (pie ces im- ])ressions ont été leçues quand l'énergie était très élevée, (piand l'exercice, le plaisir, ou l'un et l'autre avaient rrrandcment aiurmenté faction du cœur.
Les romanciers ont noté comme un trait de nature bumaiiie (pie, dans les moments oii une forte émotion a ('xcité la circulation à un degré exceptionnel, les groupes d(' sc'usatious causé'es ]iar des objets envi ronnants, peuvent ('trera\i\és avec une grande clarté, souvent même (M1 traversant la ^ ie tout entière' ».
I . tt(M'l)i’rt Si'i NCI it. /‘/ i nci fii's do jisycholo^io . 1. 1. |> ;i3(). cil(‘ [)iir Nt. ttiiior. oj). cil.. 3'-' cililion, p. i(ii.
MALADIES DE 1. A MÉMOIUE DE li ÊPRODUCT lON 20.H
Dans le cas d’émotion intense éprouvée an moment de la fixation, il revient une part de jnolit à la mémoire de fixation, mais une part très considérable à la mémoire de reproduction ; nous y reviendrons dans l’exposé de la théorie anatomo-|)hysiologique.
Enfin l’exaltation de la mémoire au début de la stimulation toxique par le tabac et les narcotiijues en général s’explique par l’iiyperbémie passagère que produit l’ingestion de ces substances. Et si l’on admet que l’amnésie par intoxication résulte (mi partie de l’anémie cérébrale, et que celle-ci résulte elle-même des fréquentes hyperhémies passagères, [)rf)duite par l’usage et puis l’abus des toxiques, nous aurons rex[)lication com[)lèle de tous les cas d’amnésie par intoxication narcotinique ou alcooli(pie : au début by[)erbémie et eu consécpience hypermnésie puis a|)iès une période (pi’on [)eut a])peler neutre, ou faction stimulante tombe de plus en plus, périotle de dépression habituelle, anémie et amnésie (pii ne s’amende partiellement et passagèrement (pie sous l’action de doses renouvelées et toujours plus l'orl(‘s du poison.
Enfin si l’on suit le traitement spéciliipie, si la nicotine ou l’alcool sont éliminés de l’organisme, (‘t (pie celui-ci n’a |ias été altéré mais s(‘ulement troublé dans ses fonctions, la circulation |•ep|•ena^l sou cours normal, la mémoire redevient ce (pi’elle était aiqia lavant.
Pour inter|)réter l’amnésie pioduite jiar les luxiipiiss minéraux celle (pii n’est pas jiréciklée d’ b.y periimésie, il faut admettre (pie c’est surtout la ipialité du sang (pii joue ici le njle |)rincipal. Ce facteur n’est pas
LA MÉMOmE
non plus sans importance dans les cas d’amnésie par intoxication nicolinicpie ou alcoolique.
Donc : circulation normale, mémoire normale ; circulation accélérée et sang riche, hypermnésie ; circulation ralentie et sang appauvri : amnésie.
Toutes les causes qui dépriment l'organisme peuvent donner lieu à une amnésie plus ou moins grave de reproduction.
M. Kolillard range dans une catégorie spéciale les amnésies par anémie cérébrale, et cite parmi les causes d’amnésie de cette sorte les saignées trop abondantes, les hémorragies, les pertes séminales, l’onanisme, la misère physiologique, résultant d'une alimentation insutîisante, l’excès de travail intellectuel, etc., etc.
« Une dame, dit Wixsloav après une large hémorragie utérine, avait oublié où elle demeurait, qui était son mari, combien de temps elle avait été malade, le nom de ses enfants et même son propre nom... 11 fallut plusieurs mois pour combler toutes les lacunes survenues dans sa mémoire. Un ingénieur, ipii était descendu deux fois le même jour dans une mine pi'ofomle, avait oublié tous les mots et toutes les [)brascs de la langue allemande, qu’il jiossétlait fort bien ; — et ceci est tout à fait probant et coutirme ce tpie j'ai dit plus haut — et ne j)ut les recouvrir (pra]>rès avoir pris un peu de nourriture et de \iiiet s’être leposé cpielcjnes instants*.
1. WixsLOW. (Jn obscure Diseases, etc., j). é'i'i, cité par M. Uoi'ii.i.AHi), op. cil., j), loâ.
MAL VOIES DE LA MEMOIIIE DE UEIMiOOLCTIOX 200
La faim, le froid cl la chaleur prodiiiscnl des amnésies, suite d'anémie cérébrale.
« Lorsque la phase d’excitation est jiassée, ce (jui caractérise l’anémie, c'est rahatlemeni, la prostration, l'aflaiblissement du corps et de rintelligence ; les malades olTrent la pâleur livide du visage, les joues creuses, l’œil hrillanl d'un éclat étrange, les mouvements lents; l’inlelligence est engourdie, la mémoire est abolie*. » Le froid ]n’oduil des cll'els analogues; on a constaté des cllets nombreux d’amnésie causés par le froid chez les soldats et les olliciers qui ont l'ail la campagne de oSia. Knlin, « Sir .lobn Baxks rapporte nn cas de paralysie subite de la mémoire chez un ponqiier qui, pour sauver des enfants d’un incendie, s’cxjiosa lui luème à une chaleur très intense*. » Somme toute, sans que l’on puisse déterminer les conditions particulières qui provotpieiit telle espèce d'bvpermiiésie ou tramuésie, il faut admettre ipie l’afllux sanguin au cerveau a les mêmes ell'els que jiartout ailleurs dans rorganisme, il rend ])lus aisés les mouvements des parties arrosées ; le cerveau piivé de sang se conqiorte comme le mendu'e anémié, comme les viscères mal nourris; augmentez l’alllux du liipiide nourricier, toutes les fonctions devieuuent faciles, augmentez encore la pression, les mouvements deviendront plus anqiles et plus vifs. C’est là une loi générale.
Parfois, dans un état d’anémie devenue habituel, une faible excitation produite [>ar un stimulant léger