SCE373 XI
MARGUERITE, puis BRIGITTE.
Marguerite, >tn moment seule.
Voilh comment cela devait il ,jr. p»r I* 1 mépris, par l’insulte. (On entend un roulement de tonnerre.) <1 - bruit !.. est-CO la voiture? non, c'est l’orage... l'orage v* l’ouip/cher do pailir aujourd'hui, et demain je no serai plus i t.
Brigitte, entrant pur la g niche.
Madame Marguerite! madam<« Marguerite t
MARGUERITE
Ah! te voilà, Briqjlte... tu ne Mis pas?...
BRIGITTE
Si fait; en partant, monsieur Jean-Paul doit passer par ici avec Marie.
MARGU rite.
Mois, par co mauvais temps, il ue voudra pas se mettre en roule.
BRIGITTE
Ça ne fait rien... il est plus que jamais pressé de quitter Mulrose... D’ailleurs, ça ne sera pas grand’*' Imsec* t orage... doux nu trois éclairs, pas davantage... Voilà môme déjà que le toitoerre s’éloigne.
MARGUERITE
Ainsi, tu es sûr® que c'est pour ce matin?
BRIGITTE
Quand j’ai quitté Zahn , ils allaient tous monter en voiture.
MARGUERITE
Reste b la fenêtre, Brigitte ; dès que celte voiture approchera, tu m'avertiras.
BRIGITTE
Où donc allez- vous?
Marguerite , allant prendre des flrurs dans les vases.
Je ne quitte pas ce salon , j’arrange un bouquet.
BRIGITTE
Un bouquet?
MARGUERITE
Oui, que tu jetteras au nioim ni où ils passeront; .Mario lèvera la tôle, el je la verrai mieux. (C/n éclair illumine la fenêtre.)
BRIGITTE
Oh!
MARGUERITE
Qu’esl-oe donc ?
BRIGITTE
Rien, un éclair un peu plus fort quo les autres, et cela fait mal aux yeux... Ah! madame, madame, voilà la voiture!
Marguerite, faisant 1e bouquet.
Tu crois? Ah! mon cœur! ah! mon pauvre cœur I... (Elle s'avance vers la fenêtre et t’aircle brisée par l'émotion.)
BRIGITTE
Elle detourno le coin de la rue , elle va passer devant ia maison.
KARGUERIT8.
Vite, vite, prends le bouquet... lais-niui place... Oui, cuuirno ça je verrai...
BRIGITTE
La voilà ! la voilà!...
Marguerite, s'avançant.
Oui!... (Un éclair plu * brillant traverse le salon. Marguerite pousse un cri.) Ah I (Elle te couvre les yeux de ses deux mains.)
BRIGITTE
Tenez ! la voiture s'arrête... Marie lève la tête... vous la voyez bien, n’cst-ce pas?
MARGUERITE, aveuglée.
Où cela? où cela?
BRI01TTK.
Mai», do ce côté, c’est maître Jean-Paul lui-même qui voua la montre.
■ARGl'F.KITK.
Mais, non ! je ne rois plus ! je ne vois plus !
Brigitte , se tournant vers Marguerite.
Comment!.,.
MARGUERITE
Cet éclair a brûlé mes yeux !
Ah! avouglol
MARGUERITE
Ah ! je ne verrai pas ma fille! Jean-Paul avait fait grflcc, mais Diou n’a pas pardonné! (Elle tombe à genoux avec désetpoir.)