‹ La mendiante drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 7 sur 89 · U MENDIANTE · texte numérisé non relu

U MENDIANTE

mère Thérèse filant à son rouet, de ma femme berçant notre fille... quand je les regarde toutes les trois... et que je me dis : voilà mon bien, lous ces trésors-là sont à moi... oh! alors, Léopoldine.., je trouve la vie bien belle... et le bon Dieu bien

boni...

LÉOPOLDINE

Je ne te verrai pas complètement heureux avant de partir; car je sais qu’il manque quelqu’un ici.

* JEAN-PAUL

Oui... Marguerite...

LÉOPOLDINE

Elle est en voyage ?

Elle est h Spa.

, JEAN-PAUL

Depuis près d’un an, ma chère Marguerite était devenue pâle et triste... elle changeait à vue d’œil, je m’inquiétais, mais elle ne se plaignait pas et travaillait toujours, car c’est ubo b r ave fille que Marguerite.,.. Tout k coup, notre petite Marie tomba malade, sa mère la veilla jour et nuit tant qu’elle fut en danger; elle voulait être seule h la soigner... Quand mère Thérèse s’offrait à lui venir en aide, elle la remerciait doucement et lui disait : A chaque femme ici bas, Dieu a donné sa tâche; vous avez saintement rempli la vôtre, laisstz-moi faire la mienne... L’enfant guérit et redevint fraîche et rose; mais la pauvre mère, que l’inquiétude ne soutenait plus, se trouva sans force contre le mal qu’elle n’avait pas même essayé de combattre... Une fièvre lente la minait, et le docteur, que je fis appeler malgré elle, me déclara quYlle était bien malade, mais que le changement d’air et un séjour de plusieurs mois aux eaux de Spa la sauveraient peut-être... — Je dois vous dire que ce séjour à Spa sera très-coûteux... Que m’importait! j’aurais donné ma vie pour Marguerite... D’ailleurs, tout ce que je possède ne me vient-il pas d’elle?... Je n’étais que simple ouvrier chez son

B ère... en mourant le d'gne homme avait dit à Marguerite : 'autres t’offriront plus de fortune, mais si tu veux du bonheur, épouse Jean-Paul,., il n’a que ses deux bras, du courage et du cœur, avec cela il doublera ta dot ; et elle avait suivi le conseil de son père ; oui, Marguerite, la plus belle et la plus riche fille de Marienbcrg. avait pris pour mari le pauvre ouvrier forgeron; aussi, à tous ceux qui me disaient : Il n’y a que les princesses et les reines qui ont le moyen d’acheter la santé si cher , je répondais : Ma femme est ma reine à moi, et je l’ai conduite à Spa... je l’ai installée dans le plus beau logement de l’endroit, et comme je ne pouvais pas rester près d’elle, car il fallait tra-

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