‹ La Méningite SaturnineChapitre 26 sur 43 · OBSERVATION XXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIV

(Mazin, locÿ cit.)

X.., jeune fille, entre à l’hôpital de Limoges, le 27 janvier 1899. Poudreuse depuis le mois le novembre 1898, seulement. Du 2 au 12 janvier, la malade est en proie à une cerise atroce

de coliques de plomb qui fait craindre pour sa vie. Son état.

s'améliore les derniers jours, les douleurs abdominales existent encore quand, le 13, apparaît une céphalée violente et continue. Le 14, les douleurs abdominales disparaissent, mais la céphalée persiste, accompagnée d’insomnie et de douleurs articulaires.

Le 17, elle est prise subitement d’une crise débutant par des étouffements et se continuant par des contractions dans les membres et une perte complète de connaissance. |

Le 18, une nouvelle crise moins forte se produit, la céphalée persiste très intense. S £

Le 20, la céphalée continue toujours. Les douleurs abdominales réapparaissent, Les membres deviennent le siège de: douleurs très vives comparées à des crampes. Le 21, les douleurs sont très atténuées.

A l’examen, la malade est pâle comme si elle avait subi une hémorragie considérable, En explorant la sensibilité, on constate une anesthésie complète au toucher, à la douleur, au chaud et au froid au niveau du dos, des mains, de la face postérieure des avant-bras, et de la face externe des “bras. Sur la fassé antérieuxe du bras, dé l’avant-bräs où de la main, la sensibilité est émoussée et: retardée, mais persiste: La malade dit ne pas sentir ses jambes jusqu'aux genoux. La sensibilité sous toutes ses formes est abolie du côté externe des jambes jusqu’au genou, diminuée et retardée à la face interne, mais conservée. Partout

ailleurs, elle est normale. Ta malade fléchit sur ses jambes si on

essaie de la mettre debout ; si elle veut marcher, ses jambes se raidissent, ses orteils se contractent en griffe, elle à peine à avancer. Les réflexes rotuliens sont exagérése et on produit facilement des deux côtés le phénomène du pied.

: Tous les phénomènes durèrent longtemps, mais en s’améliorant progressivement ; la sensibilité revint très tard aux membres inférieurs. À sa sortie, le 16 avril, lt malade marchait encore difficilement. Revue par la suite, la guérison a été totale.

OBSERVATION XXV (Mosay et Malloizel, loc. cit.)

B... Albert, 19 ans, émailleur, entre le 13 avril 1906, à l'hôpital Saint-Antoine, das lé service de M. le Docteur Mosny, pour une crise de coliques qui date de quinze jours. Il n’a jamais été malade, n’est ni alcoolique, ni syphilitique.

Emailleur depuis un an, son métier consiste à tamiser sur des réchauds une poudre qui contient du minium. Le courant d'air chaud soulève énormément de poussières. Les ouvriers balaient eux-mêmes la salle de travail après arrosage.

Il se lave les mains avant les repas et se brosse les dents, mais ne porte ni gants, ni masque. Il tombe malade pour la première fois il y a quinze jours, il ressent une grande lassitude, une courbature générale, Il a en même temps des douleurs abdominales diffuses qui ne s’accompagnent ni de diarrhée ni de constipation. Les douleurs, exagérées par une pression légère, sont diminuées par la pression profonde, en même temps il a des vomissements bilieux répétés deux et trois fois par jour, il a une anorexie complète.

Actuellement, les douleurs abdominales ont disparu, mais existent sur la colonne vertébrale en arrière et irradient dans les deux jambes.

Le liseré de Burton est très net. L’abdomen est souple, ni ballonné, ni rétracté. Depuis 2 jours, la constipation est absolue. Le foie affleure à peine les fausses côtes droites, il y a un peu de subictère. La température est à 37°8, le pouls à 80, la tension

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