‹ La Méningite Cérébro-Spinale chez le NourrissonChapitre 21 sur 22 · SE OD · texte numérisé non relu

SE OD

A l'examen on constate de l’exagération des réflexes et une très légère raideur de la nuque. Pas de troubles oculo-pupillaires. La ponction lombaire donne issue à un liquide clair dont l'examen cytologique ne‘révèle rien de particulier.

Diarrhée.

20 juin. — 5 quintes. |

T. 3905 m., 41° soir.

Raideur du cou plus accentuée ; la tête est renversée en arrière. 4 crises convulsives. Vomissements en fusée en dehors des quintes de coqueluche à 3 reprises différentes. Une selle normale.

21 juin.

T. 395 m., 40° soir. 4 quintes.

Réflexes exagérés. Raideur de la nuque. Signe de Kernig. Pas de troubles oculaires. 6 crises convulsives.

La ponction lombaire donneissue à un liquide trouble, riche en polynucléaires, diplocoques en grain de café, ne prenant ps le Gram à l'intérieur des polynucléaires.

Injection de 10 cc. de sérum antiméningococcique de Flexner dans le canal rachidien.

22 juin.

T. 39° matin, 38° soir. 4 quintes.

3 crises convulsives. Le signe de Kernig a disparu. Il She ste un peu de raideur de la nuque.

Nouvelle injection de 10 cc. de sérum de Flexner.

Le liquide céphalo-rachidien encore gris contient moins de polynucléaires et plus de lymphocytes qu'au précédent examen ; encore quelques méningocoques intra-cellulaires.

23 juin.

T. 3705 m., 39° s. 6 nt

La raideur de la nuque a presque cempieterpent disparu.

Réflexes encore exagérés.

Dyspnée intense : 40 inspirations par minute, râles crépitants fins aux deux bases.

2 crises convulsives.

Injection de 10 cc. de sérum de Flexner. Le liquide céphalorachidien redevenu clair ne contient plus de méningocoques mais des Iymphocytesetdes polynucléaires à peu près en quantité égale.

24 juin. —T. 39° m. 39% s. 4 quintes.

ca 2e

Polypnée subsiste ainsi que râles crépitants aux 2 bases du poumon.

Plus de crise convulsive.

Réflexes normaux.

25 juin. — T. 385 m. 39 s. 5 quintes.

26 juin. — T. 38° m. 385 s. 4 quintes.

Les symptômes méningés ont totalement disparu. Dyspnée moins intense.

27 juin. — L'amélioration continue.

15 juillet. — L'enfant sort de l'hôpital complètement guéri.

OBSERVATION VII (personnelle)

Résumé. Méningite cérébro-spinale. Forme convulsive.

W... Pauline, 9 mois, entre le 26 octobre 1908, salle Bouchut n° 5, à l'Hôpital Hérold, service de M. le Docteur Lesage. |

Enfant née à terme, nourrie au sein, 5 mois, puis au lait bouilli.

Poids — 5650 gr., le 26. Malade depuis quelques jours, présentant des vomissements et de la diarrhée, l'enfant est prise brusquement, dans la nuit du 26 au 27 octobre, de convulsions qui durent le 28 et le 29 octobre.

Poids — 5350 gr., le 29. On ne note dans les périodes de calme aucune raideur du cou, aucun signe de Kernig. Les réflexes rotuliens sont seulement exagérés.Avec les convulsions, la température s'élève à 395-40°, oscillant entre ces deux degrés, pendant tout le séjour de l'enfant. Le pouls est accéléré à 140-150 sans aucun caractère. Devant cet état, le 28 octobre, c’est-à-dire après 24 heures de - convulsions,on pratique la ponction lombaire,qui donne issue à un liquide purulent hypertendu,avec pneumocoques et polynucléaires. Il y a donc méningite cérébro-spinale. L'enfant meurt le 29 octobre au soir. Autopsie le 17 novembre : on trouve à la surface du cerveau et de la cervelle, une nappe de pus épais, résistant, formé de fibrine et de polynucléaires, contenant le pneumocoque.

= Ga —:

OBSERVATION VIII (personnelle)

Résumé. Méningite cérébro-spinale à Pneumocoques (Forme hyperesthésique).

