LE
Les urines ne sont pas albumineuses. On note de plus de la tuberculose pulmonaire au début, ;
La sensibilité est intacte,-mais les réflexes rotuliens sont brusques et des deux côtés on trouve un léger clonus du pied. Le malade ne se plaint pas, mais a lJ’air morose et déprimé. Il accuse cependant des douleurs irradiées dans les membres inférieurs citées plus haut.
Le 17, Ja constipation a disparu, ainsi que les douleurs, le malade va bien et quitte le service le 20 avril, guéri.
Malgré l’aspect peu france de la colique, la crise urinaire a été normale. La ponction lombaire faite le 14 avril a montré un liquide limpide s’écoulant en jet, contenant une proportion anormale d’albumine., Au microscope ont trouve 15, 20, 25 éléments par champ, dont 80 p. 100 de lymphocytes, 2 p. 109 de polynucléaires, 18 p. 100 de cellules endothéliales.
En somme, malgré le peu de symptômes il existait une réaction
aiguë assez intense.
OBSERVATION XAYI
(Mosny et Malloizel, loc. cit.)
- H.. Jean, trente ans, ferblantier, entre le 19 mai 1906, à l’h6pital Saint-Antoine, dans le service du Docteur Mosny.
I travaille dans le plomb depuis vingt ans et fait des joints à la céruse. II a eu deux crises de coliques de plomb à l’âge de 17 et 20 ans, et la crise actuelle.
Chaque crise, de coliques a été précédée d’arthropathies. Le 15 mai, il est pris de douleurs abdominales très vives. Il est constipé, son abdomen se rétracte.
Examen: Liseré de Burton, très net, parotides grosses et dures. Vomissements, rétraction du foie.
Système nerveux, Tremblement intense à petites oscillations.
Force masculaire très diminuée (au dynamomètre: pression, 15
Er
kilogr. aux deux mains). Hypoesthésie du membre supérieur droit. Légère exophtalmie bilatérale.
-Réflexes rotuliens et olécrâniens exagérés. Trépidation épileptoide bilatérale.
Le 22 mai, à la sortie du malade, les réflexes sont normaux. La crise est terminée. : ; 1
Ponction lombaire. Liquide albumineux s’écoulant goutte à goutte, 8 à 10 éléments par champ. Lymphocytes prédominants, mais quelques mononucléaires et polynucléaires.
Le 22 octobre, le malade entre à nouveau dans le service pour une nouvelle colique plus légère que la première. Aucun trouble de la réflectivité.
Ponction lombaire. Liquide clair, un peu hypertendu, 5 à 7
lymphocytes par chap.
c) La forme convulsire.
Dans une dernière ferme, les accidents convulsifs prédominent sur les autres ou existent seuls. Nous avons déjà indiqué les caractères principaux de cette épilepsie säturnine.
Rappelons que l'on voit survenir assez fréquemment, au moment de l'accès épileptiforme, une hémorragie méningée, plus ou moins abondante, en général minime. Elle se resorbe rapidement, en laissant pendant quelque temps une teinte jaune au liquide céphalo-rachidien, avec un peu d'albumine Cette hémorragie méningée est fréquente, mais non cGrsiante, ce fait seul nous montre qu'elle n’est pas la cause de l'accès. et en serait plutôt la conséquence. Elle est sura-
joutée et due vraisemblablement, selon M. Mosny, à
une congestion extrême des méninges au moment de l'accès. Voici deux observations d’épilepsie saturnine, s’asscciant à l’hémorragie méningée. Il est curieux de voir dans ces deux observations, es anomalies de la colique saturnine, qui ont simulé à tel point l’appendicite que lPopération a été pratiquée.
OBSERVATION XXVIHI (Mosay et Malloizel) (loc. cit.)
P.. Frédéric, peintre en bâtiments, entre le 22 avril 1905, salle Louis, à l’hôpital Saint-Antoine, dans le service du Docteur Mosny, pour des douleurs abdominales.
Ses antécédents héréditaires n’ont pas d'intérêt. Lui-même, âgé de 29 ans, n’a jamais été malade; il est marié depuis 5 ans; sa femme, bien portante n’a eu ni enfants ni fausses couches.
