‹ La Méningite Cérébro-Spinale chez le NourrissonChapitre 8 sur 22 · Pélauf. Soc. méd. de Vienne · texte numérisé non relu

Pélauf. Soc. méd. de Vienne

HQE

Telle est la forme commune, classique de la méningite cérébro-spinale chez le nourrisson. En résumé, on constate un état infectieux avéc raideur du cou, des muscles du dos et des jambes. Cette raideur caractéristique est forte, prononcée, durable.

Formes anormales

Forme paralytique du cou signalée par Netter (Soc. de Pédiatrie, janvier 1906).

Les muscles du cou n’ont aucune raideur, ils sont au contraire paralysés. La tête ballotte en tous sens, à droite, à gauche, en avant, en arrière, à la manière de la tête d'un nouveau-né dont les muscles n’ont pas encore acquis la tonicité normale. Cette forme rare peut facilement déterminer une erreur de diagnostic. En tant que symptôme le ballottement de la tête vaut alors la raideur. Quant aux autres symptômes ils ne diffèrent pas de ceux que l’on observe généralement.

Formes atténuées. — La maladie est rien moins que nette ; il faut en dépister les signes essentiels.

Les auteurs anglais Still, Carr et Lees ont décrit sous le nom de (simple posterior basal meningitis of infants), une forme curieuse de la méningite caractérisée par la raideur du cou, l'allure subaiguë de la maladie et la fréquence de la cécité. Le nourrisson présente de la fièvre pendant une semaine, avec raideur de la nuque, puis la température revient à la normale. La raideur seule per-

siste. L'enfant n’accuse aucune souffrance, ne crie pas,

Prop

ne présente aucun trouble du côté de l'appareil digestif. Cès cas fréquemment suivis de guérison déterminent ultérieurement la cécité complète. Cette forme curieuse, monosymptomatique (Marfan) constitue une variante de la forme commune ainsi que l'indique l'examen du liquide céphalo-rachidien (polynucléaires, méningocoques).

Une autre forme de méningite cérébro-spinale est caractérisée cliniquement par une atténuation de tous les symptômes habituels : diarrhée légère, vomissements peu fréquents, élévation thermique à peine marquée, faible agitation avec cris et insomnie. Cependant la fontanelle est bombée, le signe de Kernig existe, la raideur du cou est perceptible quand on la recherche avec soin. En cas de doute, la ponction lombaire dont l’innocuité a été démontrée doit s'imposer.

Dans ces formes atténuées de méningite cérébro-spinale, on peut facilement confondre la raideur et la contracture durables et permanentes qui traduisent un trouble cérébroméningé avéc la simple contracture de défense intermittente et passagère. Le diagnotic différentiel de ces deux états doit être basé sur la continuité et la persistance de la contracture qui est intermittente et passagère dans le cas de simple réaction de défense.

Pour établir cette différenciation, M. Lesage a recours à ce qu'il a si justement dénommé ‘‘l’épreuve de la suspension”. Je saisis, dit-1l, l'enfant au-dessous des bras et je le suspends en l'air. Le nourrisson bien portant fléchit les jambes puis les étend ; le nourrisson atteint de rai-

deur les garde indéfiniment fléchies. Pour ne pas tirer

EEE bus

des conclusions prématurées et fausses, l'observateur doit prolonger la suspension pendant 2, 3, 4, 5 minutes, car lon rencontre des nourrissons bien portants, pelotonnés sur eux-mêmes comme dans l’utérus maternel, qui n’étendent leurs membres inférieurs qu'après un laps de temps assez long.

Cette ‘épreuve de la suspension” présente pour M. Lesage une très grande valeur diagnostique, et permet de lever les doutes dans bien des cas suspects.’ Nous-mêmes l'avons systématiquement recherchée et trouvée positive dans tous les cas de méningite cérébro-spinale indubitable, confirmée par la‘ ponction lombaire, que nous avons eu l’occasion d'observer.

Forme convulsive. — Cette forme assez fréquente a été décrite longuement par Baginski, professeur à l’Université de Berlin.

D'une façon soudaine, l'enfant jusque-là bien portant, est pris de convulsions généralisées à tout le corps qui surviennent par des crises de plus en plus fréquentes, bientôt subintrantes. En quelques heures la température s'élève à 402. Conformément à la théorie classique on attribue cette élévation thermique aux convulsions,mais il n’en est rien. L'enfant meurt trois où quatre jours après le début de ce mal convulsif. L’autopsie établit qu'il s'agit d’une méningite cérébro-spinale. |

Forme tétanique. — Cette forme simulant la tétanie classique a été signalée par MM. Guinon et Vieillard, (Soc. de pédiatrie, Mars 1908) Babonneix et Tixier (Soc. de pédiatrie, Avril 1908).

Page 1