E.... Louis, âgé de 4 mois, entre dans le service de M: le D: Lesage, à l'hôpital Hérold le 24 janvier 1909.

Antécédents héréditaires. — Les parents: sont bien portants. Is ne présentent aucun signe de syphilis, ni de tuberculose.

Le petit malade est leur unique enfant. La grossesse et l’accouchement n'ont offert aucune particularité notable.

Antécédents personnels.— L'enfant est né à terme et pesait 6 livres à sa naissance.

Il a été élevé au lait bouilli et n’a présenté aucun trouble jusqu’à ce jour. À

Elat actuel.— La mère amène son bébé à l'hôpital parce que depuis deux jours il parait un peu agité, dort. mal, refuse de boire et présente une diarrhée légère.

L'enfant, bien constitué, pèse 5650 gr., on peut le ranger dans la catégorie des enfants vigoureux.

Dans son lit, le nourrisson paraît calme, le facies est celui d'un enfant bien portant. Dès qu'on se rapproche de lui et qu'on le touche, il sursaute dans son berceau, entre pour ainsi dire en vibration, ses membres décrivent des oscillations petites, fréquentes et égales. Au bout de 20 à 30 secondes.tout rentre dans l’ordre, si l'excitation cesse ; chaque nouvelle excitation détermine immédiatement l'apparition de ce tableau clinique.

Il n’y a pas de raideur de la nuque ni des membres, pas de trou- |

bles oculo-pupillaires, la tension de la fontanelle est normale. Il est impossible de rechercher l’état des réflexes.” Le seul fait de frapper des mains, suffit pour provoquer la réapparition des secousses convulsives.

3 selles liquides jaunâtres non fétides dans la journée.

T. 39° le soir.

25 janvier. — T. 38° m. 40 s.

L'enfant réagit toujours de la même façon et crie dès qu'on le

(ue

touche, dans le service on le surnomme « l'enfant torpille ». Cette hypercesthésie énorme attire l'attention sur les méninges. On constate du myosis, du nystagmus et du strabisme convergent. Le calme de la veille a fait place à une certaine agitation ; l'enfant se remue fréquemment dans son lit, frotte la tête sur son DOTE:

: La diarrhée persiste.

La ponction lombaire pratiquée. donne | issue à un liquide clair, sans polynucléaires ni microbes.

26 janvier. — T. 375 m. 40°2 s.

L'enfant est moins agité. L'hyperesthésie des jours précédents persiste. Les réflexes rotuliens sont très exagérés. La. fontanelle est très tendue et fait une saillie très nette.

On note la persistance de la diarrhée et l'apparition de quelques vomissements.

27, 28, 29 janvier. — Mêmes oscillations de la température, 37°5 à 38 le matin, 39% le soir.

Les vomissements et la diarrhée diminuent.

30, 31 janvier, 1° février.

La courbe thermique accuse une défervescence manifeste. La température oscille entre 37°5 le matin et 38° le soir. Les vomissementsdisparaissent.

Un nouvel examen du liquide retiré par la ponction lombaire ne décèle rien d’anormal.

2 février.

L'agitation du début réapparaîit, l'hypéresthésie est toujours aussi intense, le nystagmus très accusé.

PRO MIECNICOIRIARE

T. 380-38°5 le matin 39°-39%5 le soir.

Les troubles oculo-pupillaires s’atténuent, la fontanelle est moins bombée, par contre toute excitation réveille toujours des secousses convulsives. L'enfant ne vomit pas, mais la diarrhée persiste.

9, 40, 11, 12, 13 février. ;

Tous les symptômes du début de la maladie existent : nystagmus, Strabisme, diarrhée, vomissements, hypertension de la fontanelle, hyperesthésie, agitation.

T. 38°5 à 39 le matin, 40° le soir.

sine Bb

Le poids de l'enfant est de 4700 gr., traduisant un amaigrissement de 950 gr. depuis le 14 février, début de la maladie.

L'enfant tombe dans le coma et succombe quelques heures après.

Autopsie vingt-six heures après la mort.

