‹ La mendiante drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 82 sur 89 · ACTE V, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IV

père, que j’ose à peine nommer devant vous ; le malheureux père arrêté à la suite du duel et qui criait à ceux qui l’emmenaient : Laisscz-moi retrouver mon enfant, et puis je viendrai me livrer, puis, vous me tuerez si vous voulez; mais on n’a pas voulu l’entendre, et je suis restée, seule, moi pauvre vieille sans force, pour courir à la recherche de mon enfant, sans énergie pour soutenir le courage du père au désespoir. Depuis six mois, voilà ma vie, Léopoldine! seule, toujours seule, pleurant ma fille perdue et mon Üls prisonnier;

LÉOPOLDINE

Oui, vous avez cruellement souffert.

THÉRÈSE

Il dépend de vous que j’obtienne, non pas du bonheur, il n’y en à plus pour nous ; mais le moyen de détourner le nouveau malheur qui nous menace.

LÉOPOLDINE

De moi ?

THÉRÈSE

Entraîné d’abord dans les prisons de Dresde, Jean-Paul a été plus tard conduit à la geôle de Leipsick. Rassemblant le peu de force que l’âge et la souffrance m’avaient laissées, j’ai suivi mon pa uvre enfant, j’ai demandé à genoux qu’il me fût permis de le voir ; de l’embrasser ; il est au secret, m’a-t-on répondu, et personne ne peut communiquer avec lui. Ou m’a repoussée, moi, sa mère ; j’ai voulu voir les juges, pour leur dire que mon fils n’avait pas été un asssassin : les juges ont refusé de me recevoir; s’ils m’avaient entendue, ils n’auraient pas pu condamner Jean-Paul ; enûn l’avocat qui devait défendre mon fils m’assura qu’au point où en était le procès, votre désistement suffirait pour que Jean-Paul fût rendu à la liberté. On prétend que c’eçt votre devoir de poursuivre celui qui a tué le comte de Rhendorf. Mon Dieu! c’est possible; mais mon devoir à moi, c'est d’implorer à vos pieds la grâce du coupable. Léopoldine , rappelez-vous que vous avez été mon enfaut aussi; Léopoldine, c’est une mère à genoux qui demande qu’une sœur fasse grâce à son frère 1

LÉOPOLDINE

Avant que vous ne l’eussiez exprimé, j’avais exaucé le vœu de votre cœur !

THÉRÈSE

Serait-il vrai?

LÉOPOLDINE

Si vous n’avez pas trouvé au presbytère le pasteur Evrard, c’est qu’il est parti armé de mon désistement pour solliciter la mise en liberté de votre ûls !

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