‹ La Méningite SaturnineChapitre 25 sur 43 · OBSERVATION. XXII · texte numérisé non relu

OBSERVATION. XXII

(Mazin, loc. cit.)

Une jeune fille de 19 ans, poudreuse, est obligée d'interrompre son travail. Après une attaque de coliques, elle perd la raison, et . dans ce délire tranquille, elle se croit à l'atelier, parle aux personnes qui travaillent d’habitude avec elle et qu’elle croit voir et entendre parler. Elle parle continuellement sans repos de jour ni de nuit et cela pendant 5 jours. Sa famille la erut folle; mais le calme revient et au délire succède un état d’abattement dont elle sort guérie avec toutes sés facultés intellectuelles. Les urines, examinées à. plusieurs reprises, n’ont jamais présenté trace d’albu-

mine.

OBSERVATION XXIIL (Œttinger et Malloizel, loc. cut.)

C.., 50 ans, peintre en bâtiments, entre le 27 octobre 1905 à l’hôpital Broussais dans le service du Dr Œttinger. Il ne présente actüellement aucun accident saturnin, mais a été soigné dans le service au mois d'août pour une colique de plomb, suivie du’ne crise de délire.

Il est peintre depuis 15 ans, mais a présenté ses premiers acciments seulement depuis 4 ans. Il y a 4 ans, première crise de coliques soignée à l’Hôtel-Dieu; cette crise a duré 15 jours. Deux ans plus tard, il est soigné à Saint-Antoine pour une deuxième crise plus violente que la première. Il présente en même temps, à ce moment, des bourdonne-

ments d’oireille et un tremblement des mains, si intense qu’il ne

pouvait plus écrire. I] guérit en 20 jours, mais reste pâle et sans appétit.

Au mois d’août dernier, il est pris d’une troisième crise soignée dans le service et extrêmement violente.

A la suite de cette crise, le malade a déliré, est levé, habillé la nuit, a causé avec ses camarades d'hôpital, comme si c’é-

taient ses camarades d’atelier, a voulu plusieurs fois sortir. Son délire était d’ailleurs calme et ne ressemblait nullement à un délire alcoolique. Cet état a duré deux jours et après un peu d’abattement, le malade est sorti guéri. Il présentait alors et présente encore un liseré très net. Les urines ne contenaient et ne contiennent pas d’albumine.

La ponction lombaire ne fut pas malheureusement pratiquée au mois d'août. Trois mois plus tard, elle nous montre les résultats suivants: le liquide est clair, mais nettement fluorescent, il est fortement albumineux. On ne trouve comme éléments que des lymphocytes, dont on trouve 4, 6, 8 par champ. En somme, la réaction cellulaire est minime, mais l’albumine est beaucoup plus abondante que normalement, et cette quantité anormale jointe à la fluorescence du liquide est peut-être le reliquat de l’atteinte du mois d'août.

b) Formes spinales.

L’analogie se poursuit entre la méningite saturnine et la méningite tuberculeuse. De même que M. Chantemesse a décrit une forme spinale de la méningite due au bacille de Koch, de même nous pouvons rencontrer une prédominance de symptômes spinaux dans l’intoxication saturnine. Mazin nous fournit encore une observation, la plus grave qui vient encore confirmer l’intensité de l’intoxication dans les fabriques de porcelaine de Limoges. Plus discrets

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