Un pus crémeux bien lié, très épais, remplit la partie supérieure du canal rachidien et entoure complètement l’encéphale, dessinant des trainées perivasculaires particulièrement nettes au niveau des lobes frontaux et du cervelet. Ce pus aspiré en pipette avec les précautions habituelles et ensemencé, donne lieu à la formation de colonies de pneumocoques caractéristiques.

L'examen des poumons révèle la présence de plusieurs foyers

de broncho-pneumonie dans le poumon droit, le pus retiré de ces

foyers contient également du pneumocoque.

OBSERVATION IX (personnelle)

Méningite célébro-spinale. Forme hyperesthésique.

L... Fernand, 8 mois, entre le 23 avril 1908, salle Bouchut n° 7

hôpital Hérold, service de M. le Docteur Lesage. | L'enfant né à terme, élevé au lait bouilli, en bonne santé habituelle, fut pris de vomissements il y a quatre jours. A son entrée à l'hôpital il présente de la fièvre (38°5) et un peu de diarrhée ; rien d'autre de particulier.

24 avril. — 38%5 le matin, 395 le soir. P. — 140. Poids = 6050, Au repos, l'enfant ne présente aucune raideur du cou, car il le remue bien ; Sa position est normale. Ce qui frappe surtout, c’est que l'enfant, dès qu’onle touche, crie immédiatement et se met à présenter des secousses épileptoïdes, avec un peu de raideur, qui cessent après quelques minutes.On ne peut rechercher le Kernig; par suite de cette hypéresthésie l'enfant a des secousses dès qu’on le touche. De même on ne peut rechercher les réflexes, cependant, au repos, quand toute excitation a cessé, on voit qu'il peut se remuer et qu'il n’y a pas de Kernig. — Il boit bien, présente de l’insomnie, un peu de diarrhée et un léger strabisme de l’œil gauche. Les autres organes semblent sains. c é

Le 27. Poids — 5800.

25, 26, 27,28, même état. Persistance de l'hyperesthésie, tout toucher produit une crise de secousses épileptoïdes.

Devant cette scène et cet état nerveux, malgré l'absence de raideurs, le 24 et le 26, on fait une ponction lombaire qui donne issue à un liquide gris, en hypertension, contenant des polynucléaires avec pneumocoques. Il y a donc méningite cérébro-spinale La mère emporte son enfant le 28.

OBSERVATION X (personnelle).

Résumé. — Méningite cérébro-spinale. — (Forme hyperesthésique).

M. Revelde, 1 an, entre le 17 décembre 1908, lit no 16, salle Bouchut, hôpital Hérold, service de M. le Dr Lesage.

L'enfant a des vomissements et de la diarrhée, depuis 2 jours.

417 décembre. — Soir 39%. On est frappé de ce fait que l'enfant au repos est Calme, mais est agité pendant son sommeil. Il se remue bien, reste assis. N'a donc aucune raideur du cou, aucun signe de Kernig. Cependant. dès qu'on le touche, on constate une grande hypéresthésie. En effet on ne peut le frôler, sans que de suite l’enfant crieet soit pris de secousses musculaires, avec légère raideur, d’une sorte de tremblement épileptoïde. Il est impossible de rechercher les reflexes, en cet état d’excitation. Un accès de secousse dure quelques secondes, puis tout rentre dans l’ordre,pour réapparaître dès qu'on frôle à nouveau l'enfant.

18 décembre. — 405 le matin, 38%5 le soir, pouls 150. On examine l'enfant et on constate le même état nerveux, l'intégrité apparente des organes, la persistance des troubles digestifs, (5 à 6 vomissements, 4 à 5 selles).

Du côté des yeux, on ne note pas de strabisme, mais un léger nystagmus bilatéral et horizontal.

Ponction lombaire. Issue d’un liquide sans hypertension, gris, contenant des polynucléaires avec méningocoques.

19 déc. — Soir 40°, matin 385; le soir, pouls faible, incomptable, même état.

20 déc. — Matin 40°, soir 40°, même état. 2° ponction,méme résul-

épars

tat. Persistance de l'hyperesthésie et des crises au toucher. Absence toujours de raideur du cou et de Kernig.

La diarrhée se colore, mais l'enfant continue à vomir.

21 déc. — 39 matin, 388 le soir. Même état. Quelques râles fins à la base droite.

