LE, TITRE
sence du méningocoque dans le mucus nasal de sujets atteints de méningite cérébro-spinale épidémique et de sujets sains ayant approché des sujets atteints.
Le liquide céphalo-rachidien d’un malade atteint d’une
méningite purulente fut déposé sur la muqueuse nasale
d’un lapin et de 5 cobayes: ces animaux sont tombés malades et leur liquide céphalo-rachidien contenait des méningocoques.
Ces expériences démontrent que le nez peut servir de porte d'entrée pour l'infection, laquelle de là peut envahir la base du crâne en passant par la lame criblée de l’ethmoïde. Cette voie d’invasion semble d'autant plus probable qu'il existe des communications lymphatiques nasoméningées directes à travers la lame criblée, comme l’ont montré des recherches récentes de Cunéo et Marc André. André a réussi à injecter par la voie méningée le réseau lymphatique de la muqueuse de la partie supérieure des fosses nasales chez 4 enfants de 1 à 5 mois. Point très important, ces communications lymphatiques naso-méningées directes très développées chez le nourrisson régressent avec l’âge, et chez l'adulte il n’en reste presque plus de trace. Cette régression nous donne la cause anatomique de la prédilection très accusée de la méningite cérébro-spinale épidémique pour les enfants et de sa rareté relative chez l'adulte.
La voie ethmoïdale n’est pas la seule suivie par le méningocoque et pour Westenhôlfer, dont les constatations anatomo-pathologiques portent sur un grand
nombre de cas, l'invasion des méninges s'opère aussi
fréquemment par les pores du sphénoïde ou par les voies vasculaires qui passent du naso pharynx dans le crâne au voisinage de la selle turcique. Cet auteur a fait ressortir la fréquence des lésions du rhino-pharynx alors. que les fosses nasales antérieures ne présentaient aucune modification. Bruns et Hohn ont confirmé ces données par la bactériologie : chez un porteur de méningocoques, Îles ensemencements du rhino-pharynx donnaient des cultures pures de ce germe ; les cultures des fosses nasales fournissaient,associées aux méningocoques,de nombreuses bactéries. Au bout de quatre semaines les mêmes recherches ont montré l'existence du méningocoque dans le rhino-pharynx seul.
Ces différentes données nous éclairent sur le mode de transmission de Ja méningite cérébro-spinale. Les porteurs de germes, anciens malades ou sujets sains, projettent en parlant, en toussant, en crachant, en éternuant, des gouttelettes qui peuvent amener au contact des voies aériennes d'autres sujets des méningocoques susceptibles de s'y fixer et d'y faire souche.