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OBSERVATION IV

(Mosny et Malloizel, Tribune médicale, 11 nov o5)

= âgé d

Le nommé G... Jacques, de 47 ans, peintre en bâtiments, entre le 8 avril 1905, salle Louis, à l'hôpital Saint-Antoine, pour

une affection pulmonaire qui a débuté le 31 mars.

Antécédents familiaux. — Père mort en 1870 d’un « chaud et froid » après six semaines de maladie,

Mère morte à 65 ans d'affection inconnue.

A. collaléraux. — Le malade avait neuf frères et sœurs; sur ces dix enfants, deux restent vivants: le malade, qui est le quatrième, et une sœur âgée de 45 ans, la cinquième. Les deux derniers, nés après une bronchite contractée par le père quelques années avant sa mort, sont morts âgés de quelques jours.

B. Conjugaux. — Marié depuis 13 ans avec une femme bien portante. Ni enfant, ni fausses couches.

Sa femme actuelle, divorcée d'avec son premier mari, bien por-

tant, avait eu de ce premier lit deux enfants qui sont bien portants.

C. Personnels. — Chétif dans son enfance mais jamais malade, à proprement parler. Cependant, à 9 ans, se déclare une affection fébrile avec délire, qui paraît être une dothiénentèrie. Rien de nouveau jusqu'à son service militaire.

Depuis 1879 jusqu’en 1883, il a été soldat aux Chasseurs à pied. C’est pendant sa dernière année de service que sont apparus les premières télangiéctasies.

Un soir, après dîner, 1l s’est trouvé mal à l’aise; 1l eut une sensation de chaleur surtout à la face; en même temps, il vit apparaître sur toute la région sous-ombilicale de l’abdomen une légère tuméfaction et une rougeur généralisée. Il éprouva en même temps des démangeaisons intenses. Cette rougeur disparut le lendemain. Quelques jours après, il remarque les premières télangiectasies qui se développèrent, dit-il, aux endroits où il s’était gratté. À ce moment, il n’y avait que quelques plaques localisées à la région sous-ombilicale, sans prédominance à gauche, ni à droite.

Depuis ce temps et en quelques années (4 à 5 ans environ) ces plaques sont devenues plus nombreuses et ont envahi la face antérieure des deux cuisses et la face dorsale du pied gauche.

Il ne sait à quel moment sont apparues les taches des régions lombaire et fessière, Depuis 5 à 6 ans, le nombre : des taches

n’augmente plus.

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D. Professionnels. — Il a commencé à être peintre en bâtiments en 1869. Il faisait de l’enduit quand le cas se présentait, Il ne manipulait pas la céruse en poudre, mais était néanmoins exposé aux poussières quand il faisait du ponçage à sec. IL a toujours continué le même métier, en dehors de son service militaire. È

Il a eu une crise franche de coliques de plomb il y a 12 ans. Cette crise a duré 8 jours. Il a été soigné à l’hôpital Tenon pendant au moins 25 jours.

Traitement: purgatifs et régime lacté. Depuis, tous les 2 à 8 mois il a une légère constipation et quelques douleurs abdominales. Il se purge aussitôt, se met au lait et tout cesse. Pas de stigmates d’éthylisme. Il buvait environ deux litres de vin par jour et l’apéritif avant chaque repas. Depuis trois mois, il ne dort plus: son médecin lui ayant interdit tout excès à la suite d’une luxation du genou gauche. Il est venu à l'hôpital plusieurs fois pour des accidents; jamais on n’a porté attention à ses télangiectasies. Pas de syphilis (ni aveux, ni stigmates). Le 31 mars 1905, étant à son travail, il a un frisson. Le lendemain, vertiges, nausées et point de côté gauche sous-mamelonnaire. Il s’alite et entre le 8 avril à l'hôpital.

E. Etat actuel. — Bon état général. Pas d’amaigrissement. Langue normale. Liseré de Burton, peu marqué, seulement à gauche

et à la mâchoire supérieure.

Appareil respiratoire. — Il ne tousse presque pas. Expectoration peu abondante. Submatité de tout le côté gauche, avec craquements dans les deux tiers supérieurs et frottements à la base.

En avant, respiration emphysémateuse.

Appareil cardio-vasculaire. — Te cœur semble de dimensions normales à la percussion. On ne sent pas battre la pointe. A Pauscultation, les deux bruits sont extrêmement sourds. Le pre-

mier est prolongé légèrement, soufflant. Le pouls est égal, régu-

nier. Tension artérielle : 23. Pas de varices. Varicosités des pommettes. ;

Appareil digestif. — Appétit diminué depuis un mois. Digestions faciles, ni diarrhée, ni constipation, sauf quand le malade a ces ébauches de coliques saturnines auxquelles il est exposé.