22 déc. — Matin 39°, 37% le soir, pouls incomptable, même état, mort. |

Les ponctions lombaires indiquent donc qu'il y a, malgré l'absence de raideur du cou et de Kernig, une méningite cérébro-spinale à méningocoque, caractérisée par une hyperesthésie intense.

Autopsie le 24 décembre. Le système nerveux présente, surtout à la base du cerveau et le long de la moelle, du pus à polynucléaires avec méningocoques.

OBSERVATION XI (Notes communiquées par M. le D' Lesage).

Méningite cérébro-spinale. Forme cachectique.

C.... Yvonne, 9 mois, élevée au lait bouilli, tombe malade pour la première fois le 8 février 1909.

8 février, — Brusquement,au milieu de la journée, l'enfant devient inerte, en résolution musculaire complète, indifférente à tout ce qui l’entoure, en un mot tombe dans le coma. :

A l'examen des différents appareils on ne constate rien d’anormal : pas de raideur de la nuque, pas de troubles oculaires, pas de contracture des membres, rien qui puisse attirer l'attention du côté des méninges.

9 février. — L'état comateux persiste.

10 février. — L'enfant sort de son état de torpeur. Pendant la nuit, la mère du bébé a remarqué chez son enfant quelques soubresauts des membres.

A l'examen le bébé est calme, tranquillement étendu dans son berceau, suivant des yeux les personnes qui l'entourent ; la fonta-

nelle est légèrement bombée ; la langue est sèche. Le bébé refuse son lait.

11 février. — T. 38° m,, 400 5.

La ponction lombaire pratiquée donne issue à un liquide louche renfermant des polynucléaires et des méningocoques. On injecte 10 c. c. de sérum de Dopter dans le canal rachidien.

L'anorexie est absolue ; l’enfant refuse de prendre son laitet ne boit que quelques Grlepées d'eau sucrée.

42 février. — Léger Kernig.

L'épreuve de la suspension est positive ; l'enfant saisi au-dessous des bras et suspendu en l'air, reste les jambes fléchies, sans les étendre à aucun moment, à l'encontre de ce que l’on constate normalement.

Les réflexes rotuliens sont exagérés, la fontanelle est tendue, l'enfant a maigri très sensiblement, l’anorexie est toujours aussi marquée, la diarrhée est persistante.

13 février. — On injecte à nouveau 10 cc. de sérum de Dopter.

L'enfant refuse de prendre son biberon.

Du 14 févr. au 29 février.

L'enfant continue à maigrir et devient squelettique,on pratique 4 injections intra-rachidiennes de 10 cc. de sérum de Dopter.

La courbe thermique décrit des oscillations étendues, 38°, 38° 5 le matin, 39° 5 à 40° le soir.

Pendant tout ce mois l’état demeure stationnaire, c’est-à-dire, au point dé vue méningé : absence de raideur du cou, léger Kernig, exagération des réflexes. Epreuve de la suspension positive. La diarrhée persiste. Il est à noter que pendant tout ce temps l'enfant vit seulement avec un peu d’eau.

On se trouve donc en présence d’une cachexie progressive avec troubles digestifs et intégrité desorganes.

Rien n'aurait pu permettre de faire le diagnostic de méningite cérébro-spinale, sauf la tension anormale de la fontanelle, le léger Kernig et l'épreuve de la suspension.

Mars 1909. — Cet état persiste et progresse. La temperature cependant. tout en restant fébrile, présente des oscillations moins étendues et moins élevées, quand le 8 mars la température monte à 40° et se maintient pendant 3 jours à ce taux élevé. On voit ap-

= pBS

paraître une tuméfaction du cou-de-pied droit avec.arthrite purulente. On incise ; il sort du pus riche en polynucléaires et méningocoques. Depuis le 10 mars jusqu'au 1° avril les symptômes légers méningés s’atténuent, la fièvre persiste légère avec de petites oscillations, de même la diarrhée, et ce n’est que dans les premiers jours d'avril, que peu à peu tous les symptômes morbides s'atténuent, disparaissent. L'enfant reprend de l'appétit et revient progressivyement à la santé ; la maladie a duré deux mois:

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