Il est enduiseur depuis 10 années, jamais il n’a eu de coliques, ni d'autre accident saturnin. Il boit en moyenne 4 litres de vin par Jour, mais pas d'alcool. Il à d’ailleurs des cauchemards fréquents et du tremblement des mains. Il n’a pas eu la syphilis.
Son état général est resté bon jusqu’il y a 4 mois. À ce moment, débutèrent brusquement des douleurs lombaires extrêmement vives, nécessitant un arrêt de son travail. Ces douleurs se reproduisirent périodiquement tous les huit jours, durant un jour ou deux. En même temps apparurent d’autres douleurs localisées cette fois dans les deux fosses iliaques et-au creux épigastrique, sans aucune irradiation. Puis survinrent des vomissements d’abord alimentaires, puis lilieux, très fréquents. Depuis plus de 3 mois, il n’y a guère de jour où il n'ait pas vomi. A la même époque, la constipation s’installe; n’allant que tous les 3 Jours à la selle et très difficilement. Il accuse aussi des maux de tête frontaux, extrêmement violents, revenant presque tous les jours dans l’après-midi, durant toute la soirée et une partie de
la nuit. Les céphalées s’accompagnèrent d’épistaxis abondantes.
ÉEig9
- Malgré ces symptômes, il a travaillé pendant 2 moi: avec des interruptions multiples; les deux derniers mois-il a dû s’arrêter complètement, sans s’aliter cependant, sans suivre aucun traitement ni aucun régime. *:
Huit jours avant son entrée, n'étant pas allé à la selle depuis 8 jours, il fut pris d’une crise terrible de douleurs abdominales, perdit connaissance (?) et dut s’'aliter. Purgé par son médecin, il fut soulagé, mais la veille de son entrée, éclate une nouvelle crise encore plus violente que la première, accompagnée de vomissements incessants et très douloureux.
A lexamen, le 23 avril, on est en présence d’un malade fatigué, au teint légèrement terreux. Il présente très nettement le liseré de Burton, surtout au maxillaire supérieur. Le ventre est rétracté, la constipation absolue, l’anorexie complète. Les vomissements ont cessé, À la palpation, l’abdomen est douloureux partout, mais surtout dans les fosses iliaques. Le foie déborde légèrement les côtes. Le cœur est normal. Le pouls est dur, tendu, régulier à 80. Tension artérielle: 20, La température annonce 37°8. Les urines ne sont pas albumineuses, On ne constate aucun signe physique indiquant une atteinte du système nerveux central.
Le 26 avril, l’état est meilleur; les douleurs sont moins vives, mais se localisent à droite, dans la région appendiculaire où on sent d’ailleurs le caecum peu sensible à la pression, Le malade a eu deux selles. La température est normale. E2 pouls, qui avait atteint 100, est descendu à 60; la tension artér'elle est de 16.
28 avril. Le malade a des selles quotidiennes spontanées. Le ventre est souple et n’est plus rétracté.
5 mai. Depuis 2 jours, le malade se plaint dure forte céphalée fronto-occipitale. Ses voisins l’ont entendu les 3 dernières nuits, pousser des cris pendant son sommeil. Le matin, étant assis sur une chaise, il a poussé un eri, est tombé sans connaissance et s’est débattu. Il ne s’éét pas mordu la langue, n’a pas uriné, mais a eu de l’écume aux lèvres. Après la crise, a persisté de la torpeur intellectuelle. On fait une ponction lombaire; la céphalée n’est pas modifiée.
n’est pas modifiée.
8 mai. Le matin, pendant la visite, on assiste à une nouvelle crise convulsive. Le malade pousse un cri, a des convulsions des membres, des contractures des muscles oculaires. Les lèvres s’agitent, la respiration est gênée, pénible; c’est un véritable hoquet, puis la mousse apparaît. Maïs il ne se nrord pas la langue et n’urine pas. La durée de la crise est de six minutes environ; cette fois la torpeur est moins accusée et le malade peut nous dire qu'il sent venir sa crise, annoncée, dit-il, par un tremblement des membres inférieurs. Dans la journée, il a trois autres crises semblables. | :
9 mai. La céphalée est moins forte. Il n’y a plus de crises.
23 mai. P.…. se plaint de douleurs précordiales.
