‹ La Méningite Cérébro-Spinale chez le NourrissonChapitre 9 sur 22 · M'A RE · texte numérisé non relu

M'A RE

L'enfant présente un état de contracture continu et généralisé ; à peine y a-t-il un peu plus de souplesse pendant le sommeil. La face reste convulsée, le front plissé, les yeux comme rétrécis par la contracture. Un trismus intense résultant de la contracture des muscles masticateurs empêche l'enfant de prendre le sein. Les quatre membres sont en extension forcée, les bras en pronation forcée, les mains fléchies, les ongles au contact de la peau, le pouce par dessus ; les membres inférieurs en rotation externe, les pieds fléchis à angle droit, et les orteils fortement fléchis sur la plante. Les signes de Weiss et de Trousseau existent.

La plupart des autres symptômes de méningite font défaut : pas de vomissements ni de diarrhée, pas de troubles oculo-pupillaires, pas de signe de Kernig ; l’exagération des reflexes est impossible à mettre en évidence par suite de cette contracture continue.

La ponction lombaire et la nécropsie ont démontré que cette tétanie était la seule manisfestation symptômatique d’une méningite cérébro-spinale. |

M. Lesage à eu l’occasion d'observer au cours des épidémies récentes, deux formes nouvelles de méningite cérébro-spinale qu'il a longuement décrites dans une conférence faite à l'Hôtel des Sociétés Savantes, le 15 Juin

dernier (1). Nous ne pouvons mieux faire que de le citer textuellement,

(1) Lesage. — Bulletin médical, Juillet 1909.

« Forme cachectique avec fièvre à grandes oscillations. Cachexie méningée. |

« Nous savons que la méningite peut avoir une conva- « lescence longue tout en présentant pendant sa période « d'activité les symptômes classiques. La forme suivante « est tout autre. (

« D’emblée le nourrisson présente seulement un état « cachectique avec anorexie absolue et prolongée et fièvre . « à grandes oscillations. On croit à une suppuration pro- « fonde, par exemple une pleurésie purulente. Rien n’at- « tire au premier abord l’attention sur les méninges.

«Le début est brutal : l'enfant devient subitement inerte « et reste pendant quelques heures dans le coma. Bientôt, & la maladie longue commence. La langue et la bouche « deviennent sèches, l’anorexie absolue ; l’enfant se con- « tente de quelques gorgées d’eau. Il ne vomit pas ; la diar-- « rhée est légère, persistante, tenace, sans aucun carac- « tère. Cet état gastrique est accompagné d’un amaigris- « sement progressif, si bien qu’en quelques jours le nour- « risson devient un véritable squelette.

« La fièvre présente de grandes oscillations à la ma- « nière d’une fièvre de suppuration (3605, 37° le matin, « 3905, 40° Je soir),est tenace et résiste à toute médication. « Le pouls est des plus variables suivant les oscillations « thermiques.

* «L'enfant paraît bien portant, tant il esttranquille dans « son moïse, ne criant pas et suivant des yeux sa mère « qui vaque à ses occupations. Le sommeil est léger, en-

« trecoupé de quelques soubresauts. *

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«Cependant en cherchant, car il faut chercher la cause de cet état maladif, on note que la fontanelle est un peu bombée. Ceci attire naturellement l'attention du côté des méninges. On prend l'enfant au-dessous des bras et on le suspend en l'air ; il reste en chien de fusil. Il y a donc grande probabilité de méningite. La recherche des réflexes fait apparaître un peu de raideur qui gêne l’examen. Le signe de Kernig existe. Le cou est souple à la surface ; cependant, profondément, les vertebres cervicales semblent soudées.

« Ces divers symptômes sont dus à une méningite cérébro-spinale comme la ponction lombaire l'indique.

« Cette cachexie dure des semaines (5 à 6 semaines). Peu à peu les oscillations fébriles diminuent d'intensité, l'appétit revient et la guérison se fait à la suite d’injections répétées de sérum antiméningoconique.

Forme hyperesthésique. — « La méningite cérébro-spinale peut n'être extériorisée que par une hyperesthésie généralisée. Depuis quelques jours l'enfant est grognon, agité, ne dort pas, a quelques vomissements, de la diarrhée et un peu de fièvre. L'état de nervosisme intense frappe surtout la mère, c’est pour cela qu’elle demande un avis médical. Le nourrisson a une fièvre très irrégulière, présentant des oscillations alternant avec des périodes de 2 à 3 jours; ou d’apyrexie absolue à 37,ou de fièvre en plateau à 40°. Le pouls est des plus variables, subissant l'influence de cette courbe thermique irrégulière, cependant il reste élevé à 130, 140, pendant les

périodes d’apyrexie.

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