‹ La mendiante drame en cinq actesChapitre 24 sur 99 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

MARGUERITE, seule.

Je la verrai I il l’a promis ! il l'a promis ! 1 Ainsi, celai qui devait m'écraser de sa colèro, a trouvé, pour moi, dans son Cœur, un mol de miséricorde ! dans ses yeux un regard de pitié (Elle va ouvrir la fenêtre.) L’est de là que jo dois voir passer ma llde... mon Dieu, rien que passer... c’cst bien peu... Si eHe ponvait s’arrêter un moment... Oui... son pore comprendra quo co n’est, pss assez pour moi... Il ne voudra pas être généreux ù demi... elle s'arrêtera... Le ciel se couvre.. . On dirait que l’orage

menace... est-ce donc un sinistre prés* go t... Il devrait faire si beau aujourd'hui !... Ce nYst que dans une demi-heure que Jran- Paul devait partir... si le mauvais temps allait empêcher .. Kilo doit bien avancer celle demi-heure. (Eli* va coiuullrrla / enduit qui est sur la cheminée.) Comment, c’est à peine s’il s'est écoulé iroii minutes. .. Oh ! cette pendule ne marche pas. (Elle l'écoute.) Si fait... mais si lentement I... Que le temps est long quand c'est 1 inipatieuce qui le mesura !

SCÊNfi X.

marguerite, chiiIsTian.

CHRISTIAN

Marguerite, tout est prêt, nous pouvons partir.

marguerite, à elle-même.

Christian ! ah ! Je l'avais oublié

CHRISTIAN

Cwt un chièt sacrifice quo je vous demande; mais il vous sera payé par mon amour.

margusiIitr, à part.

Son amour ! (/laut.) Que parkz-vous de sacrifice, monsieur I vous ôtes encore trop généreux.

CHRISTIAN

Moi!

MARGUERITE

Sans doute, trop généreux, quand j’ai tant do choses à vous fendre, do ne me redemander que votre nom.

CHRISTIAN

Je ue vous comprends pa9.

marguerite, allant à un meuble et tirant un écrin puit détachant les btjmix qu'elle porte.

Ces diamants, ces bijoux, il faut tout me reprendre, monsieur,

tout, je le veut I

CHRISTIAN

Marguerite, vous ôtes sous le coup d’une irritation que justiflo ma demande; mais, quand elle sera calmée, vous reviendref à moi.

MARGUERITE

A vous 1 à vous, monsieur, qui êtes marié !

cuRtsTiAN, ù part.

Elle savait tout !

MARGUERITE

Mais c’est un nouveau crime, une honte de plus que vous me proposiez... Ah çà, pour cri ire que je l’accepterai, voua mo logez donc descendue bien bas?

CHRISTIAN

Croyez, Marguerite, que sans la volonté de mon père...

MARGUERITE

Eh t mon Dieu, monsieur, je no me plains de rien. Je ne vous reproche pas co mariage. Des liens lois que le» nôtre» doivent tôt ou tard ôtro brisés. Plus du ménagements inutiles, plus de mensonges, vous l’avez dit : Je dois quitter cette maison... mais, je partirai seule.. .jo partirai dansuno heure, pas avant !.. J’attends quelqu’un.

CHRISTIAN

Quelqu’un quo vous attendiez déjà, quand jo suis arrivé co malin.

MARGUERITE

Justement ! ( Allant à la fendre.) El si i’ai on-ore le droit do vous adresser une prière, monsieur, ne restez pas ici près de moi... caf voire prcsince, el ce que j’attends, ce que j’espère, c’est quelque chose d'impossible, c'est comme un sacrilège.

CHRISTIAN

Jo commence à être moins surpris do votre résignation, do votre empressement à rompre.

Marguerite, regardant tour A tour la fenêtre et la pendule.

L’heure a sonner, ne m’accordcrez-vous pas la gr&ceque je vous dcmtwJe ?

CHRISTIAN

Je vous gêne, allons... [Aperceront le portefeuille sur le guéridon.) Je comprends tout b fuit ; vous pouviez perdre un amant, vous avk-z assuré l'avenir... c'eut mon successeur que vous attendez, Maigueiiu*?

MARGUERITE, «ffC twdiÿiwlio».

Ahl

Christian, prenant le portefeuille.

Ce n’est pas sa picuuèro visite, car il a déjà oublié son portefeuille.

MARGUERITE, Û1YC tudli/rir/fion.

Ah! il fallait que cetio derrière huim'iuinm vint de lut... Oui, monsieur, un homme est venu ici pour assurer contre la mi-iru mon avenir p* rdu... cet homme cY>t mon mari!.. Oui, uioiim .r, j’attends quelqu’un : c’est ma llllo !...

Christian, se découvrant et avec émotion.

Oh ! pardon ! pardon, madame.

MARGUFRITB.

Et maintenant sortirez-vous ?

Christian, près de la porte.

Encore une fois, Marguerite, pardon ! (71 sort.)

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