‹ La mendiante drame en cinq actesChapitre 4 sur 99 · LA MIN DI ANTE · texte numérisé non relu

LA MIN DI ANTE

UOVOIBMI.

Oui, c'est moi ; et seule au monde, mon cher Jean-Paul.. Je te porterais envie... si je n’avais pas toujours demandé au ciel de l'accorder tous les bonheurs.

JEAN-PAUL

Et vos prières ont été bien entendues... Dieu, qui m'avait donné une si boi.no mère, tn’a fait l’epoux de la meilleure, de la plus belle de ses créatures. Jo le remerciai* tous les jours du plus profond de mon Ame... et il ne réservait une félicité plus grande encore... il m'envoya une Ullo... J’ai une fllb», Léopoldinc... Ma petite Marie m'a seule nppiis tout ce que le cœur d*un homme peut contenir de tendresse... Vous savez si ju chéris ma mère... J'adore ma fenmie... I h bien ,. ce que j'éprouve pour Marie... oh! tenez... je ne peux pas lo définir... {S'arrêtant.) Si, je lo peux... J’aimo Marie... [aifani à Thérèse) Comme vous m'aimez, ma mèro... Aussi, quand le soir, après i ne rude journée de travail, jo viens m’asseoir nu foyer, près de mère Thérèse filant à son rouet, de ma femme berçant notre fille... quand je les regarde toutes b s trois. . et que je me dis : voilà mon bien, lous ces tré$or>-là sont à moi... oh! alors, 1 ropoldine.., je trouve la vio bien belle... et lo bon Dieu bien boni...

LÉOPOLDINE

Je no te verrai pas complètement heureux avant de partir; car jo sais qu’il mauquo quelqu’un ici.

JEAN-PAUL

Oui... Marguerite...

lÉOFOLMcnc.

Elle est en voyage ?

TIlÊnfcsK.

Elle est à Spa.

JEAN -PAUL

Depuis près d’un an, ma chèro Marguerite était drvenuo pille et triste... elle changeait à vuo d’œil, jo m’inquiétai®, mais elle ne se plaignait pas et travaillait toujours, car c’est une bravo fille que Marguerite.... Tout h coup, notre petite Marie tomba malade, sa mèro la veilla jour et nuit tant qu’elle fut en danger t elle voulait être seule h la soigner. . Quand mèro Thérèse s’offrait h lui venir en aide, ollo la remerciait doucement et lui disait: A chaque femme ici bas. Dieu a donné sa tâche; vous avez saintement rempli la vôtre, laisscz-moi faire la mienne... L’ctifant guérit et redevint fraîche et rose; mais la pauvre mère, que i'inquiéitido no soutenait plus, se trouva sans force contre le mal qu'elle n’avait pas même essayé de combattre... Uno fièvre lente la minait, et le docteur, que jo fis appeler malgré elle, me déclara qu’elle était bien malade, mais que lo changement d’air et un séjour do plusieurs mois aux eaux de Spa la sauveraient peut-être...— Je dois vous direjjuo ro séjour à Spa sera très-coûteux... Que m’importait I j’aurais donné ma vio pour Margucrile... D'ailleurs, tout co que je possède no me vient-il pas d'elle?. ..Je n'étais que simple ouvrier chez son père... en mourant lo digne homme avait dit h Marguerite . D’autres t'offriront plus de fortune, mais si tu veux du bonheur, épouse Jean-Paul,., il n’a quo ses deux bras du courage et du cœur, avec cela il doublera ta dot; et elle arait suivi le conseil de son père; oui, Marguerite, la p us belle et la plus riche fille do Manenberg, avait pris pour mari lo pauvre ouvrier forgeron; aussi, à tous ceux qui mo disaient j II n’y a qi.cles princesses et les reines qui ont lo moyen d'acheter la santé si cher , je répondais : Ma femme est nia reine à moi, et je l’ai conduite à Spa... je l’ai installée dans le plus beau logement de l'endroit, et commo je ne pouvais pas rester près d’elle, car il fallait tr. railler double, j’ai laissé auprès de Marguerite une bonne fille, bien dévouée... llrigitte, qui lui sert de femme do chambre.

LÉOPOLDINE

Uno femrno do chambro t...

IRAN-PAUL

Oui, la fnrgeronno a une femme de chambre... Si ça n’avait pas suffi, je lui aurais donné des laquais, j’aurais dépensé pour elle tout ce qu’il y a dans la maison. (.S'arrêtant en régalant sa mère.) Cane vous fâche pas, mèro, quo j’aimo Marguerite autant que ça r

Tntnlsi.

Non, mon ami... Aime-la plus encore, et si elle to rend en bonheur co quo lu lui donnes en amour, je la bénirai.

LÉOPOLDINE

Ta gaieté me dit assez que tu n'as plus rien à craindre pour ta femme.

JEAN-PAUL

Non... mais j'ai eu bien peur , allez .. Quand nous sommes

arrivés a Spa, elle était si faible quo lo médecin des eaux me prit à part ot me dit : Celle pauvre femme est perdue... Un coup do couteau m’aurait fait moins do mal... .Mais depuis six semaines les nouvelles sont bonnes, trèsrbonne»; lo docteur m’a écrit que jo pourrais sans ding* r ramener Marguerite à Marienberg, et j’avais annonce h ma femme mon airiveo ià-bas pour domain ; la maladresse d’un domestique m'a fait manquer la voiture hier.,, et c’est aujourd'hui seul» ment que je pourmi me moi Ire en route... Encore quelques jours, ot la joie, le bonheur rentreront dans ma maison, et | aurai, là, réunis sous mes yeux, tous mes amours, tous mes trésors 1

za n n, entrant.

Pardon, madame... voire voiture qui était allée relayer à la poste est revenue... ctlo postillon dit qu’il no peut pas attendre.

LÉOPOLDlSl.

Merci...

JEAN-PAUL

Comment! vous partez comme ça, tout de suite?

Léoi-OLDINK.

H lofaut, mon ami; do graves intérêts m'appellent à Drosde... mais si je ne peux pas voir Marguerite, jo ne veux pas quitter Manenberg sans avoir embrasse la Ullo... ta Qllo à qui tu as donné un de mes noms... et que vous me permettrez bien d'aimer aussi...

Thérèse, se disposant à conduire Léopoldine.

Elle ost là, dans ma chambre.

JEAN-PAUL

Oh! mère, laissez-moi la montrer à Léopoldine... je suis si fier de ma fille... Ça n’e>t pas pour me vanter, nuis c’est un petit chef-d’œuvre quo j’ai fan là... Vous pourrez gagner votre voiture sans passer par ici... il y a un autre escalier.

LÉOPOLDINE

Alors, bonno mèro Thérèse, recevez mes adieux et dites à Marguerite qu’il y a loin d'elle un cœur qui la remercie du bonheur do Jean-Paul... (A’tfe cmtrasse Thérèse , et sort à droite avec Jean- Paul.)

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