25 mai. Le malade a souffert toute la nuit de coliques, il est constipé,. :
26 mai. Evacuation après lavage de matières dures, en boules. La paroi ne se défend pas. Le maximum des douleurs est plutôt épigastrique. :
29 mai. La température est en hausse légère, les douleurs abdominales sont en régresSion, mais la céphalée réapparaît. On sent un léger empatement dans la fosse iliaque droite. Le foie affleure les côtes. Le Docteur Launay songe à une appendicite. [’opération. à froid est décidée dans trois semaines.
31 mai. La constipation persiste, La fosse iliaque droite est légèrement douloureuse, …
6 juin. La constipation a disparu et aussi la céphalée.
26 juin. Le malade, en très bon état, est passé en chirurgie.
3 juillet. Opération. On résèque un appendice sain d'apparence, sans la moindre adhérence.
20 juillet. Guérison parfaite. Plus de douleurs abdominales.
22 juillet. Le malade se préparait à partir pour Vincenne:, quand il est repris brusquement d’une crise convulsive.
29 juillet. Pas de nouvelle crise; le malade part en conva- Jescence à Vincennes dans un état satisfaisant.
Au cours de cette longue crise, le taux des chlorures et de l'u-
rée n’a pas sensiblement varié, sauf la décharge classique après
: CASA QE chacune des deux périodes de douleurs abdominales.
La ponction lombaire a été pratiquée trois fois: le 29 avril, à l'entrée, le 5 mai, après la première crise convulsive, le 26 mai, après la deuxième crise douloureuse abdominale. En voici les résultats : 3 l
29 avril. Le liquide est clair, avec une légère fluorescence. La tension ne paraît pas augmentée. [/albumine y est très notable. On trouve en moyenne 8 éléments par champ d'immersion, souvent jusqu’à 10 ou 11. Ces éléments sont surtout des lymphocytes, mais un tiers au moins, sont des polynucléaires. En somme, réaction inflammatoire aiguë.
5 mai. Le liquide est nettement hématique, uniformément coloré pendant toute la durée de la ponction. On retire environ 20 ce. L’écoulement lent au début, s'accélère vers la fin. Après centrifugation, on sort un fort culot hématique. Le liquide est fortement teinté de jaune. Le liquide contient environ 7 gr. & de NaCl et 4 gr. 40 d’albumine par litre.
Au microscope, au milieu des globules rouges, on voit de 20 à 30 lymphocytes par champ, un nombre à peu près égal de gros mononucléaires. et des polynucléaires peu nombreux. La réaction est donc 4 fois environ plus intense que le 29 avril.
26 mai. Liquide clair, jet faible. Le culot est à peine visible. On trouve 4, 6, 10 lymphocytes par champ, 7 à 8 en moyenne, 1 à 2 polynucléaires, çà et là quelques gros mononucléaires. La réaction persiste, mais tend à s’atténuer. En dehors de lhémorragie méningée, la ponction a révélé une réaction aiguë péricentrale. Cette réaction très sensible déjà avant l’apparition
des crises.
OBSERVATION XXIX (Œttinger, In Mosny et Malloizel, loc. cit) F... 24 ans. entre le 16 février 1904, salle Delpech, à l'hôpital
Broussais, dans le service du Docteur Œttinger, pour des dou-
leurs abdominales s’accompagnant de vomissements.
Dre
au
Il n’a jamais été malade, ne boit pas, n’a jamais eu la sy-
philis. É Es ce
Au mois de novembre dernier, le malade, qui était jardinier, quitte son ancien métier et entre dans une fabrique de couleurs vitrifiables à base de silicate de plomb. Il y est occupé au broyage des couleurs qui se fait à la main avec un rouleau.
Dès le 15 novembre, apparaît une première crise douloureuse äbdominälé, très légère, s’accompagnant de vomissements.
Le 21 décembre, se déclare une crise très violente. Il entre à
‘Phôpital en chirurgie où le Docteur Potherat, malgré le liseré
de Burton qui existait, à ce moment, diagnostique une appen-
dicite et pratique la laparatomie le lendemain.
