ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Dans la méningite cérébro-spinale à méningocoques, les lésions anatomo-pathologiques diffèrent suivant qu'il s'agit d’une forme non suppurée ou suppurée.
Dans le premier cas, les espaces sous-arachnoïdiens sont infiltrés par un liquide clair ou légèrement louche analogue à celui retiré par la ponction lombaire. La piemère est congestionnée et œdématiée, il n'y a pas encore de véritable exsudat, ni de suppuration.
Dans le second cas, la dure-mère crànienne est distendue et ses sinus sont gorgés de sang. L’arachnoïde est transparente ou dépolie, poisseuse. Les espaces sous-arachnoïdiens sont remplis de pus ou de liquide séro-purulent qui infiltre la pie-mère. Le pus siège à la convexité des hémisphères sur laquelle il forme une nappe, une ‘ calotte de beurre ”, ou des îlots, ou des traînées, qui suivent les scissures, descendent le long du canal rachidien. Quelquefois la masse du pus est si considérable que la dure-mère spinale est tendue et qu’il y à de la fluctuation. Fréquemment, le pus s’accumule dans les espaces sous-arachnoïdiens au niveau du renflement lombaire, surtout à la partie postérieure de la moelle. Çà et là se
voient sur la dure-mère des plaques hémorragiques.
Après ablation de la dure-mère on voit les circonvolutions cérébrales un peu aplaties ; la surface du cerveau montre de la prolifération des cellules de la névroglie (encéphalite interstitielle) ; les ventricules cérébraux sont dilatés, remplis d’un liquide laiteux renfermant des globules de pus. La surface de la moelle est fréquemment le siège d’une inflammation interstitielle.
Des traînées de pus s'étendent le long des gaines des nerfs crâniens, dans l’orbite,. vers l'oreille et la lame criblée de l’ethmoïde ; les gaines des nerfs spinaux sont, elles aussi, remplies d’un exsudat purulent.
Les autres organes présentent des lésions diverses suivant les cas.
Le cœur est flasque.
La rate est hypertrophiée, congestionnée.
Le foie est gros, congestionné ou bien son parenchyme est trouble et en état de dégénérescence finement granuleuse. |
Les reins montrent fréquemment des cylindres dans les canalicules urinaires.
Les poumons sont en partie le siège d’une pneumonie catarrhale ou fibrineuse.
Dans quelques cas il y a des suppurations de tout le globe oculaire et de l’oreille interne.
SYMPTOMATOLOGIE
La méningite cérébro-spinale du nourrisson présente une allure clinique très variable suivant les cas ; tantôt, et le plus souvent, les symptômes sont nets et caractéristiques, imposant le diagnostic, tantôt ils sont très atténués et il devient très difficile d'établir le diagnostic d'emblée.
Nous passerons successivement en revue la forme classique de la méningite cérébro-spinale, puis les formes atténuées, anormales, en basant notre description clinique sur les observations que nous avons pu recueillir.
Forme classique
Le nourrisson en bonne santé jusqu'alors, devient un jour souffrant, mal en train et présente du coryza, de la fièvre et quelques vomissements. Le début peut être plus brusque ; en quelques heures l'enfant est affaissé, sidéré. Rapidement la maladie s'affirme.
La température s'élève à 39°, 40°, décrivant une courbe en plateau comme dans la pneumonie, avec abaissement matutinal de 2 à 3 dixièmes de degré seulement. Ce n’est pas là une règle absolue et parfois l’on peut observer une différence d’un degré, d’un degré et demi entre la tempé-
rature du soir et celle du matin.
Le pouls, plutôt rapide pendant les premiers mois de la vie par suite de la persistance de l'accélération fœtale, est souvent irrégulier. Cette absence de fixité du pouls est de règle dans toutes les affections fébriles du nourrisson. On compte, 120, 130, 140 pulsations à la minute. A la fin de la maladie, quand la terminaison fatale approche, le pouls se ralentit (80, 90, 100 pulsations) alors que la température demeure élevée à 39°, 40°. Cette dissociation entre le pouls et la température se rencontre également dans la méningite tuberculeuse à forme somnolente, mais en sens inverse, le pouls devient rapide, incomptable, tandis que la température se maintient à 38°, 389,5. |
L'enfant est agité, ne dort pas et crie d’une façon continue. La langue et les lèvres sont sèches.
L’anorexie est tenace. L'enfant refuse le lait et se contente d’eau. Aussichaque jour Pamaigrissement progresse-til de 50 à 100 grammes.
Les vomissements du début se calment bientôt. La diarrhée apparaît sans caractères spéciaux, elle est de règle. Le ventre estsouple, non douloureux à la palpation, cependarit on note fréquemment un peu de défense des muscles droits (d’après le cri) au niveau de leur insertion pubienne. C’est une ébauche de ventre en bateau. Il est rare d'observer de la constipation à l'encontre de ce qui se passe chez ladulte.
L'enfant paraît souffrir si l’on s’en rapporte à la fréquence de ses cris. Il semble avoir de l’hyperesthésie car il crie dès qu'on le touche.
Cet ensemble de symptômes indique un état infectieux