Le foie est normal, affleure les côtes, n’est pas douloureux, Jamais d’ictère antérieur. Rate de dimensions normales.

Appareil génito-urinaire. — Rien à noter du côté de l’appareil génital.

Depuis deux années, éblouissements, brouillards devant les

yeux, sensation de doigt mort. Pollakiurie nocturne légère.

Deux analyses d’urine faites par M. Delettre, interne en pharmacie du service, ont donné les résultats suivants :

QUARTIER rer eg. LOOG CE. 2170 ec.

HDénmilde is ea cuve ONE) 1011 } Réaction ..- ::...-....5." lég.. acide. alcaline. réess er SE SC SMEeE AT: 26 gr. 4.

ENTREE PEER ELLE à LE e 10 gr. 6.

Albumine............... traces. traces.

ni sucre, ni urobiline, ni pigments biliaires normaux.

Système nerveux. — Le malade n’est ni irritable, ni triste, ni exhubérant. Aucun trouble subjectif antérieur. Pas de troubles de la motilité. Sensibilité normale partout. Réflexes rotuliens un peu exagérés. Réflexes cutanés exagérés. Pas de signe de Babinski. Aucun trouble oculaire. Pas de signe d’Argyll-Robertson.

Examen des télangiectasies. — Nombre : extrêmement nombreuses. Leur chiffre s’évalue à plusieurs centaines,

Siège. — En avant, sur le tronc, presque toutes les plaques siègent au-dessous de l’ombilic. Elles occupent toute la région hypo-

Ce

gastrique, Elles se continuent sur la face antérieure des deux cuisses, An niveau des jambes on en retrouve quelques-unes, moins accusées; elles reprennent leur caractère typique à la face dorsale des pieds, surtout du pied gauche où elles sont plus abondantes.

En arrière, le niveau supérieur desstaches est sur le même plan horizontal qu'en avant.

Cependant, près de l’angle inférieur de l’omoplate de chaque côté, et à peu près symétriquement, se trouvent deux taches, une de chaque côté, À partir du rebord des fausses côtes, en descendant, on en trouve quelques-unes peu nettes et petites de chaque côté. Elles deviennent typiques et très nombreuses au-dessous d’une horizontale passant par les deux côtés iliaques. Elles sont très nettes sur les fesses et la face postérieure des cuisses. Leurs caractères sont moins précis au niveau de la face postérieure des mollets. Elles disparaissent en bas.

Aux membres supérieurs, quelques taches très nettes apparaissent à la face postérieure des deux coudes, remontent à la face postérieure du bras et rejoignent quelques taches disposées latéralement sur le thorax, dans la région sous-axillaire. Ces taches suivent assez nettement le trajet de l’anastomose du brachial cutané interne avec les deuxième et troisième paires intercostales.

Face, cou, scrotum, indemnes.

On voit de suite, à l’examen du malade, que ces taches sont disposées symétriquement à droite et à gauche; de plus, certains territoires nerveux semblent régler leur distribution.

À Ja région axillaire, la disposition rappelle certains cas de zona; dans leur ensemble, toutes ces télangiectasies rappellent,

par leur siège nombre d’éruptions purpuriques.

Caractères. — Ta dimension des taches est assez variable, depuis quelques millimètres jusqu’au diamètre d’une pièce de un franc. Ces taches ne sont pas saillantes, mais maculeuses, non perceptibles au toucher.

PNY 1, nes

Ces taches seraient fréquemment le siège de démangeaisons, surtout pendant la période des chaleurs.

Le froid leur donne une coloration violette, alors que d’ordinaire elles sont plutôt d’un rouge vineux. Elles affectent la forme réliculaire, c’est-à-dire que le fond de la peau étant de coloration normale, on aperçoit à la loupe des mailles de couleur rouge-vineux, quelquefois lie de vin.

Il est à noter qu’au niveau des mollets la coloration est moins nette; à ce niveau la surface des plaques est le siège d’une des- “quamation assez visible. Ces plaques de télangiectasie s’effacent totalement à la pression. Nous n'avons constaté à leur niveau

aucune hyper-esthésie, ni à la piqûre, ni au tact, ni à la chaleur.

Ponction lombaire. — Tiquide limpide suns pression normale. Léger nuage d’albumine. Cinq lymphocytes en moyeune, par champ d'immersion.

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