On trouve un appendice long, sans adhérences, avec un léger pointillé hémorragique de la muqueuse. Le jour même de lopération les douleurs disparaissent; mais reviennent le lendemain pour persister, atrocement violentes pendant quatre jours. Elles s’accompagnaient de vomissements et de constipation opiniâtre; puis elles se calment et ne reviennent plus jusqu’à la sortie du malade (31 janvier).
Le malade reprend son travail, mais doit s’arrêter de nouveau au bout de quelques jours pour une erise moins violente qui dure cinq jours et s’accomipagne aussi de constipation et de vomissements d’abord alimentaires puis bilieux. Il recommence à travailler. L’appétit est normal et la santé est bonne jusqu’au 14 février, jour où commencent les accidents qui l’amènent à l’hôpital. ,
Le 14 février, les douleurs réapparaissent le matin au réveil; d’abord sourdes, elles augmentent rapidement et deviennent très aiguës au bout de 2 heures environ. En même temps apparaissent des vomissements, alimentaires au début, puis bilieux et verdàtres le soir du premier jour.
Le 16 février. À l'examen on est en présence d’un individu robuste, nullement amaigri, .un peu pâle, on ne voit plus le liseré de Burton, mais depuis lPopération, le malade se nettoie les dents tous les jours.
Po
Les douleurs sont continues et amènent à chaque instant des changements de position du malade. I1 y a deux maxima de la douleur, à l’épigastre et autour de l’ombilie.. La”position qui soulage le plus le malade est la marche debout, en renversant le tronc en arrière. : s “
Le malade à rendu dans la nuit au moins 2 litres de liquide franchement vert, glaireux, à réaction acide, sans débris alimentaires. Il a rendu fréquemment des gaz intestinaux qui le soulagent, mais la constipation est absolue depuis le début des accidents. Un lavement des peintres provoque cependant une selle,
Le ventre est souple, sans ballonnement, ni rétraction, la palpation, peu douloureuse, semble au contraire, quand elle est profonde, soulager un peu le malade. (La veille, la palpation profonde, exagérait plutôt les douleurs). |
La langue est un peu blanche, les muqueuses sont anémiées, le foie affleure les côtes et suit le rebord costal jusqu’à la xyphoïde. Il est légèrement rétracté et mesure seulement 12 ce. sur la ligne médiane. Le pouls est dur à 64 La température est normale, la tension artérielle de 15 la veille au soir est à 25 le 16 au matin.
l'urine contient des traces d’albumine et de pigments biliaires, beaucoup d’indican.
18 février. Même état, un peu de fièvre, la morphine calme seule les douleurs. Encore 2 litres de vomissements.
19 février. Le malade a eu par deux fois, dans l’après-midi du 18, à 3 heures et 5 heures, et une fois dans la nuit, des crises épileptiformes.
Sans aura, sans cri initial, le malade est pris subitement de tremblements (la deuxième l’a pris dans son bain), il a une sensation de vertige et d’éblouissement, puis perd connaissance. L'accès dure environ 5 minutes; les yeux sont fermés, il y a un peu d’écume à la bouche, une légère morsure de la langue, des contractures des membres, il n’y a pas d’incontinence.
Au réveil existe un état assez durable d’abattement et de som-
nolence. Les douleurs abdominales sont moins fortes. Le malade a rendu seulement quelques gorgées de liquide verdâtre épais. Une selle aqueuse la veille au soir. La tension artérielle à 22, hier soir est à 15 ce matin. :
20 février. Le malade est calme, souffre moins, ne vomit plus, va à la selle. x
21 février. Le malade n’a plus qu'une grande sensation de faiblesse. Les urines ne sont plus du tout albumineuses. La tension artérielle est de 15,5.
L'examen du sing montre H — 65/109 R — 4:530/C00 ° B — 6.800
En somme, anémie peu marquée.
Le malade sort le 22 février et quitte son métier.
La ponction lombaire pratiquée le 20 février, permet de retirer un liquide hémorragique contenant de 12 à 15 éléments blancs par champ; les lymphocytes et les polynucléaires sont en nombre égal.
Là encore, outre l’hémorragie, la ponction révèle l’existence d'une lésion méningée.
À cause du sang, l’existence des polynucléaires n’a pas de valeur.
(Nous tenons à ajouter que le culot était trop étalé et donnait forcément un nombre proportionnellement trop petit d'éléments par champ optique).